Accidents : l'erreur courante à éviter absolument avec les victimes

Accident

Crédit photo, Getty Images

Il est courant, après un accident, de voir des témoins offrir de l'eau à la victime pour la « calmer ». Une pratique pourtant déconseillée par les professionnels de santé, qui rappellent qu'elle peut aggraver la situation.

Dans un entretien accordé à la BBC, le Dr Umar Sani Ibrahim, du département de santé communautaire de l'hôpital universitaire Barau Dikko, à l'université d'État de Kaduna, a mis en garde contre ce réflexe « dangereux ». Selon lui, donner de l'eau potable à une personne impliquée dans un accident expose à plusieurs risques.

« D'abord, après un accident, la victime peut être étourdie ou semi‑consciente. Elle peut parler, mais ne pas avoir pleinement conscience de son état. Lui donner de l'eau dans ces conditions peut la faire s'étouffer », explique-t-il.

Le médecin précise que cette fausse route peut entraîner l'inhalation du liquide dans les poumons, provoquant une pneumopathie d'aspiration, une affection potentiellement mortelle si elle n'est pas traitée à temps.

Deuxième danger : l'éventualité de blessures internes. « Une personne peut ne présenter ni saignement ni blessure apparente, tout en souffrant d'une rupture d'organe. Lui faire boire de l'eau peut amplifier une hémorragie interne », avertit-il.

Enfin, le Dr Ibrahim souligne que l'ingestion d'eau complique les soins si la victime doit subir une intervention chirurgicale. « En cas de chirurgie nécessaire, ou si un antidouleur a déjà été administré, l'eau peut entraîner des complications supplémentaires », précise-t-il.

Le spécialiste recommande donc de s'abstenir de donner quoi que ce soit par voie orale et de privilégier plutôt l'appel immédiat aux secours.

Premiers secours

Docteur Umar Sani Ibrahim

Crédit photo, Docteur Umar Sani Ibrahim

Le Dr Umar Sani Ibrahim rappelle qu'en cas d'accident, offrir de l'eau à une victime ne doit jamais être le premier réflexe. D'autres gestes d'urgence, bien plus essentiels, doivent être immédiatement mis en œuvre.

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Selon lui, la priorité absolue, dès l'arrivée sur les lieux, est d'alerter les autorités compétentes : « Il faut d'abord appeler l'hôpital ou les services d'urgence avant toute autre intervention », insiste-t-il.

Une fois les secours prévenus, le médecin recommande d'évaluer avec prudence l'environnement de l'accident. « Il faut inspecter minutieusement les lieux afin d'éviter qu'un secouriste ne provoque un autre accident en voulant aider », explique-t-il.

Lorsque plusieurs personnes sont impliquées, garder son calme et analyser la situation devient essentiel. « Si certains crient, d'autres restent immobiles et d'autres encore sont allongés sur le côté, il faut alors appliquer ce que nous appelons le suivant », explqiue-t-il.

  • vérifier que les voies respiratoires sont dégagées.
  • contrôler la respiration.
  • évaluer la circulation sanguine.
  • identifier un éventuel handicap ou traumatisme grave.
  • sécuriser l'environnement.

Le Dr Umar souligne que les victimes silencieuses ou immobiles doivent être examinées en premier. « Quelqu'un qui crie respire. Il faut donc d'abord s'occuper de ceux qui restent sans mouvement : ce sont eux qui nécessitent l'assistance la plus urgente. »

Une fois la respiration vérifiée, vient l'évaluation de la circulation sanguine, généralement effectuée par des professionnels. Le médecin rappelle toutefois que les complications surviennent souvent lors du déplacement des blessés. « Une lésion du cou, par exemple, exige une extrême prudence. Il en va de même pour une fracture : un mauvais geste peut aggraver la douleur et les dégâts. »

Il insiste néanmoins : même sans formation médicale, chacun peut jouer un rôle utile. « Appeler les secours, sécuriser les lieux, rassurer les victimes… tout cela compte », explique-t-il. En cas de saignement, un geste simple peut sauver une vie : « On peut utiliser une chemise ou un bandage pour exercer une pression sur la zone qui saigne en attendant l'arrivée des secours. »

Enfin, le Dr Umar avertit contre un geste fréquent mais risqué : retirer un objet planté dans le corps d'une victime. « Il ne faut jamais retirer un métal ou tout autre corps étranger incrusté. Cela peut provoquer une hémorragie massive. Seul un médecin doit s'en charger, à l'hôpital. On peut couper l'objet s'il est relié à un véhicule ou à une structure, mais jamais l'extraire du corps. »