CAN 2025 : le sacre annoncé des entraîneurs africains Pape Thiaw (Sénégal), Hossam Hassan (Égypte), Walid Regragui (Maroc) ou Éric Chelle (Nigéria)

Photo montage avec les quatre sélectionneurs Pape Thiaw (Sénégal), Hossam Hassan (Égypte), Walid Regragui (Maroc) et Éric Chelle (Nigéria)

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Légende image, Pour la première fois de l'histoire de la Coupe d'Afrique des Nations, les quatre demi-finalistes du tournoi sont dirigés par des entraîneurs africains.
    • Author, Ousmane Badiane

Qui de Pape Thiaw (Sénégal), Hossam Hassan (Égypte), Walid Regragui (Maroc) ou Éric Chelle (Nigéria), succédera à Djamel Belmadi (2019), Aliou Cissé (2022) et Émerse Faé (2024) ?

La question n'est plus de savoir si un entraîneur africain remportera la Coupe d'Afrique des nations 2025, mais lequel. Depuis la fin des quarts de finale, une certitude s'impose : le trophée continental restera entre les mains d'un technicien du continent. Une première historique qui consacre une tendance de fond dans le football africain moderne.

Pour la première fois depuis la création de la CAN en 1957, les quatre demi-finalistes, Sénégal, Égypte, Nigéria et Maroc, sont tous dirigés par des entraîneurs africains.

Entre Pape Thiaw, Éric Chelle, Hossam Hassan et Walid Regragui, l'un d'eux sera champion d'Afrique le 18 janvier 2026, au terme d'une édition qui marque un tournant structurel dans le management technique du football de sélection en Afrique.

Depuis 2019, la Coupe d'Afrique des Nations est marquée par une tendance lourde : la suprématie des entraîneurs africains. Djamel Belmadi a mené l'Algérie au sacre en 2019, Aliou Cissé a offert au Sénégal son premier titre en 2021, et Émerse Faé a conduit la Côte d'Ivoire au triomphe en 2023.

Trois sacres consécutifs qui ont mis en lumière la pertinence du choix de faire recours à l'expertise locale, du leadership enraciné et de l'intelligence tactique des techniciens du continent.

Au-delà du symbole, la CAN 2025 marque un tournant majeur dans le football et la confirmation d'une tendance irréversible.

Le football africain s'émancipe, affirme ses propres modèles et démontre que ses techniciens sont désormais capables de rivaliser avec les meilleurs, non seulement sur le continent mais aussi à l'échelle mondiale.

Une domination progressive

Le sélectionneur du Maroc, Walid Regragui, s'entretient avec le défenseur n° 2 Achraf Hakimi lors du match des huitièmes de finale de la Coupe d'Afrique des Nations 2025 opposant le Maroc à la Tanzanie au stade Prince Moulay Abdallah de Rabat, le 4 janvier 2026.

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La CAN 2025 n'a pas seulement produit un constat final inédit à ce niveau, elle raconte une montée en puissance méthodique des entraîneurs africains à chaque étape de la compétition.

Phase de groupes : sur les 24 équipes engagées, 15 étaient dirigées par des sélectionneurs africains.

Huitièmes de finale : 11 entraîneurs africains sur 16 équipes qualifiées.

Quarts de finale : 6 coachs africains sur 8, seuls le Belge Tom Saintfiet (Mali) et le Suisse Vladimir Petkovic (Algérie) faisant figure d'exception.

Demi-finales : 4 sur 4. Une première absolue.

Cette progression n'est ni accidentelle ni conjoncturelle. Elle traduit une évolution profonde : les entraîneurs africains ne sont plus des solutions par défaut, mais des choix stratégiques, capables de gérer la haute pression, d'installer des projets tactiques cohérents et de performer sur la durée.

Victor Osimhen (Nigeria) échange quelques mots avec Eric Chelle, sélectionneur du Nigeria, lors du quart de finale de la Coupe d'Afrique des Nations opposant l'Algérie au Nigeria au stade de Marrakech, le 10 janvier 2026.

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Depuis près d'une décennie, le sommet du football africain appartient déjà aux techniciens du continent. Après le sacre du Cameroun d'Hugo Broos en 2017 (dernier sélectionneur non africain titré), la CAN est entrée dans une nouvelle ère.

