Parole de femmes

Parce qu’on oublie parfois à quel point les femmes sont actives sur le continent, parce qu'elles sont fortes, qu'elles ont des choses à dire et qu'elles devraient pouvoir s'exprimer autant qu'elles le méritent.

C’est pourquoi chaque semaine BBCAFRIQUE donne la parole à des femmes qui s’expriment sur des questions de femmes.

Pour commencer, nous vous proposons la réponse à vos questions sur Valérie Trierweiler, l'ex-première dame française.

  • Valérie Trierweiler et l’Afrique…

Vero Bolinda :

-Pour avoir soutenu le docteur Denis Mukwege qui opère les femmes RD Congo à l'Est, merci merci Mme Valérie Trierweiler ! Grâce à elle, il est souvent invité dans des conférences en Europe.

 Valérie Trierweiler : "Le docteur Mukwege est l’une des personnes les plus exceptionnelles que j’ai eu à rencontrer au cours de ces 2 ans passés à l’Elysée. Je suis heureuse si j’ai pu contribuer à mettre un peu en lumière ce qu’il fait".
Légende image, Valérie Trierweiler : "Le docteur Mukwege est l’une des personnes les plus exceptionnelles que j’ai eu à rencontrer au cours de ces 2 ans passés à l’Elysée. Je suis heureuse si j’ai pu contribuer à mettre un peu en lumière ce qu’il fait".

Carlo Tshisapa :

-Pourquoi votre action à Action Contre la Faim est moins active en Afrique que sur d’autres continents ?

VT : "Ce n’est pas moi qui choisis où est-ce qu’ils m’envoient. Et on oublie souvent que la malnutrition est beaucoup plus importante en Inde qu’en Afrique, car le pays est plus peuplé. Un enfant meurt de malnutrition toutes les trois minutes en Inde, et cela on l’oublie".
Légende image, VT : "Ce n’est pas moi qui choisis où est-ce qu’ils m’envoient. Et on oublie souvent que la malnutrition est beaucoup plus importante en Inde qu’en Afrique, car le pays est plus peuplé. Un enfant meurt de malnutrition toutes les trois minutes en Inde, et cela on l’oublie".

Elmaazouze Haidara :

-Qu’est-ce que vous pensez d’Ebola et de la lenteur de la lutte ?

VT : "Je ne suis pas du tout spécialiste de cela, mais il y a deux jours, j’ai reçu un appel de l’épouse de l’ancien président du Mali, Traoré, parce que nous sommes restées liées. Elle me demandait : "Est-ce que tu peux m’aider à trouver des antiseptiques et des médicaments pour m’aider à lutter contre Ebola, cela n’arrive pas ?". J’ai commencé à solliciter des laboratoires pharmaceutiques, avec mes petits moyens d’action, n’ayant pas moi-même de fondation ou d’association. Je vais essayer d’aider. Peut-être qu’il y a eu une mauvaise coordination mondiale, mais je ne peux pas juger de ce qui se passe".
Légende image, VT : "Je ne suis pas du tout spécialiste de cela, mais il y a deux jours, j’ai reçu un appel de l’épouse de l’ancien président du Mali, Traoré, parce que nous sommes restées liées. Elle me demandait : "Est-ce que tu peux m’aider à trouver des antiseptiques et des médicaments pour m’aider à lutter contre Ebola, cela n’arrive pas ?". J’ai commencé à solliciter des laboratoires pharmaceutiques, avec mes petits moyens d’action, n’ayant pas moi-même de fondation ou d’association. Je vais essayer d’aider. Peut-être qu’il y a eu une mauvaise coordination mondiale, mais je ne peux pas juger de ce qui se passe".

Komian Epa Djapadye :

-Partagez- vous la politique africaine de votre ex-mari, consistant à soutenir et à protéger les chefs d’état comme Alassane Ouattara et Blaise Compaoré ?

VT : "Ce que je peux vous dire, c’est que le président François Hollande est très impliqué sur la politique africaine. Après, là non plus, je ne veux pas juger de la proximité avec certains chefs d’état. Je considère que là-dessus j’ai un droit de réserve. On a pu me reprocher des choses sur le livre, mais malgré tout je ne dévoile pas de secrets d’Etat".

Loùloùte Raïssa :

-Quelles sont les prérogatives des premières dames, ne sont-elles que des pots de fleurs déposés maladroitement d'un lieu à un autre pour l'image des présidents ? Comment une femme peut-elle aider son homme dans la stratégie pour une bonne gouvernance de l'État ?

