Parole de femmes reçoit Rama Yade
- Author, Geneviève Sagno
- Role, Hélène Alex
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Crédit photo, AP
Un numéro consacré à une femme politique française d’origine sénégalaise qui a d’abord été secrétaire d’Etat chargée des affaires Etrangères et des droits de l’Homme puis des Sports, et depuis 2011, vice-présidente du Parti Radical.
Alors qu’elle incarne l’ascension d’une femme africaine à une fonction ministérielle en France, nous tentons de comprendre qui est vraiment Rama Yade.
Nous l'avons interrogée sur...
Les conflits sur le continent :
Rama Yade : Les 2 000 morts de Baga méritaient, non pas le silence de la communauté internationale, qui est choquant, mais un minimum de réaction.
Il faut absolument penser à ces hommes et ces femmes qui, par milliers, tombent tous les jours sous le coup également de la violence terroriste et barbare.
L’attitude la communauté internationale concernant les conflits sur le continent :

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RY : On attend que les gouvernements fassent leur travail, qu’ils se mobilisent pour arrêter ces massacres, qu’ils cherchent des solutions, qu’ils activent des partenariats, qu’ils mettent en place une coopération qui permettent aussi bien sur le plan diplomatique, que militaire et humanitaire, de faire les interventions requises parce que ce que
Le blasphème en France :
RY : On peut tout dire dans les limites de la loi de la République qui par exemple interdit l’incitation à la haine raciale ou l’apologie du terrorisme… ça fait partie d’une tradition satirique française.
Je suis Charlie ou Je ne suis pas Charlie :

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RY : Charlie… oui mais aussi toutes les autres victimes, les victimes juives de l’épicerie mais aussi les policiers qui sont morts, les agents de maintenance… des victimes qui incarnaient la diversité et la société française. Donc, je suis tous ces hommes et toutes ces femmes.
L’intégration en France :
RY : L’ennemi est intérieur. Il y a sans aucun doute un problème d’intégration de ceux qui ne se sentent pas français, qui ne s’identifient pas à la République, à ses valeurs, et de ceux qui ont préféré aller trouver dans un mécanisme extrémiste qui n’a rien de religieux mais qui est tout à fait politique et militaire, de quoi assouvir leur psychopathie.
Face à la montée de l’intégrisme :
RY : La réponse est internationale puisque que le djihad est international.
Je m’étonne qu’on envisage de mettre ces gens-là dans nos prisons.
Ce sont des criminels de guerre qui reviennent les mains couvertes de sang.
Les dangers concernant la liberté des femmes :
RY : La République française est fragilisée parce qu’elle s’est coincée, prise en tenaille par le mécanisme "extrémisme radical" et le mécanisme nationaliste d’extrême droite. Deux mécanismes qui exercent une emprise très forte sur la jeunesse puisque les djihadistes sont des jeunes.
Et ceux qui votent parmi la jeunesse française, le premier parti pour lequel ils votent c’est le Front National (FN).
La laïcité et l’éducation doivent être réaffirmées avec fermeté.
Il faut que la communauté internationale, notamment les communautés occidentales cessent de jouer avec le feu diplomatique.
La diversité lors de la manifestation en France :

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RY : La foule était diverse, il y avait des Français de toutes origines. La diversité était là, c’était l’expression d’une solidarité internationale.
Le virus Ebola
RY : Il est impératif de suivre les prescriptions médicales de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) parce qu’il faut évidemment se protéger, il faut suivre les conseils des médecins.

Il faut permettre l’accès aux soins à tout le monde, y compris aux Africains.
Une mobilisation internationale est absolument indispensable puisqu’il y en a qui guérissent d’Ebola.
La réussite des femmes :

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RY : On se bat parce qu’on poursuit un idéal, on a des convictions. Il y a plusieurs pays africains, comme le Sénégal par exemple, qui ont connu des femmes premier ministre. J’aimerais qu’on arrive un jour à ce qu’on ne s’étonne plus que les femmes puissent accéder aux plus hautes fonctions.
Le parcours pour elles est beaucoup moins facile.
C’est un parcours de la combattante mais il faut mener ce combat car ce sont les femmes qui mènent le monde.
Quand j’étais secrétaire d’Etat aux droits de l’homme j’avais beaucoup axé mon action sur les femmes parce que j’avais la conviction que lorsqu’on veut détruire un pays ou une communauté, on détruit d’abord les femmes. C’est ce qui s’est passé en Afghanistan, c’est ce qui ne passe actuellement avec Boko Haram… et quand on veut reconstruire, ça passe aussi par les femmes. Elles ont un regard, un rôle, très particulier, très puissant.
Une femme présidente de la République /Une femme issue de la diversité
RY : Je n’ai aucun doute sur le fait que ce soit possible.
Les Français en ont assez de voir les mêmes têtes.
Etre une femme issue de la diversité est un handicap, il faut se battre et il faut que les Français nous fassent confiance.
Dans le système politique qui est très masculin, très âgé, absolument pas issue de l’immigration, très conforme, très uniforme, nous apparaissons comme des choses étranges.
Ses aspirations :
RY : Je voulais être institutrice, puis institutrice puis avocate. Ces trois métiers ont un point commun c’est qu’ils permettent d’observe le monde et peut-être de le changer.
Son image
RY : J’ai du franc parler pas par sens de la provocation mais parce quand on s’engage, c’est pour défendre des convictions. Les Français ont besoin qu’on leur parle un langage de vérité.L’hypocrisie est sanctionnée par l’inefficacité politique.
Le travail des femmes :
RY : Une des raisons pour lesquelles les femmes ont tant de mal en politique, c’est que quand elles deviennent maman, les choses deviennent plus compliquées.
Les hommes n’imaginent pas à quel point la pression est forte.
Les clés du succès
RY : Je crois en deux choses : l’éducation et la liberté.
La première conditionne la seconde. Par l’instruction on gagne les clés de son émancipation : ne jamais dépendre de qui que soit.
La musique africaine
RY : J’aime un musicien sénégalais qui est au-dessus de mon panthéon, c’est Youssou N’Dour. J’ai grandi avec la musique de ce monsieur dans mes oreilles.

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Même si vous n’êtes pas allé au Sénégal depuis longtemps, même si vous avez acquis une autre nationalité parce que la vie en a voulu ainsi ou que vous l’avez choisi, au son de la musique de Youssou N’Dour, vous comprenez ce que c’est d’être Sénégalais.
Un message à la Communauté internationale :
RY : Je leur demanderais d’intervenir au Nigéria pour arrêter Boko Haram parce que ces hommes-là quand ils tuent, ils massacrent.
Mon cœur saigne quand je vois ça. Là-aussi il y a du terrorisme
Et aux femmes :
RY : De continuer la lutte au-delà des pays, des appartenances, des religions, on a toutes les mêmes intérêts.
Le féminisme n’est pas quelque chose de démodé ni de ringard.
Rama Yade a prouvé qu'il est possible d'être à la fois bon élève tout en gardant un certain franc-parler, issue de la diversité et engagée en politique, femme, libre et indépendante. Des contradictions qui expliquent que "ce sont les femmes qui portent le monde".












