8 points clés à retenir sur les fuites du Pentagone

Crédit photo, Reuters
- Author, Par Paul Adams, Jean Mackenzie et Antoinette Radford
- Role, BBC News
Des nouvelles précisions relatives à l’affaire de la fuite des documents américains sont disponibles. Des images, des fichiers secrets sont apparus sur l'application de messagerie Discord depuis début mars.
Complets avec des chronologies et des dizaines d'acronymes militaires, les documents, certains marqués "top secret", divulguent des détails de la guerre en Ukraine et donnent également des informations sur la Chine et ses alliés.
Des responsables du Pentagone auraient déclaré que les documents étaient réels.
BBC News et d'autres organes de presse ont examiné les documents et voici quelques-unes des principales conclusions.
Le patron de l'ONU "trop accommodant" avec la Russie
Les États-Unis pensaient que la position du secrétaire général de l'ONU sur un accord clé sur les céréales compromettait les tentatives de tenir la Russie responsable de la guerre en Ukraine.
Antonio Guterres était trop disposé à préserver les intérêts russes, selon des documents qui disent que Washington le surveille de près.
Plusieurs documents décrivent des communications privées impliquant M. Guterres et son adjoint.
Un document divulgué se concentre sur l'accord sur les céréales de la mer Noire, négocié par l'ONU et la Turquie en juillet suite aux craintes d'une crise alimentaire mondiale.
Il révèle que M. Guterres tenait tellement à préserver l'accord qu'il était prêt à céder aux exigences de la Russie.
La Jordanie craignait des représailles chinoises contre Huawei
Alors que la majeure partie des documents divulgués concerne, la guerre en Ukraine, il y en a d'autres qui parlent de l’économie mondiale et des inquiétudes de Washington.
Trois documents basés sur des renseignements de fin février détaillent les discussions entre de hauts responsables jordaniens sur l'opportunité d'exclure ou non la société chinoise Huawei de ses plans de déploiement de la 5G.
Le prince héritier de Jordanie Hussein, en charge du déploiement, dit dans le document s'inquiéter des représailles de la Chine s'ils empêchent Huawei d'entrer.
Un autre document marqué top secret aborde le "développement des capacités en matière de cyberattaque" de la Chine.
Les responsables russes en désaccord par rapport au nombre de morts du côté de l’Ukraine
Des documents récemment découverts montrent que les responsables russes sont en désaccord. La pomme de discorde est le nombre de morts du camp adverse.
La principale agence de renseignement, le FSB, a « accusé » le ministère de la Défense du pays de minimiser l'impact humain de la guerre, selon les dossiers.
Ces découvertes montrent à quel point les agences américaines ont espionné les services secrets et militaires russes.
Des forces spéciales occidentales opérant à l'intérieur de l'Ukraine
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Un document, daté du 23 mars, fait état de la présence d'un petit nombre de forces spéciales occidentales opérant à l'intérieur de l'Ukraine, sans préciser leurs activités ni leur localisation. Le Royaume-Uni a le contingent le plus important (50), suivi de la Lettonie (17), de la France (15), des États-Unis (14) et des Pays-Bas (1).
Les gouvernements occidentaux s'abstiennent généralement de commenter des questions aussi sensibles, mais ce détail est susceptible d'être saisi par Moscou, qui a fait valoir ces derniers mois qu'il ne s'agissait pas seulement d'affronter l'Ukraine, mais aussi l'OTAN.
D'autres documents indiquent qu’une douzaine de nouvelles brigades ukrainiennes sont en cours de préparation pour une offensive qui pourrait commencer dans quelques semaines. Les documents énumèrent, en détail, les chars, les véhicules blindés et les pièces d'artillerie qui sont fournis par les alliés occidentaux de l'Ukraine.
Une carte comprend une chronologie qui évalue les conditions du sol dans l'est de l'Ukraine à mesure que le printemps avance.
Les États-Unis réduisent les espoirs d'une offensive en Ukraine
Selon le Washington Post, un document datant de début février aborde les chances réduites du succès de l'Ukraine lors de sa prochaine contre-offensive. Il affirme que c’est à cause des problèmes liés à la constitution et au maintien des forces de l’ordre.
Les difficultés de l'Ukraine à maintenir ses défenses aériennes sont également analysées, avec des avertissements datant de fin février selon lesquels Kiev pourrait manquer de missiles.

Crédit photo, Getty Images
L'Égypte prévoyait secrètement de fournir des fusées à la Russie
Le Washington Post a eu accès à un autre document datant de la Mi-Février, dans lequel il a découvert que l'Égypte prévoyait de produire en secret 40 000 fusées pour la Russie.
Selon le média, le président Abdul Fatah al-Sisi a demandé à ses fonctionnaires de garder la production et l'expédition secrètes "pour éviter les problèmes avec l'Occident".
Un fonctionnaire aurait déclaré qu'il "ordonnerait à son personnel de travailler par roulement si nécessaire parce que c'était le moins que l'Égypte puisse faire pour être redevable à la Russie de l'aide non spécifiée qu'elle lui avait apportée auparavant".
La nature de cette aide n'est pas claire. En janvier, Reuters a rapporté que la part de la Russie dans les importations de blé égyptiennes avait augmenté en 2022, peut-être qu’il s’agit de cela.
Rien n'indique que l'Égypte - bénéficiaire de l'aide américaine à la sécurité, d'une valeur d'environ 1 milliard de dollars par an - ait donné suite à la proposition de vente à la Russie.
Un fonctionnaire anonyme cité par les chaînes d'information égyptiennes a qualifié l'allégation de "totalement infondée" et a déclaré que Le Caire ne prenait pas parti à la guerre.
Kremlin a qualifié cette allégation de "canular" et la Maison Blanche a déclaré qu'il n'y avait "aucune indication" que l'Égypte fournissait des armes létales à la Russie.
La Corée du Sud préoccupée par la vente d'armes destinées à l'Ukraine
Un document classifié, consulté par la BBC, révèle que la Corée du Sud était préoccupée par la vente d'armes destinées à l'Ukraine.
Le rapport, basé sur le renseignement d'origine électromagnétique, détaille une conversation sensible entre des conseillers à la sécurité nationale.
Ils se sont tiraillés sur des questions relatives à la pression exercée par les États-Unis pour envoyer des munitions à l'Ukraine et leur politique qui consiste à ne pas armer les pays en guerre.
L'un des conseillers suggère d'envoyer plutôt les obus à la Pologne, afin de ne pas donner l'impression d'avoir cédé face aux États-Unis.
Dans le cadre d'un accord de réapprovisionnement conclu l'année dernière, Séoul a insisté sur le fait que les États-Unis ne pouvaient pas transmettre les obus à l'Ukraine. Séoul s'est montré réticent à l'idée d'armer l'Ukraine, de peur de contrarier la Russie.
La fuite a suscité des inquiétudes en matière de sécurité à Séoul, les politiciens de l'opposition se demandant comment les États-Unis ont pu intercepter une conversation aussi secrète.
La Chine a procédé à des essais d'armes nucléaires
Le Washington Post a également découvert que Pékin avait testé l'un de ses missiles expérimentaux - le DF-27, un engin de vol plané hypersonique - le 25 février.
Le missile a volé pendant 12 minutes sur une distance de 2 100 km, selon les documents.












