Vérification des faits du discours sur l'état de l'Union le plus long jamais prononcé par Trump

Crédit photo, Reuters
- Author, Jake Horton, Lucy Gilder & Tom Edgington
- Role, BBC Verify
- Temps de lecture: 7 min
Le président Donald Trump a prononcé son discours le plus long devant le Congrès - d'une durée d'une heure et quarante-sept minutes - et a déclaré aux parlementaires américains que "le pays est de nouveau en train de gagner", tout en vantant les réalisations de son administration.
L'économie américaine et le pouvoir d'achat étaient les thèmes centraux de ce discours, le plus long depuis des décennies. Trump a également abordé la question de l'immigration clandestine et la fin de plusieurs guerres à travers le monde.
BBC Verify a mené l'enquête.
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"Leurs politiques ont engendré les prix élevés. Nos politiques y mettent rapidement fin"
Les prix continuent d'augmenter, mais le taux d'inflation a ralenti depuis l'entrée en fonction de Trump au début de l'année dernière.
Il était de 2,4 % sur les douze mois précédant janvier 2026, contre 3 % durant la dernière année de mandat du président Biden.
Les prix ont fortement augmenté durant les deux premières années de mandat de Biden, atteignant un pic de 9,1 % en juin 2022, suite à l'invasion à grande échelle de l'Ukraine par la Russie, qui a contribué à l'inflation mondiale.
Trump a énuméré une liste de produits alimentaires, dont le bœuf, affirmant que son prix, "qui était très élevé, commence à baisser sensiblement".
Les prix du bœuf ont effectivement légèrement baissé le mois dernier, mais ils avaient augmenté de 15 % sur les douze mois précédant janvier 2026.
Il a également mis en avant la baisse de 34 % du prix des œufs au cours des douze derniers mois. Les prix des produits alimentaires ont globalement augmenté de 2,1 % au cours des douze mois précédant janvier 2026.
Certaines politiques de Trump ont été pointées du doigt pour avoir contribué à l'inflation : des économistes de l'université Harvard ont estimé que les droits de douane (taxes à l'importation) imposés par Trump en 2025 ont fait grimper le taux global d'inflation des prix à la consommation aux États-Unis (par rapport à son niveau initial) d'environ 0,92 point de pourcentage en janvier.
"L'essence… coûte désormais moins de 2,30 $ le gallon dans la plupart des États et même 1,99 $ le gallon dans certains endroits"
Au 24 février, le prix moyen national du gallon d'essence aux États-Unis était de 2,95 $, selon l'Automobile Association (AAA).
Le seul État affichant un prix proche de 2,30 $ le gallon, selon le site web de l'AAA, est l'Oklahoma, avec un prix moyen de 2,37 $ le gallon. Il s'agit de l'État où le prix moyen est le plus bas répertorié par l'AAA.
Pendant le discours de Trump, le site web GasBuddy a indiqué que les automobilistes pouvaient acheter de l'essence à moins de 2 $ le gallon dans seulement quatre stations-service (sur environ 150 000) aux États-Unis.
"Il y a aujourd'hui plus d'Américains qui travaillent qu'à aucun autre moment de l'histoire de notre pays"
Cette affirmation est correcte, mais il convient d'apporter d'autres précisions.
Plus de 158 millions de personnes étaient employées en janvier 2026, selon le Bureau des statistiques du travail (BLS) des États-Unis – un chiffre record.
Or, la population est la plus importante jamais enregistrée, avec plus de 342 millions d'habitants.
Le taux d'emploi des personnes âgées de 16 ans et plus aux États-Unis était de 59,8 % en janvier de cette année, en légère baisse par rapport aux 60,1 % de janvier 2025, date à laquelle Biden a quitté ses fonctions.
De plus, le taux de chômage est en légère hausse sous la présidence de Trump – passant de 4,1 % en décembre 2024 (le dernier mois complet du mandat de Biden) à 4,3 % en janvier 2026.
"En 12 mois, j'ai obtenu des engagements de plus de 18 000 milliards de dollars provenant du monde entier"
Aucune preuve publique ne justifie un chiffre aussi élevé.
