Mali: Sanogo interpellé

Amadou Sanogo, le 31 mars 2012, pendant le coup d'Etat.
Légende image, Amadou Sanogo, le 31 mars 2012, pendant le coup d'Etat.

Le général Amadou Sanogo, auteur du coup d'Etat de mars 2012 au Mali, a été interpellé mercredi à son domicile de Bamako par des militaires pour être conduit devant un juge d'instruction.

Le juge souhaite l’entendre sur les exactions commises par ses hommes.

Selon l’AFP, plusieurs dizaines de soldats maliens armés ont pénétré au domicile de Sanogo dans le centre de Bamako et en sont ressortis peu après en l'emmenant à l'arrière d'un véhicule, selon ce journaliste.

"Il ne voulait pas se rendre devant la justice, nous venons donc d'exécuter un mandat d'amener" a déclaré à l'AFP un militaire présent sur les lieux.

Il y a une semaine, le Front uni pour la sauvegarde de la démocratie et de la République (FDR), coalition de partis et organisations qui s'étaient opposés au coup d'Etat, s'était déclaré "profondément indigné" que le général Sanogo ne réponde pas à une convocation de la justice.

Violences

L'ancien chef de la junte militaire au Mali avait été promu général il y a un peu plus de trois mois.

Il avait été appellé à comparaitre la semaine derniere, mais avait refuser de se presenter devant le juge.

Le tombeur d'Amadou Toumani Touré est convoqué par la justice pour des violences imputées à ses hommes, notamment les morts de la mutinerie du 30 avril et 1er mai 2012 contre sa junte et pour toutes les violences perpétrées sous son règne.

Des soldats fidèles au général Sanogo sont aussi soupçonnés d'avoir réprimé d'autres militaires qui s'étaient mutinés de septembre 2013 pour protester contre les nombreux avantages accordés à leur ancien patron promu général quatre étoiles en août.

Ces anciens compagnons de l'ex-capitaine réclamaient eux aussi des promotions et des primes impayées.

Après des mouvements d'humeur dans la ville garnison de Kati, à une quinzaine de kilomètres de Bamako, d'où était parti le putsch de mars 2012, Amnesty International et des familles de militaires ont rapporté la mort par torture d'au moins trois soldats.

Un quatrième, un colonel, est toujours porté disparu.

Signe du mauvais temps pour Sanogo, l'ancien aide de camp de l'ex-président malien Amadou Toumani Touré a récemment été libéré après seize mois de détention.

Le colonel Abidine Guindo avait été accusé d'avoir mené la tentative de contre-coup d'Etat contre les auteurs Sanogo de mars 2012.