Innover pour les handicapés

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La lutte pour les droits des personnes handicapées en Afrique est une tâche colossale. L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) estime qu'au moins 81,2 millions de personnes à travers le continent sont touchés par une forme de handicap.

Mais de nombreux activistes de terrains et des gens ordinaires, des universitaires et des artistes trouvent des moyens novateurs d'améliorer l'accessibilité pour les <link type="page"><caption> personnes handicapées</caption><url href="http://www.bbc.com/afrique/region/2015/11/151117_femmes_afrique_haben_girma" platform="highweb"/></link>, au niveau local et international.

En passant par un guide consacré à l’<link type="page"><caption> accessibilité</caption><url href="http://www.bbc.com/afrique/nos_emissions/2015/12/151207_blind_tailor" platform="highweb"/></link> en Ethiopie, à des fauteuils roulants spécialement conçus pour les terrains rugueux, il existe de nombreux exemples illustrant l'ingéniosité et l'audace de ces personnes.

BBC Afrique a parlé à huit innovateurs pour savoir comment ils occupent leur temps et ce qui les a inspiré.

1. Ethiopie : un guide sur l'accessibilité

Il y a quatre ans, le <link type="page"><caption> Centre éthiopien pour le handicap et le développement</caption><url href="https://www.facebook.com/Ethiopian-Center-for-Disability-and-Development-ECDD-550341995093921/" platform="highweb"/></link> (ECDD) a publié son <italic>Guide sur l’accessibilité à Addis-Abeba</italic>, en examinant l'accessibilité des différents hôtels, les édifices gouvernementaux, les restaurants et espaces publics.

"Quand on s’est rendu compte que c’était vraiment utile pour les visiteurs ainsi que pour les habitants vivant avec un handicap, on s’est dit : "Il faut continuer ce projet", explique le directeur du programme Retta Getachew.

"On a six guides maintenant et un autre qui les combine tous dans un livre, le Guide de l’accessibilité en Ethiopie.

2. Une aide ingénieuse à la mobilité (Zambie)

"Nous aidons à la mobilité des enfants à l'aide de carton et de papier recyclé. Nous commençons par mesurer l'enfant et réfléchissons au type de support dont il a besoin. Nous réduisons ensuite des morceaux de carton et les collons ensemble en utilisant une sorte de bouillie à base de farine de blé ou de farine de manioc.

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Nous collons ensuite proprement du papier ou du journal sur le support, et attendons qu'il sèche. Une fois que nous l’avons adapté à l'enfant, nous peignons le support et ajoutons des sangles, comme une ceinture de sécurité dans une voiture.

Quand je suis entré à l’<link type="page"><caption> APTERS</caption><url href="https://www.facebook.com/APTERS-420149774733805/" platform="highweb"/></link> il était difficile d'identifier les enfants handicapés vivant au sein de la communauté. Les gens ne veulent pas que les autres sachent qu'ils ont un enfant handicapé à la maison. Je connaissais une fille handicapée à l'église, alors j’ai contacté sa mère. Elle m'a dit qu'elle laissait habituellement son enfant au lit lorsqu’elle allait au marché. Pour l'aider à s’asseoir, elle m'a expliqué : "Je creuse un trou à l’extérieur de la maison et je mets ma fille dedans". Pour la faire tenir debout, elle l’attachait à un arbre avec du matériel. Je pense qu'il est inhumain de faire de telles choses.

Nous avons parlé aux mères que nous avons rencontrées, en leur expliquant que nous pourrions faire des chaises spéciales en papier mâché pour leurs enfants. Maintenant, nous faisons aussi d'autres supports: un cadre pour se tenir debout, des aides à la marche, ainsi que du matériel scolaire.

Nous sommes huit à travailler dans notre atelier à l'hôpital universitaire de Lusaka - et nous sommes tous handicapés. J'ai eu la polio quand j'avais deux ans et j’ai perdu l'usage de mes jambes. J'avais l’habitude de me baisser et de marcher sur mes genoux – c’était très difficile. Puis mon frère m'a emmené en ville et j’ai trouvé des béquilles. C’est beaucoup plus facile maintenant.

A APTERS nous ne sommes pas dans une situation confortable financièrement, mais si quelqu'un ne peut pas se permettre d’acheter une chaise pour son enfant, nous lui demandons de contribuer à hauteur de ce qu'il peut.

Et quand nous avons beaucoup de travail, nous sollicitons les talents des enfants handicapés. Beaucoup de leurs mères ont été répudiées par leurs maris, qui les blâment d’avoir eu un enfant handicapé. Elles n’ont pas d'emploi, pas d'argent pour la physiothérapie.

Nous avons besoin de soutien en matériel, fauteuils roulants, béquilles, ordinateurs, et une nouvelle machine de découpe - mais aussi en bénévoles. Il y a beaucoup à faire". La reine de beauté alternative (Lesotho)

"L'année dernière j’ai été élue Miss Surdité Afrique 2015. Cette victoire était tellement incroyable. Je n'ai jamais été aussi heureuse, parce que c’était mon rêve et il est devenu réalité. Je remercie Dieu pour cela. Je voulais inspirer les filles malentendantes et faire prendre conscience que la surdité ne signifie pas que nous ne sommes pas capables de faire tout ce que font les gens qui peuvent entendre.

Grandir en tant qu’enfant sourd au Lesotho est difficile mais je suis reconnaissante à ma merveilleuse famille de m'avoir acceptée et aimée. Parfois, la communauté semble avoir peur de nous, ou bien nous sentons que nous n’existons pas vraiment à leurs yeux. Mais nous faisons face à notre monde de silence.

La chose la plus difficile est l'information: les programmes de télévision ne sont que pour les bien-entendant, pourtant nous avons besoin d'information pour nous développer en tant qu’êtres humains intelligents. Je voudrais que l’information s'adapte à la langue des signes pour que nous puissions en bénéficier. Si la langue des signes pouvait être proposée comme matière dans toutes les écoles nous pourrions avoir des amis parmi les bien-entendants et mieux communiquer avec les autres.

En tant que Miss Surdité Afrique 2015, je suis sponsorisée pour passer un mois en Californie avec nourriture et hébergement gratuit - à condition que nous financions nos voyages en avion. Je dois visiter une école de malentendants, faire de la collecte de fonds et profiter de mon séjour aux Etats-Unis. Mais c’est difficile pour Mlle Nokuthula Mbatha, la directrice exécutive de Miss Surdité Afrique 2015, de récolter les fonds pour payer nos billets et un interprète. En attendant, elle tente d'obtenir un sponsor pour m’envoyer à l'université, peut-être en Afrique du Sud. Je veux étudier la Beauté Thérapie. Je rêve tellement d’avoir ma propre entreprise, par exemple un salon où je puisse partager mes compétences et travailler avec d'autres filles sourdes.

Ce concours – ainsi que la Semaine de la mode pour les Sourds - sont très importants pour nous. Nous souhaitons le voir soutenu. Bientôt, on passera à un concours de tout le continent africain pour homme et femme malentendants et ce sera merveilleux."