Le site web de la Maison Blanche recense les "nouveaux investissements dans les secteurs manufacturier, technologique et des infrastructures américains" depuis le retour de Trump au pouvoir.
Son dernier total, mis à jour pendant la nuit, s'élève à 9 700 milliards de dollars (5 389 milliards FCFA), un montant certes important, mais bien inférieur aux affirmations du président.
Greg Auclair, statisticien au Peterson Institute for International Economics, a déclaré à BBC Verify qu'une hausse des investissements étrangers aux États-Unis avait été constatée au cours de l'année écoulée.
Il a toutefois précisé que le tableau de bord de la Maison Blanche "inclut des promesses qui pourraient ne jamais se concrétiser". Il a cité en exemple l'accord commercial avec l'UE, suspendu en raison des dernières menaces de Trump d'imposer des droits de douane.
"La tricherie est monnaie courante dans nos élections"
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Trump a réitéré cet argument familier en appelant les législateurs à adopter des exigences plus strictes en matière d'identification des électeurs afin d'"empêcher les étrangers en situation irrégulière de voter".
Cependant, rien ne prouve l'existence d'une fraude électorale "généralisée" aux États-Unis. Si la fraude existe, les données indiquent qu'elle est rare.
Au total, 1 620 cas avérés de fraude électorale aux États-Unis ont été recensés dans une base de données du think tank conservateur Heritage Foundation. Cette liste remonte à 1982.
BBC Verify a examiné les allégations de vote d'immigrants en situation irrégulière lors de la campagne pour l'élection présidentielle américaine de 2024 et, là encore, les études suggèrent que ces cas sont rares.
Par exemple, le Brennan Center for Justice, un think tank à tendance progressiste, a analysé les résultats de l'élection de 2016 dans 12 États. Sur 23,5 millions de votes comptabilisés, seuls 30 cas suspects de vote de non-citoyens ont fait l'objet d'une enquête plus approfondie.
"Au cours des neuf derniers mois, aucun étranger en situation irrégulière n'a été admis aux États-Unis"
S'il faisait référence aux migrants libérés après avoir franchi la frontière américaine, alors c'est exact.
Un communiqué de presse du Département de la Sécurité intérieure (DHS) publié au début du mois indiquait que "pour le neuvième mois consécutif, la police des frontières américaine n'a libéré aucun étranger en situation irrégulière sur le territoire américain".
Sous l'administration Trump, la police des frontières a néanmoins enregistré plusieurs milliers de passages illégaux chaque mois, les derniers chiffres faisant état de 6 070 interpellations à la frontière sud-ouest en janvier 2026.
Ce chiffre représente toutefois une baisse significative par rapport à la même période il y a deux ans, sous la présidence de Joe Biden, où 124 215 interpellations avaient été recensées en janvier 2024.
"Au cours de mes dix premiers mois, j'ai mis fin à huit guerres"
La Maison Blanche recense les "guerres" qui ont opposé Israël et le Hamas, le Pakistan et l'Inde, le Rwanda et la République démocratique du Congo (RDC), la Thaïlande et le Cambodge, l'Arménie et l'Azerbaïdjan, l'Égypte et l'Éthiopie, ainsi que la Serbie et le Kosovo.
Bien que Trump puisse s'attribuer le mérite d'avoir négocié un cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, il est inexact d'affirmer qu'il a mis fin à huit guerres.
Nombre de ces "guerres" n'ont duré que quelques jours, bien qu'elles soient le fruit de tensions anciennes.
Dans un cas précis, la "guerre" entre l'Égypte et l'Éthiopie portait sur un différend relatif à la construction d'un barrage et n'a donné lieu à aucun affrontement direct.
Des combats ont également eu lieu entre le Rwanda et la RDC, après la signature d'un accord de paix à Washington.
L'Inde a par ailleurs minimisé le rôle des États-Unis dans la résolution de son bref conflit avec le Pakistan.

