VT : "C’est une vraie question. C’est vrai que dès le début j’avais dit : je ne serai pas une potiche. Et à l’époque cette phrase avait beaucoup choqué. Mais pourquoi ? Cela veut dire que dès le départ, on attendait de moi que je n’aie pas le droit à la parole, et j’ai été beaucoup choquée de cela. J’aurais été la seule femme en France à ne pas avoir le droit de travailler, le droit de parler ? Et même aujourd’hui, je ne suis plus rien et je n’aurais toujours pas le droit de parler ? Au nom de quoi ? On nous dit "si elle avait été digne, elle serait restée silencieuse". Au nom de quoi ? Au nom de quoi une femme digne est une femme qui se tait ? Au contraire, je pense que pour faire avancer la cause des femmes, il faut accepter de parler et de raconter les choses. C’est ce que j’ai fait à travers mon livre, et je ne pense pas avoir outrepassé ce qui peut être considéré comme digne.
Légende image, VT : "C’est une vraie question. C’est vrai que dès le début j’avais dit : je ne serai pas une potiche. Et à l’époque cette phrase avait beaucoup choqué. Mais pourquoi ? Cela veut dire que dès le départ, on attendait de moi que je n’aie pas le droit à la parole, et j’ai été beaucoup choquée de cela. J’aurais été la seule femme en France à ne pas avoir le droit de travailler, le droit de parler ? Et même aujourd’hui, je ne suis plus rien et je n’aurais toujours pas le droit de parler ? Au nom de quoi ? On nous dit "si elle avait été digne, elle serait restée silencieuse". Au nom de quoi ? Au nom de quoi une femme digne est une femme qui se tait ? Au contraire, je pense que pour faire avancer la cause des femmes, il faut accepter de parler et de raconter les choses. C’est ce que j’ai fait à travers mon livre, et je ne pense pas avoir outrepassé ce qui peut être considéré comme digne.

Karim Ouédraogo :

-Quelle différence y a-t-il entre la première dame et les autres dames ?

VT : "Etre première dame, c’est accompagner le président et être au service des Français dans un autre domaine. A l’Elysée, nous avons fait beaucoup de choses pour le Mali, pour la RDC, et pour la France également. Et c’était du bénévolat. A côté de cela, moi, j’avais besoin de travailler pour élever mes fils qui ne vivaient pas aux frais de l’Etat. Je me suis battue pour ça. Vous vous rendez compte si j’avais abandonné mon travail ? Dans quelle situation j’aurais été, là, au mois de janvier, lorsque le président a mis fin, comme ça, d’un seul coup, à notre relation ? Heureusement que j’ai gardé mon travail. Et c’est pour cela que j’encourage les femmes à rester indépendantes financièrement, car on ne sait jamais ce que la vie nous réserve, jamais".
Légende image, VT : "Etre première dame, c’est accompagner le président et être au service des Français dans un autre domaine. A l’Elysée, nous avons fait beaucoup de choses pour le Mali, pour la RDC, et pour la France également. Et c’était du bénévolat. A côté de cela, moi, j’avais besoin de travailler pour élever mes fils qui ne vivaient pas aux frais de l’Etat. Je me suis battue pour ça. Vous vous rendez compte si j’avais abandonné mon travail ? Dans quelle situation j’aurais été, là, au mois de janvier, lorsque le président a mis fin, comme ça, d’un seul coup, à notre relation ? Heureusement que j’ai gardé mon travail. Et c’est pour cela que j’encourage les femmes à rester indépendantes financièrement, car on ne sait jamais ce que la vie nous réserve, jamais".

  • Valérie Trierweiler et François Hollande…

Joseph Teddy Ekonzo :

-Quels sont les bons souvenirs que vous gardez de Monsieur Hollande ?

VT : "Il y a d’abord son élection. Pour moi le plus beau souvenir, c’est le souvenir de Tulles. Parce que c’était devant les personnes qui avaient fait de lui ce qu’il est devenu, c’est à dire un homme politique de premier plan, c’est là-bas qu’il s’était implanté il y a une trentaine d’années. Ça, c’est un des plus beaux souvenirs".

Mariam Ahourloum :

-Aimait-elle vraiment son président de mari ?

VT : " Je crois que la question ne se pose même pas. Donc oui".

Mathyrosalie Mbaya :

-Peut-elle donner une raison convaincante de sa décision, est-elle sûre de sa décision ?

VT : "Je crois que maintenant la question ne se pose plus, depuis le livre. Quand je prends la décision de publier le livre, c’est pour rendre les choses irrémédiables".

Laurentine Atangana-zang :

-Etait-ce pour nuire à son ex-ami qu'elle a posé cet acte ?

