Kampala épinglé pour tortures policières

Crédit photo, BBC World Service
Selon les défenseurs des droits de l’homme, les cas de torture sont de plus en plus nombreux en Ouganda avec des centaines de personnes se plaignant en avoir été victimes.
Pour dénoncer ce qu'ils considèrent comme une situation inquiétante, des militants se sont réunis au centre-ville de Kampala pour alerter l’opinion publique.
L'Ouganda a adopté en 2012 une loi qui renforce la responsabilité pénale des tortionnaires, mais cela semble n'avoir eu aucune conséquence puisque les exactions policières restent fréquentes.
Le Centre africain de traitement et de réhabilitation des victimes de tortures voit passer quotidiennement plusieurs victimes de violence policière.
Alex Kigoye, aide-soignant dans ce centre, indique que 80% de ses patients disent avoir été torturés par des policiers.
"Chaque jour, nous recevons entre cinq et dix patients, victimes de tortures," explique Kigoye. "Ce sont des gens qui ont souffert en détention, qui ont été battus en détention. Nous avons beaucoup de cas de violences qui ont eu lieu au cours d’arrestations et durant des interrogatoires".
Kato, une victime, comme des milliers d’autres, attend aujourd’hui les compensions financières promises par l’Etat qui endosse la responsabilité de ce type d’entorse à la législation.
Mais depuis 2012, une nouvelle loi oblige les policiers qui ont commis ces tortures à payer l’indemnisation des victimes.
Celle-ci a pour objectif de responsabiliser le corps policier. Mais la loi reste encore peu efficace, explique Agaba Maguru, président de la commission ougandaise pour les droits de l’Homme selon lequel les policiers ne sont pas formés.
"Lorsqu’ils reçoivent des suspects, au lieu de les interroger calmement, paisiblement, parfois, ils les frappent jusqu’à ce qu’ils leur disent ce qu’ils veulent entendre," s'indigne Agaba Maguru.
Les tortures représentaient en 2013 plus de 30% des cas de violations des droits de l’homme en Ouganda. Ce chiffre pourrait être dans les faits beaucoup plus important.
La commission des droits de l’homme estime que de nombreux cas, notamment dans les zones rurales, ne sont jamais rapportés.












