L'Otan épinglée au sujet de la Libye

Crédit photo, BBC World Service
L'une des principales organisations de défense des droits humains exhorte l'Alliance Atlantique à enquêter, sans réserve, sur la mort de nombreux civils, tués en 2011, lors des raids aériens en Libye.
Human Rights Watch, l'organisation en question, estime qu'au moins 72 civils ont été victimes des frappes et elle demande que l'Otan prenne ses responsabilités, là il le faudra.
"Nous appelons à l'ouverture d'enquêtes promptes, crédibles et exhaustives", a déclaré Fred Abrahams de Human Rights Watch à la BBC.
L'Otan dit avoir pris des précautions sans précédent, pour minimiser les pertes civiles.
Elle soutient qu'elle ne peut endosser de responsabilité quelconque parce qu'elle n'avait aucune présence sur le terrain lui permettant de confirmer les morts.
Sujet sensible
Ce sont des avions de combats américains, francais et britanniques qui ont mené la plupart des 9.658 sorties l'année dernière, ciblant les forces loyales au dirigeant libyen le colonel Moammar Khaddafi.
En mars dernier, une autre organisation Amnesty International, avait déclaré avoir compilé 55 dossiers de civils, dont 16 enfants et 14 femmes, tués lors des raids.
Amnesty dénonçait alors ce qu'elle présentait comme le manquement de l'Otan, qui ne s'est pas donné la volonté d'enquêter, à fond, sur les cas de morts portés à son attention.
La principale motivation de l'Otan en Libye, était de protéger les civils, ce qui fait alors que la mort de civils, quelqu'en soit le nombre, constitue un sujet sensible.
Dans son rapport rendu public lundi, Human Rights Watch affirme avoir examiné, de près, les preuves que des personnes ont bel et bien été tuées dans huit opérations différentes de l'Otan.
Dans l'un des cas, l'organisation affirme qu'une première bombe de l'Otan a tué 14 personnes et une deuxième, quelques instants plus tard, 18 autres qui se ruaient pour porter secours aux premières victimes.
Profondément troublant
Selon M. Abrahams, le principal auteur du rapport, ce qui est préoccupant, c'est que ces cas de décès occasionnés par les frappes ne sont pas reconnus et les familles n'ont reçu aucune compensation.
"Jusque-là, l'Otan s'est mûré dans le déni total", déclare Abraham.
"Ils refusent de fournir des informations sur les circonstances de leurs morts et refusent d'enquêter, et ce manque de transparence est profondément troublant."
"Je pense que cela conduira à des pertes gratuites de civils à l'avenir si l'Otan refuse de se pencher sur ce qui n'a pas fonctionné et de faire des corrections."
L'Otan se dit disposée à coopérer avec les nouvelles autorités libyennes dans l'évaluation de la démarche appropriée à prendre, mais les choses semblent aller à un rythme lent.