VT : "Non, c’était pour me reconstruire moi. Je lis sans arrêt « Si toutes les femmes trompées faisaient un livre, il n’y aurait plus de forêt". Ok, très bien. Mais quelle femme a été répudiée en 18 mots à échelle planétaire ? Est-ce que vous pouvez l’en citer une seule ? Aucune, aucune. Ce que j’ai vécu a été d’une grande violence. Le monde entier en a parlé. Aujourd’hui le monde entier parle de mon livre. Oui, j’ai besoin d’une réparation à échelle planétaire".
Légende image, VT : "Non, c’était pour me reconstruire moi. Je lis sans arrêt « Si toutes les femmes trompées faisaient un livre, il n’y aurait plus de forêt". Ok, très bien. Mais quelle femme a été répudiée en 18 mots à échelle planétaire ? Est-ce que vous pouvez l’en citer une seule ? Aucune, aucune. Ce que j’ai vécu a été d’une grande violence. Le monde entier en a parlé. Aujourd’hui le monde entier parle de mon livre. Oui, j’ai besoin d’une réparation à échelle planétaire".

Déthié Faye :

-Est-ce qu'elle ne ferait pas mieux de se taire comme l’ont fait Hilary Clinton et Anne Sinclair en ‘’laissant du temps au temps’’ ? Le silence n’est-il plus d’or comme on le dit ?

VT : "Encore une fois, je ne considère pas que le silence est un gage de dignité. Je ne dis pas qu’elles ont été indignes. C’est leur choix. Mais pourquoi subir à ce point sans rien dire ? Je ne vois pas au nom de quoi j’aurais dû rester silencieuse".

Chancella Benedicte Biro :

-Est-ce que vous voulez vous remarier encore à un autre homme après cette vie de luxe ? Si oui, comment allez-vous vous adapter ?

VT : "Mais moi je m’adapte très bien à ma vie d’aujourd’hui ! Je vais avoir bientôt 50 ans. J’ai vécu 20 mois à l’Elysée. 20 mois de vie de luxe. Mais combien d’années de vie normale ? Je sais remplir le lave-vaisselle, faire les courses, cuisiner…".

Idrissou Atchidogo :

-Qui est François Hollande en matière de sentiment ?

VT : "Il a été capable de montrer beaucoup d’amour au début de notre histoire. C’est sans doute même l’homme qui m’a le plus aimée, en tous cas qui me l’a montré le plus. Il a été capable de beaucoup comme il a été capable du pire. De mettre fin à une relation aussi brutalement et avec beaucoup d’indifférence".
Légende image, VT : "Il a été capable de montrer beaucoup d’amour au début de notre histoire. C’est sans doute même l’homme qui m’a le plus aimée, en tous cas qui me l’a montré le plus. Il a été capable de beaucoup comme il a été capable du pire. De mettre fin à une relation aussi brutalement et avec beaucoup d’indifférence".

Georges Salif Sissoko :

-Qu'est-ce qu'elle ressent présentement envers M. Hollande ?

VT : "Ça dépend des jours. Quand je pense aux moments heureux, parfois cela me provoque de la colère, de ne plus avoir ces moments-là. Et puis aussi de la déception".

Jean Delly Bambale :

-S’il vous était donné de recommencer cette aventure, seriez-vous prête à le faire ?

VT : "On ne refait pas le passé. Je ne me pose pas la question. Je préfère ne pas me la poser d’ailleurs".

  • Quel avenir pour Valérie Trierweiler ?

Tshitshi Tshiama John :

-Peut-elle devenir candidate pour concourir contre son ex concubin, en suivant l'exemple de Ségolène Royal ?

VT : "Non, je crois qu’il a déjà vécu cette expérience… Evidemment non. Je ne me sens absolument pas armée pour ça. Je n’ai pas les compétences. Ca ne m’est jamais venu à l’esprit et la politique n’est pas un milieu dans lequel je souhaite évoluer. Je l’ai approché de très près, je m’y suis brûlé les ailes, et ça m’a suffit".

Sallama Diallo :

-Que diriez-vous si Sarkozy revenait à l’Elysée?

VT : "Ce qui est sûr, c’est que je ne voterai pas pour lui, voilà. Donc s’il revient, ce ne sera pas mon choix, ce ne sera pas mes envies. Je suis une citoyenne de gauche et je le reste".
Légende image, VT : "Ce qui est sûr, c’est que je ne voterai pas pour lui, voilà. Donc s’il revient, ce ne sera pas mon choix, ce ne sera pas mes envies. Je suis une citoyenne de gauche et je le reste".

L’ex-Première Dame française était la première invitée de Parole de Femme, votre nouvelle émission interactive sur les femmes et pour les femmes sur BBC Afrique.

C’est vous qui l’avez interviewée, merci à tous ceux qui nous ont envoyé questions, réactions et commentaires.

Au-delà de la polémique, elle a prouvé qu’une première dame ne se résume pas à être seulement la compagne d’un président, parole de femme !

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