"J'ai vu des femmes mourir à l'accouchement parce qu'elle n'avait pas certaines informations"

- Author, Mamadou Faye avec Laté Lawson
- Role, Journaliste digital
- Reporting from, Dakar
Faire danser les femmes enceintes et leur faire faire des exercices physiques, c’est la méthode utilisée par la sage-femme ivoirienne Achi-Christelle pour les aider à accoucher paisiblement.
Achi-Christelle a créé l’association ’Oasis de la maternité' pour préparer les femmes à l’accouchement.
La sage-femme a été motivée par la volonté d’éviter la mortalité maternelle ou infantile liée à la grossesse.
"La musique adoucit les mères. Quand on danse, on est toujours heureux. Donc on a envie de créer cette joie-là. Non seulement, ça permet à la femme de déstresser, ça lui permet d’être heureuse, mais physiquement c’est bénéfique parce que ça lui permet de bouger", explique la sage-femme.
Lors d'une de leur séance à laquelle Laté Lawson de la BBC a assisté, une dizaine de femmes enceintes trépignent, esquissent des pas de danse avec plaisir.
Elles expérimentent la méthode de la sage-femme Achi-Christelle qui, à travers des sessions de conseils, d’exercices physiques et de danses avec des coachs spécialisés, les accompagne vers l’accouchement.
"Elles pensent qu’elles dansent mais nous avons des pas particuliers que nous leur demandons de faire en bougeant sous la musique pour permettre vraiment de faciliter aussi le déroulement du travail d’accouchement'', dit Mme Achi-Christelle.
Selon elle, "il n’y a vraiment pas de risque, au contraire, danser fait du bien au bébé".

Une méthode qui fait mouche
Flore Guilathé Adoni a participé aux sessions de Mme Achi. Elle a été encouragée par son mari à se joindre à cette méthode de thérapie originale.
"J’ai entendu parler de cette séance par le biais de mon mari qui m’a incitée à venir. Je suis à ma troisième grossesse mais j’ai encore appris", indique-t-elle.
Edith Yoro est une autre participante qui adhère à cette forme de thérapie pour femmes enceintes.

"C’est la première grossesse du coup je craignais l’accouchement comment ça va se passer. Je cherchais déjà où trouver une maternité pour l’accouchement", explique Mme Yoro.
"J’ai fait des recherches sur le net et j’ai trouvé Oasis de la maternité. Par la suite sur les réseaux sociaux j’ai vu qu’ils donnaient des cours de préparation à l’accouchement. Et je me suis inscrite. La première séance a aidé à dissiper mes craintes et mes peurs", témoigne-t-elle.
Droits des femmes en salle d’accouchement

A ses début, l’Oasis de la maternité donnait des conseils sur les réseaux sociaux. Aujourd’hui, le centre aide les femmes enceintes à réclamer leurs droits en salle d’accouchement.
"La partie qui m’a le plus interpelée c’est sur les droits des femmes en salle d’accouchement parce qu’il y a des femmes qui sont mal informées ou sous-informées. Donc qui n’arrivent pas à demander des soins les plus basiques", affirme Flore Guilathé Adoni.
"La parturiente qui arrive en salle d’accouchement a des droits. Elle a le droit d’être informée sur son état de santé. Elle a le droit de savoir si elle est en travail ou pas", confirme la sage-femme Achi-Christelle, présidente de Oasis de la maternité.
Pour elle, la femme enceinte "a le droit de participer à la décision, de dire non", de signaler qu’elle ne veut pas d’un traitement.

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"On a obligation de tenir compte de son avis. Mais un avis qui est basé sur le fait qu’elle soit informée sur tous les risques qu’elle court si éventuellement elle refuse un certain traitement", rappelle-t-elle.
"On sait que plusieurs femmes se plaignent de mauvais traitements souvent dans les maternités. Elles accouchent dans des conditions difficiles", confirme Mme Achi.
Là-dessus Mme Achi-Christelle a conseillé aux femmes enceintes pour bien mener leur grossesse à terme est de bien suivre leur grossesse.
"Les conseils qu’on peut donner à une femme pour mener sa grossesse à terme, il y en a plusieurs, mais le plus important c’est d’avoir un bon suivi de la grossesse", dit-elle.
Pour ce faire, il faut que la première consultation intervienne, poursuit-elle, "avant 12 semaines de grossesse, c’est-à-dire avant 3 mois".
"Ensuite, on a le suivi chaque mois, il faut respecter ses rendez-vous et accoucher aussi avec un personnel médical compétent et qualifié", conclut-elle.














