Londres indemnise les Mau Mau

Le gouvernement britannique va indemniser des milliers de Kényans victimes de tortures lors de l’insurrection Mau Mau des années 50 contre l’administration coloniale britannique au Kenya, a annoncé le ministre britannique des Affaires étrangères, William Hague.
Devant la Chambre des communes jeudi, William Hague a déclaré que le gouvernement verserait 23,5 millions d’euros à 5.228 victimes défendues par un cabinet d'avocats londoniens.
Cela représente environ 4.500 euros par personne.
William Hague a exprimé les "sincères regrets" de Londres aux Kényans, n’allant pas jusqu’à présenter des excuses.

“Le gouvernement reconnaît que des Kenyans ont été soumis à des tortures et à d'autres formes de mauvais traitements entre les mains de l'administration coloniale (...) et regrette sincèrement que ces abus aient eu lieu", a-t-il déclaré.
Un avocat des victimes, Martyn Day, a estimé que le moment était significatif: “Cela demande du courage d’admettre publiquement pour la première la nature terrible du passé de la Grande-Bretagne au Kenya”.
“Les victimes âgées de la torture ont enfin la reconnaissance et la justice qu’elles recherchaient depuis depuis de nombreuses années”.
Un des survivants, Mwai Wanughigi, a déclaré à la BBC que le montant de la compensation financière était inadéquat.
Londres avait initialement argumenté que la responsabilité légale des tortures des autorités coloniales avaient été transférées à la République du Kenya à son accession à l’independance en 1963.
Après une longue bataille juridique, la Haute cour britannique avait jugé recevable en octobre dernier la plainte de quatre anciens Mau Mau.
Les Mau Mau, une guérilla, avaient commencé une violente campagne contre les colons blancs en 1952.
La rébellion avait finalement été écrasée par le gouvernement colonial britannique.
Selon la Commission kényane des droits de l’homme, 90.000 Kényans ont été exécutés, torturés ou mutilés, et 160.000 personnes détenues dans des conditions effroyables.












