La vie après le coronavirus : les horaires de bureaux vont-ils changer?

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La propagation du coronavirus a entraîné d'importants changements de la vie professionnelle pour des millions de personnes, allant de l'augmentation du recours au travail à distance à la mise à pied ou même à la perte d'emploi.
En Inde, 122 millions de personnes se sont retrouvées au chômage au cours du seul mois d'avril.
Mais alors que les pays se penchent sur ce que pourrait être la vie après le confinement, de nouvelles idées sur comment, où et quand nous allons travailler émergent.
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"Cette pandémie peut apporter une meilleure compréhension sur la façon dont les gens devraient collaborer et travailler ensemble. Nous pouvons déjà constater que le retour au travail consiste à repenser les horaires, la production et l'organisation du travail", déclare le Dr Miriam Marra, professeur de finance à la Henley Business School.
La Nouvelle-Zélande, le Canada et la Finlande ont laissé entendre que l'avenir passe par des politiques de réduction de la semaine de travail et de flexibilité du marché du travail. En changeant notre façon de travailler, nous pourrions accroître la productivité, éviter les licenciements et libérer du temps que nous pourrons à notre tour consacrer à la santé, au bien-être et aux loisirs.
Mais il faut se garder de faire des expériences à un moment où d'innombrables entreprises sont confrontées à une catastrophe économique sans précédent.
Travailler moins

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Si nous voulons repenser notre façon de travailler, nous devrions peut-être commencer par déterminer dans quelle mesure nous devons réellement travailler. Le Dr Marra a passé la majeure partie de l'année dernière à recueillir des données auprès de 250 entreprises du Royaume-Uni qui avaient adopté la semaine de travail de quatre jours, soit en réduisant la quantité totale d'heures de travail, soit en les concentrant sur quatre jours.
"Il faut que ce soit avec un plein salaire, sinon ce n'est qu'un travail à temps partiel", dit-elle.
Elle a constaté que ces entreprises pourraient "économiser environ 104 milliards de livres sterling (75 600 milliards de FCFA) grâce à une productivité accrue et à une meilleure santé physique et mentale du personnel".
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Mais d'autres affirment qu'une semaine de travail plus courte coûtera de l'argent aux entreprises.
"Vous n'obtiendrez pas un bénéfice pour rien", déclare Daniel Hamermesh, économiste du travail au Barnard College et professeur émérite à la Royal Holloway University de Londres.
"C'est une chimère de penser que l'on peut travailler moins et obtenir plus, et de nombreuses preuves existent à l'appui", selon le professeur.
La réorganisation de la semaine de travail ne conviendra pas nécessairement aux personnes qui travaillent déjà de manière saisonnière ou flexible.
"Je pourrais facilement condenser ma semaine de travail d'enseignant en moins de jours", déclare Tatty Theo, violoncelliste et professeur de musique professionnelle.
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Mais son travail d'interprète n'est pas facile à réorganiser.
"J'aurais deux mois sans rien et je jouerais ensuite sept jours par semaine pendant toute une saison", explique le musicien.
Therese, qui a demandé à ne pas utiliser son vrai nom, est psychothérapeute au sein du service national de santé britannique. Elle peut voir comment le fait de travailler moins d'heures peut être attrayant pour beaucoup, "mais dans mon cas, je ne vois pas comment un prestataire de santé peut recevoir plus de patients en moins de temps".
Travailler intelligemment

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Pendant la pandémie, les entreprises ont dû s'appuyer sur la technologie non seulement pour se connecter avec leurs clients, mais aussi pour faire travailler leurs employés.
Pour de nombreux employés, du moins dans les économies riches, l'avenir du travail impliquera "davantage de personnes passant du temps à la maison, travaillant à distance et utilisant moins d'espace de bureau", explique le professeur Hamermesh.
"Cela ne signifie pas que l'efficacité et la qualité des biens et des services ont diminué ou vont se dégrader, c'est simplement une façon différente de travailler et les attentes des clients et des consommateurs ont également changé en conséquence", déclare le Dr Marra.

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Le travail à domicile est une expérience mitigée pour Tatty.
"Je peux accepter d'enseignement depuis mon domicile, mais l'interaction personnelle avec mes étudiants me manque désespérément", dit-elle.
"Parfois, il faut accorder un instrument ou corriger la position d'un archet ou d'une main... et on ne peut pas le faire facilement à travers un écran", déclare la musicienne.
En tant qu'interprète, c'est encore plus difficile, pour elle.
"Travailler à la maison ça ne fonctionne pas pour moi, je ne peux pas le faire. On ne peut pas faire de concerts, on ne peut même pas répéter", dit-elle.
Elle a essayé de faire en sorte que son orchestre de chambre baroque continue à répéter "via Zoom, sur Skype, même au téléphone... mais le retard numérique est tel que c'est totalement impossible. Nous nous épanouissons en étant ensemble, et nous ne pouvons pas le faire".
Pendant ce temps, Thérèse trouve l'accroissement de la proximité travail et maison difficile à gérer.
"Je suis psychothérapeute, ce que je fais n'est pas toujours adapté à un environnement domestique", dit-elle.
"Il est difficile de faire entrer certaines choses et certains mots chez moi. Il est également beaucoup plus difficile de séparer mon temps de travail et mon temps familial. Or, il faut faire cette distinction, car cela permet aussi d'avoir un psychothérapeute meilleur et plus fort", souligne-t-elle.
Travailler en toute sécurité

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Les personnes travaillant dans des endroits comme les magasins, les hôpitaux et les fermes n'ont pas pu travailler à distance, mais pendant la pandémie, pouvoir contrôler les contaminations est devenu une nouvelle préoccupation.
"Pour ceux qui doivent travailler en présentiel, la distanciation sociale est la principale mesure", explique le Dr Marra.
La totalité de la main-d'œuvre ne va pas revenir en masse sur le marché du travail. Une autre solution consiste à échelonner les horaires des employés et à introduire des équipes, pour réduire le nombre de personnes présentes dans les bâtiments à un moment donné.
Les fournisseurs de loisirs et de divertissements sont confrontés à des défis particuliers. L'éloignement physique dand les cinémas et les salles de concert signifie que le nombre de personnes autorisées à entrer dans les salles peut ne pas être suffisant pour couvrir les dépenses des organisateurs.
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