2019 : Djamel Belmadi offre à l'Algérie un titre maîtrisé, bâti sur une identité claire et une gestion mentale solide.

2021 : Aliou Cissé mène le Sénégal à sa première étoile, au terme d'un cycle de dix ans fondé sur la patience et la continuité.

2023 : Émerse Faé renverse une situation compromise pour conduire la Côte d'Ivoire au sacre à domicile.

La CAN 2025 prolongera cette série : quatrième édition consécutive remportée par un entraîneur africain, une première dans l'histoire de la compétition.

Hossam Hassan et le poids de l'histoire

L’attaquant égyptien Hossam Hassan (9), légende du football national à 40 ans, brandit le trophée célébrant la victoire de son équipe face aux Éléphants de Côte d’Ivoire (4-2 aux tirs au but) lors de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN), disputée au Caire le 10 février 2006.

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Parmi les quatre demi-finalistes, un coach sort du lot, Hossam Hassan. L'actuel sélectionneur de l'Égypte fait partie d'un cercle très fermé de légendes africaines.

A ce jour, seuls deux hommes ont remporté la CAN comme joueurs puis comme sélectionneurs : l'Égyptien Mahmoud El-Gohary et le Nigérian Stephen Keshi.

Hossam Hassan qui a déjà soulevé le trophée trois fois comme joueur (1986, 1998, 2006) pourrait les rejoindre au firmament du football continental.

En cas de sacre le 18 janvier 2026, il entrerait définitivement dans l'histoire du football africain, en incarnant la transmission entre générations.

Le sélectionneur des Pharaons, est le meilleur buteur de l'histoire de l'équipe nationale égyptienne, avec 69 buts en 176 sélections, un record qui en fait l'un des joueurs les plus prolifiques d'Afrique.

Il a participé à sept éditions de la Coupe d'Afrique des Nations , remportant le titre à trois reprises (1986, 1998 et 2006). Son rôle décisif dans ces victoires a renforcé sa stature de héros national. Il pourrait devenir une légende vivante en cas de victoire finale à la CAN 2025.

Pape Thiaw comme Aliou Cissé ?

Pape Thiaw, sélectionneur du Sénégal, félicite Sadio Mané et Ibrahim Mbaye, joueurs sénégalais, pour leur victoire lors du huitième de finale de la Coupe d'Afrique des Nations opposant le Sénégal au Soudan au stade Ibn Batouta, le 3 janvier 2026 à Tanger, au Maroc.

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Et si l'histoire se répétait ? Quatre ans après le sacre historique d'Aliou Cissé à Yaoundé, le Sénégal se retrouve à nouveau à deux matchs d'un titre continental sous la conduite d'un entraîneur local. Cette fois, le visage est différent, mais la trajectoire semble familière.

Révélé au plus haut niveau lors du CHAN 2022, qu'il remporte avec le Sénégal avant de rejoindre le staff national, Thiaw accède au poste de sélectionneur en décembre 2024 avec pour mission de faire aussi bien que son prédecesseur au poste.

Pape Thiaw incarne aujourd'hui la continuité d'un modèle sénégalais patiemment construit et qui repose sur des piliers solides : stabilité, compétences technic-tactiques, connaissance intime du vestiaire et gestion humaine.

Comme Aliou Cissé en 2021, Pape Thiaw memebre de la génération de 2002, a l'opportunité historique de mener les Lions de la Teranga vers un nouveau sacre continental, confirmant la suprématie des entraîneurs locaux.

Au-delà des noms et des trophées, la CAN 2025 entérine une réalité : la compétence n'est plus importée, elle est locale.

Les entraîneurs africains maîtrisent désormais les codes modernes du jeu, tout en disposant d'un avantage décisif : la connaissance intime des contextes culturels, psychologiques et sociaux de leurs sélections.

Walid Regragui, Pape Thiaw, Éric Chelle ou Hossam Hassan ne représentent pas une exception, mais une norme émergente. Ils façonnent une nouvelle hiérarchie où l'expertise africaine s'impose, non par effet de mode mais par des résultats visibles sur la durée.