Cyril Ramaphosa : il échappe à l'ouverture d'une procédure de destitution à son encontre

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- Author, Par Nomsa Maseko
- Role, BBC News, Johannesburg
Les députés lors d'une séance spéciale du parlement sud-africain ont voté le rejet de l'ouverture d'une procédure de destitution contre le président Cyril Ramaphosa.
Le président a été accusé d'avoir dissimulé le vol d'une importante somme de devises étrangères dans sa ferme en 2020, dont certaines avaient été cachées dans un canapé.
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Le débat avant le vote s'est concentré sur un rapport indépendant concluant qu'il avait peut-être violé la constitution.
M. Ramaphosa, qui est candidat à la réélection à la tête de l'ANC, nie tout acte répréhensible.
Les détails du vote
Le Congrès national africain avait dit à ses députés de bloquer une éventuelle destitution - bien qu'une poignée d'entre eux aient rompu les rangs et se soient rangés du côté des partis d'opposition pour accepter le rapport et laisser place à une procédure de destitution.
Maintenant que M. Ramaphosa a survécu au vote, on pense qu'il est susceptible d'être réélu lors de la conférence de son parti, qui commence vendredi. Il sera alors en pole position pour devenir le candidat présidentiel de l'ANC lors de la prochaine élection en 2024.

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La séance de discussion du rapport, qui a été commandée à un panel d'experts juridiques, s'est ouverte sur une discussion sur l'opportunité de voter en secret pour les députés, ce que l'orateur avait rejeté.
À la fin du débat, les noms des députés individuels ont été lus et chaque député a enregistré verbalement son vote. M. Ramaphosa avait besoin d'une majorité simple au parlement de 400 membres pour annuler les mesures de destitution.
Le dirigeant de 70 ans a nié tout acte répréhensible qualifiant le rapport, qu'il a contesté devant la Cour constitutionnelle, de "défectueux".
M. Ramaphosa est devenu président en 2018 en s'engageant à lutter contre la corruption. Il a remplacé Jacob Zuma, dont le mandat avait été entaché par de nombreuses allégations de ce type.
Quel est ce scandale qui a éclaboussé Ramaphosa ?
Ce scandale a éclaté en juin, lorsqu'un ancien chef d'espionnage sud-africain, Arthur Fraser, allié de Zuma, a déposé une plainte auprès de la police accusant le président d'avoir caché un vol de 4 millions de dollars (2 milliards 400 millions F CFA) en espèces dans sa ferme de Phala Phala en 2020.

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M. Ramaphosa a admis que de l'argent, qui avait été caché dans un canapé, avait été volé, mais a déclaré qu'il s'agissait de 580 000 dollars (35 999 1326 F CFA) et non de 4 millions de dollars.
Le président a déclaré que les 580 000 dollars provenaient de la vente de bisons, mais le panel, dirigé par un ancien juge en chef, a déclaré qu'il avait un "doute substantiel" quant à savoir si une vente avait eu lieu.
L'Afrique du Sud a des règles strictes sur la détention de devises étrangères, qui stipulent qu'elles doivent être déposées auprès d'un revendeur agréé tel qu'une banque avec 30 jours. Il semble que le président ait enfreint ces règles, selon le rapport du panel.
De plus, si l'argent provenait de la vente de bisons, comme il l'a dit, cet argent aurait dû être déclaré plutôt que conservé en espèces.
Dans sa soumission à la Cour constitutionnelle, M. Ramaphosa souhaite que les plus hauts juges du pays déclarent que les conclusions du panel sont illégales et annulées.
Le président fait valoir que le panel est allé au-delà de sa portée lorsqu'il a examiné s'il avait une affaire à répondre concernant le vol à la ferme.
Il demande également au tribunal de déclarer que toute mesure prise par le Parlement à la suite de la publication du rapport sera déclarée illégale et invalide.












