L’ANC soutient le président sud-africain Cyril Ramaphosa sur un rapport sur sa corruption présumée

Le Président Cyril Ramaphosa, tout souriant avec deux de ses collaborateurs

Crédit photo, Reuters

Légende image, Le Président Cyril Ramaphosa s'est entretenu avec la presse.

Les dirigeants du parti au pouvoir en Afrique du Sud ont soutenu le président Cyril Ramaphosa alors qu’il fait face à des allégations de corruption et à un éventuel vote au parlement sur sa destitution.

Il est arrivé au pouvoir en promettant de lutter contre la corruption, mais il est maintenant pris dans sa propre crise.

Un rapport indépendant a déclaré que M. Ramaphosa pourrait avoir enfreint la loi en dissimulant prétendument un vol dans sa ferme.

Il a nié tout acte répréhensible et son porte-parole a déclaré que le rapport était « erroné ». Le rapport, qui a été commandé à un groupe d’experts juridiques par le président, doit être débattu au parlement mardi prochain.

La direction du Congrès national africain (ANC) a déclaré qu’elle demanderait à ses députés, qui forment la majorité, de voter contre son adoption. Cela s’est produit après que M. Ramaphosa a contesté le rapport devant la Cour constitutionnelle du pays.

Plus tôt, le chef de l’opposition Economic Freedom Fighters, Julius Malema, a appelé à l’arrestation du président, alléguant qu’il avait commis un crime.

M. Ramaphosa n’a été inculpé de rien à ce stade.

Face à une situation économique difficile, les Sud-Africains observent le déroulement en se demandant comment cela pourrait les affecter et en attendant de voir si un autre président sera renversé par des allégations de corruption.

M. Ramaphosa est devenu président en 2018 après la démission de Jacob Zuma, dont le mandat avait été entravé par de nombreuses allégations de ce type.

L’ANC reste profondément divisé entre les partisans de M. Zuma et ceux qui soutiennent M. Ramaphosa.

Demande de révision du rapport

Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a officiellement déposé des documents judiciaires pour faire réviser un rapport selon lequel il aurait violé la constitution du pays.

M. Ramaphosa souhaite que la Cour constitutionnelle du pays déclare les conclusions du groupe d'experts illégales et les annule.

Il affirme en outre que le groupe a outrepassé sa mission en examinant s'il avait à répondre d'un vol commis dans sa ferme de Phala Phala.

Dans ces documents, le président demande également à la Cour de déclarer que toute mesure prise par le Parlement à la suite de la publication du rapport est illégale et invalide.

Le rapport doit être débattu par les membres du Parlement mardi. Les dirigeants des partis d'opposition ont déclaré qu'ils profiteraient de l'occasion pour demander la création d'une commission chargée d'examiner la mise en accusation du président par un vote.

Que reproche -t-on à Cyril Ramaphosa ?

Ignorer Promotion WhatsApp et continuer la lecture
BBC Afrique est sur WhatsApp

Des informations vérifiées à portée de main

Cliquez ici et abonnez-vous !

Fin de Promotion WhatsApp

Le scandale a éclaté en juin, lorsqu’un ancien chef d’espionnage sud-africain, Arthur Fraser, a déposé une plainte auprès de la police, accusant le président d’avoir caché un vol de 4 millions de dollars (2 milliards 400 millions F CFA) en espèces dans sa ferme de gibier de Phala Phala en 2020.

Cyril Ramaphosa a reconnu que de l’argent avait été volé, mais a déclaré qu’il s’agissait de 580 000 dollars et non de 4 millions de dollars.

Le Président a déclaré que les 580 000 dollars provenaient de la vente de buffles, mais le comité, dirigé par un ancien juge, a déclaré qu’il avait des « doutes ».

Les conclusions de la rencontre ont été remises au Parlement. Ce dernier doit les examiner et décider de lancer ou non une procédure de destitution contre le Président.

Samedi, le porte-parole de M. Ramaphosa, Vincent Magwenya, a déclaré que le président « ne démissionnait pas sur la base d’un rapport erroné, et qu’il ne se retirait pas ».

M. Ramaphosa subit la pression de l’opposition, ainsi que de ses rivaux au sein de l’ANC. Tous souhaitent qu’ils démissionne.

Cette affaire de vol est comme une épée de Damoclès au-dessus de la tête de Ramaphosa. Oui, car il est arrivé au pouvoir en promettant d’élucider les scandales de corruption qui avaient secoué le pays sous le régime de son prédécesseur, Jacob Zuma.

L’ANC est confrontée au syndrome du clanisme. D’un côté les partisans de Zuma, d’un autre ceux de Ramaphosa.

Cyril Ramaphosa risque d’être contesté par le parti. Son ancien ministre de la Santé, Zweli Mkhize, qui a également été accusé de corruption est dans la même situation. Néanmoins, Il nie les allégations.