Hijab : le Conseil de l'Europe retire ses tweets de promotion après la réaction des Français

Crédit photo, Council of Europe
La principale organisation européenne de défense des droits de l'homme a retiré les affiches d'une campagne de promotion du respect des femmes musulmanes qui choisissent de porter le foulard, après avoir suscité une polémique en France.
Le Conseil de l'Europe a publié les images la semaine dernière pour une campagne contre la discrimination contre les musulmans.
Le slogan d'une des publicités était le suivant : "la beauté est dans la diversité comme la liberté est dans le hijab".
Plusieurs hommes politiques français de premier plan ont condamné ce message, affirmant que le hijab ne représentait pas la liberté.
A ne pas surtout rater sur BBC Afrique :
Mais certaines femmes musulmanes qui portent le foulard estiment que cette réaction témoigne d'un manque de respect pour la diversité et le droit de choisir ce que l'on veut porter en France.
La ministre française de la jeunesse, Sarah El Haïry, se dit choquée par l'une des affiches, qui montre l'image divisée d'une femme portant un hijab et d'une autre ne le portant pas.
Dans une interview à la télévision française, la ministre laisse entendre que l'affiche encourage les femmes à porter le foulard.
Elle souligne que ce message va à l'encontre des valeurs laïques de la France, qui exprime sa désapprobation de la campagne.
Mercredi, le Conseil de l'Europe a signalé à la BBC que les tweets relatifs à la campagne avaient été supprimés "pendant que nous réfléchissons à une meilleure présentation de ce projet".
Un porte-parole explique que les tweets faisaient partie d'une campagne contre les discours de haine menée par le département de l'inclusion et de la lutte contre les discriminations du Conseil de l'Europe.
L'une des plus anciennes organisations politiques d'Europe, le Conseil de l'Europe a pour objectif de défendre les droits de l'homme, la démocratie et l'État de droit. Ses activités sont distinctes de celles de l'Union européenne, mais sont en partie financées par cette dernière.

Crédit photo, Council of Europe
La campagne est le produit de deux ateliers en ligne qui se sont tenus en septembre et ont été organisés en collaboration avec Femyso, un forum d'organisations de jeunes musulmans à travers l'Europe.
Le porte-parole du Conseil de l'Europe indique que le libellé de la campagne "reflète les déclarations individuelles des personnes qui ont participé à l'un des ateliers du projet".
Le porte-parole précise que ce message ne reflétait pas la position du Conseil de l'Europe ou de sa secrétaire générale, Marija Pejcinovic Buric.
La présidente de Femyso, Hande Taner, défend la campagne mercredi dans une interview accordée à la BBC.
Elle soutient que "la campagne elle-même est toujours en cours" mais a ajouté : "quant à savoir pourquoi le tweet a été supprimé, je ne peux pas parler au nom du Conseil de l'Europe."
Mme Taner ajoute qu'il est "vraiment triste que les efforts des jeunes issus de minorités soient attaqués et sapés" par des politiciens.
This article contains content provided by X. We ask for your permission before anything is loaded, as they may be using cookies and other technologies. You may want to read the X cookie policy and privacy policy before accepting. To view this content choose 'accept and continue'.
Fin de X publication, 1

Cette réaction est "un autre exemple de la façon dont les droits des femmes musulmanes sont inexistants pour ceux qui prétendent représenter ou protéger des notions telles que la liberté, l'égalité et la liberté", dit-elle.
L'intégration de tous les groupes de musulmans dans la société française est devenue une question politique de plus en plus importante ces dernières années.
La France accueille la plus grande minorité musulmane d'Europe, estimée à cinq millions de personnes.
En 2011, la France est devenue le premier pays européen à interdire le voile islamique intégral dans les lieux publics.
Les affiches du Conseil de l'Europe ont commencé à attirer l'attention des politiciens français des partis de gauche, de droite et du centre lundi.
Parmi ceux qui se sont exprimés figurent les principaux candidats à l'élection présidentielle de l'année prochaine.
Dans un tweet, le commentateur d'extrême droite Eric Zemmour, qui est en tête des sondages bien qu'il n'ait pas encore déclaré sa candidature, accuse la campagne de promouvoir "le voilement des Européens".
La candidate du Rassemblement national, Marine Le Pen, a tweeté : "c'est quand les femmes enlèvent leur voile qu'elles deviennent libres, et non l'inverse".
This article contains content provided by X. We ask for your permission before anything is loaded, as they may be using cookies and other technologies. You may want to read the X cookie policy and privacy policy before accepting. To view this content choose 'accept and continue'.
Fin de X publication, 2

Mlle Taner répond : "s'il y a une revendication de liberté, cette liberté devrait être universelle".
"Elle devrait inclure la liberté de choisir ce que l'on porte, mais aussi la liberté de choisir ce que l'on ne porte pas."
Mlle Taner affirme qu'en France, où la liberté est très appréciée, "il y a deux poids, deux mesures : cette liberté n'est pas protégée au même niveau" pour des groupes spécifiques, tels que les femmes musulmanes.
Vous pourriez aussi être intéressé par :













