La fin d'une longue carrière

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Laurent Gbagbo a passé un peu plus de dix ans au pouvoir, mais il avait aussi longtemps été dans l'opposition.
Celui qui fut l'opposant au président Félix Houphouët-Boigny a commencé sa carrière comme professeur d'histoire et syndicaliste.
Son rôle dans l'opposition, à l'époque du parti unique, lui valu plusieurs séjours en prison et ainsi que six ans d'exil en France.
Au début des années 80, Laurent Gbagbo crée un parti socialiste, le Front populaire ivoirien ou FPI.
La formation vit dans la clandestinité jusqu'à l'avènement du multipartisme en 1990.
En 1995, le FPI boycotte le scrutin présidentiel - remporté par le successeur d'Houphouet, Henri-Konan Bédié.
L'élection présidentielle suivante est organisée en 2000, après une parenthèse d'un an de régime militaire.
Elle oppose Laurent Gbagbo au chef de la junte, le général Robert Gueï.
Les candidats des autres grands partis - dont Alassane Ouattara - ont été écartés du scrutin.
Le chef du FPI qualifie lui-même l'élection de "calamiteuse" : au lendemain du vote, et alors que le décompte des voix est suspendu par les militaires, les partisans de Laurent Gbagbo descendent dans les rues pour chasser le général Gueï, qui s'est autoproclamé président.
Dans les jours qui suivent des violences font de nombreux morts - plus de 50 corps sont notamment découverts dans un charnier à Yopougon.
Moins de deux ans apres son élection, Laurent Gbgabo est confronté à une tentative de coup d'Etat ; la crise tourne au conflit ouvert et la Côte d'Ivoire se retrouve coupée en deux, la rébellion des Forces Nouvelles occupant la moitié nord.
Les élections prévues en 2005 ne peuvent pas avoir lieu et Laurent Gbagbo reste au pouvoir, en dépit de la fin officielle de son mandat.
De report en report - de négociations en accords de paix, la présidentielle est finalement organisée en novembre dernier, soit dix ans après l'arrivée à la présidence de Laurent Gbagbo.
Fin politicien pour ses admirateurs, "roublard et sans scrupules" pour ses ennemis, son slogan pendant la campagne était "On gagne ou on gagne"












