Pourquoi le concert "Solidarité Congo" a-t-il été reporté ?

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- Author, Maty Sy et Isidore Kouwonou
Prévu pour le 7 avril 2025 à Paris, le concert "Solidarité Congo" devrait réunir les stars du rap et de la musique urbaine. Gims, Youssoupha, Dadju et Gazo sont des têtes d'affiche de ce concert.
Mais jeudi, les organisateurs ont annoncé le report de cet événement. « C'est avec regret, mais aussi responsabilité, que nous annonçons le report du concert », ont-ils indiqué sur Instagram.
Ce report est finalement intervenu suite aux polémiques que ce concert a suscité dans le monde depuis qu'il a été annoncé. Et c'est la date de sa tenue qui pose problème, même si le projet a été jugé noble au départ.
« Cette décision nous est imposée par les autorités administratives », regrettent les organisateurs qui avaient maintenu le concert malgré les polémiques autour de sa date.
La date du 7 avril choisie pour le concert est aujourd'hui au cœur d'une vive controverse, mettant en lumière des tensions entre les communautés congolaise et rwandaise.
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Les arguments des organisateurs sur leur choix

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Il n'a pas été facile pour les organisateurs d'accepter ce report. Puisqu'ils avaient maintenu l'événement pour le 7 avril malgré tout.
Face à la polémique, les organisateurs du concert réfutent toute volonté de provocation.
Ils ont indiqué que la date du 7 avril a été choisie en fonction de la disponibilité des artistes et de la salle et non pour entrer en conflit avec la mémoire du génocide rwandais.
Leur argument principal reste le caractère humanitaire du concert : récolter des fonds pour les enfants touchés par le conflit à l'est de la RD Congo.
Le porte-parole du gouvernement congolais, Patrick Muyaya, a également pris la parole pour défendre l'événement.
« C'est un événement de solidarité qui ne peut pas être politisé… la date du 7 avril a été choisie en fonction de la disponibilité des artistes, donc c'est une coïncidence » dit-il.

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Pression sur les organisateurs
L'objectif de ce concert est de récolter des fonds pour les enfants victimes de la guerre dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC).
Il a d'ailleurs été soutenu au départ par l'UNICEF à qui les fonds récoltés devrainet être versés pour venir en aide aux enfants touchés par la crise en RDC.
Mais les protestations de la communauté rwandaise de France quant à la date choisie pour l'initiative, ont fini par convaincre le préfet de police de Paris qui a demandé son report.
Entre-temps, devant l'ampleur de la polémique, la mairie de Paris a demandé au préfet d'envisager une interdiction de l'événement.
Laurent Nuñez a indiqué dans un message sur X que l'événement, « eu égard aux risques de troubles à l'ordre public » ne peut se maintenir à cette date. Le préfet de police de Paris a donc averti jeudi les organisateurs qu'il lancerait une procédure d'interdiction.
Le 7 avril, une date importante pour la communauté rwandaise

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Ce qui pose problème, ce n'est pas le concert en lui-même, mais sa date.
Le 7 avril est la Journée internationale de commémoration du génocide des Tutsis de 1994 au Rwanda.
Chaque année, des cérémonies sont organisées pour honorer la mémoire des 800 000 victimes, principalement issues de la minorité tutsie, massacrées en seulement 100 jours.
Pour plusieurs associations de la diaspora rwandaise en France, organiser un concert festif à cette date est une marque d'insensibilité.
Elles avaient demandé depuis plusieurs semaines le report de ce concert et avaient prévu de manifester devant la salle où devait se tenir l'événement, au vu de la charge symbolique du 7 avril.
« On est conscients de la liberté d'expression », avait déclaré le Président de la Communauté rwandaise de France, Christophe Renzaho à l'AFP.
Il avait ajouté que le maintien de ce concert serait « de la provocation » et avait averti ensuite les autorités municipales de Paris que « Si elles ne prennent pas leurs responsabilités, elles en assumeront les conséquences ».
L'UNICEF s'est aussi retiré

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Par ailleurs, l'UNICEF, initialement associé au concert, a retiré son soutien. Dans un communiqué, son bureau national au Rwanda a précisé :
« L'UNICEF ne recevra aucune recette de l'événement et aucune personne associée à l'UNICEF ne participe au concert ».
L'organisation onusienne a également réaffirmé son attachement aux principes humanitaires de neutralité, d'impartialité et d'indépendance.
L'agence onusienne indique n'être pas en mesure de bénéficier d'un concert caritatif organisé lors de la journée de commémoration du génocide qui a fait au moins 800.000 morts, majoritairement des Tutsis.
Le conflit actuellement à l'est de la RDC, une région frontalière avec le Rwanda, tire sa source dans le génocide des Tutsis en 1994.
Ce conflit a occasionné des violences meurtrières avec plusieurs groupes armés et certains pays voisins. Selon l'ONU, plus 100 000 personnes ont fui la zone.















