Le Sénégal réagit aux sanctions de Trump visant un magistrat sénégalais travaillant à la CPI

Ousmane Sonko

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Légende image, Ousmane Sonko affirme apporter ''un soutien personnel, total et indéfectible à notre compatriote, dont j'ai pu apprécier l'engagement profond envers les principes fondamentaux et sacrés de la justice''.

Le Gouvernement sénégalais réagit à l'annonce de nouvelles sanctions américaines contre des magistrats de la Cour Pénale Internationale (CPI), dont un magistrat sénégalais officiant dans cette juridiction internationale basée à La Haye (Pays-Bas).

A travers un communiqué, le ministère de l'Intégration africaine et des Affaires étrangères, le Sénégal ''invite les autorités américaines à retirer les sanctions contre des magistrats de la Cour Pénale Internationale (CPI)'' dont un magistrat sénégalais, Mame Mandiaye Niang.

Dakar estime que ''ces sanctions constituent une grave atteinte au principe de l'indépendance de la justice et au droit des Magistrats de la Cour d'exercer de façon libre et sereine le mandat qui leur est confié par les 125 Etats membres parties au statut de la CPI''.

Le gouvernement a exprimé dans le même document sa ''pleine solidarité à Mame Mandiaye Niang'', magistrat sénégalais, procureur adjoint de la CPI.

Après la réaction du gouvernement sénégalais, le premier ministre Ousmane Sonko a félicité le Président Bassirou Diomaye Faye, pour son ''leadership éclairé et sa position ferme en soutien à la Cour pénale internationale, et tout particulièrement à notre compatriote Mame Mandiaye Niang''.

Ousmane Sonko affirme apporter ''un soutien personnel, total et indéfectible à notre compatriote, dont j'ai pu apprécier l'engagement profond envers les principes fondamentaux et sacrés de la justice''.

Le gouvernement du Sénégal, son pays, dit-il, se ''tiendra résolument à ses côtés pour faire face à ces mesures injustes et infondées des États Unis d'Amérique''.

Donald Trump

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En quoi consistent les sanctions américaines contre des juges de la CPI ?

Les mesures de sanctions rendues public mercredi par le gouvernement américain avaient été annoncées en juin dernier.

Elles consistent principalement en une interdiction d'entrée sur le sol américain et un gel des avoirs éventuels détenus aux Etats-Unis, ainsi que toute transaction financière avec les personnes visées par les sanctions.

Que reprochent les Etats Unis aux magistrats de la CPI ?

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Les États-Unis reprochent aux quatre juges de la CPI d'avoir "directement participé aux efforts déployés par la CPI pour enquêter, arrêter, détenir ou poursuivre des ressortissants des Etats-Unis ou d'Israël, sans le consentement de l'un ou l'autre de ces pays".

"Aujourd'hui, je désigne Kimberly Prost (Canada), Nicolas Guillou (France), Nazhat Shameem Khan (Fidji) et Mame Mandiaye Niang (Sénégal) ", pour avoir "directement participé aux efforts déployés par la CPI pour enquêter, arrêter, détenir ou poursuivre des ressortissants des États-Unis ou d'Israël, sans le consentement de l'un ou l'autre de ces pays", a déclaré dans un communiqué publié mercredi le secrétaire d'État américain, Marco Rubio.

Le secrétaire d'État américain souligne que les États-Unis "ont clairement et fermement exprimé leur opposition à la politisation de la CPI", et a qualifié de "menace pour la sécurité nationale'' les démarches entreprises par la CPI contre des soldats américains et contre Benjamin Netanyahou et Yoav Gallant.

Diverses procédures ont en effet été engagées par la CPI contre des soldats américains suspectés d'avoir commis de présumés crimes de guerre en Afghanistan durant la période 2001-2021.

Par ailleurs la CPI a émis également deux mandats d'arrêt contre le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu et son ancien ministre de la Défense Yoav Gallant, pour ''crimes de guerre et crimes contre l'humanité'' dans le cadre l'offensive israélienne à Gaza depuis l'attaque du Hamas du 7 octobre 2023.

CPI

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La réaction de la CPI

Dans un communiqué la Cour pénale internationale qualifie les sanctions américaines d'attaque "flagrante". Elle qualifie « d'affront envers les États membres de la Cour, l'ordre international fondé sur des règles et, surtout, des millions de victimes innocentes à travers le monde", les mesures de sanctions américaines contre ses magistrats.

"La CPI continuera à remplir ses mandats en stricte conformité avec son cadre juridique, sans tenir compte des pressions ou des menaces", note le communiqué de la Cour qui fait l'objet d'attaques souvent de la part de l'administration Trump.

Les Etats Unis avaient sanctionné en février dernier le procureur de la CPI, le britannique Karim Khan qui s'est mis volontairement en congés en mai dernier après des accusations d'harcèlement sexuel.

Au cours de son premier mandat, Donald Trump, avait également ciblé à travers des sanctions l'ancienne procureure de la CPI, la gambienne Fatou Bensouda. Des sanctions levées par la suite à l'arrivée de Joe Biden.