Que sait-on de l'arrestation de huit membres d'une ONG internationale au Burkina Faso ?

Crédit photo, / AFP PHOTO / Ahmed OUOBA (Crédit photo : AHMED OUOBA/AFP via Getty Images)
- Author, Abdou Aziz Diédhiou
- Role, BBC News Afrique
Lors d'une conférence de presse tenue mardi à Ouagadougou, le ministre burkinabé de la Sécurité, Mahamadou Sana, a révélé l'arrestation de huit membres de International NGO Safety Organisation (INSO), une ONG internationale qui s'active au Burkina Faso depuis 2019. L'ONG dont le siège se trouve à La Haye (Hollande) est accusée ''d'espionnage et de subversion'' au profit de puissances étrangères.
Qui sont les personnes arrêtées ?
Il s'agit en l'occurrence du directeur pays de l'ONG, de nationalité française dont l'arrestation est intervenue en fin juillet dernier. D'autres responsables de l'ONG parmi lesquels, la directrice adjointe, une franco-sénégalaise, le directeur global des programmes, de nationalité tchèque, un travailleur malien et quatre membres du personnel de nationalité burkinabé ont été également arrêtés et placés sous mandat de dépôt.
De quoi est accusée l'ONG INSO ?

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Basée à la Haye au Pays-Bas, l'ONG INSO intervient au Burkina Faso depuis 2019, dans le domaine de la formation des ONG Humanitaires en matière de sécurité.
Pour le ministre burkinabé de la sécurité, Mahamadou Sana, ''INSO se livrait à une collecte systématique de tout type d'informations en lien avec les activités sécuritaires, politiques et administratives du pays en violation de la législation en vigueur dans le pays''.
''Les investigations ont révélé que INSO, avec l'aide de certains Burkinabés, parvenait à recenser soigneusement les itinéraires, les mouvements et la composition des convois militaires et/ou de ravitaillement des villes, alors que ces données sont tenues secrètes dans l'intérêt de la défense nationale'', a souligné le ministre burkinabé de la sécurité.
Il a déclaré au cours de sa conférence de presse que l'ONG ''répertoriait les moyens militaires déployés pour sécuriser un convoi donné en collectant les informations sur le nombre d'éléments, de véhicules, d'armes lourdes, de motos, (…) surtout que ses activités de collecte d'informations étaient orientées sur les zones d'opération, notamment les positions des unités ainsi que les interventions des Forces de défense et de sécurité et des Volontaires pour la défense de la patrie sur le terrain''.
INSO parvenait, dit-il à ''prendre avec précision les coordonnées GPS des lieux d'accrochage des FDS avec les terroristes et les positions des incidents aux EEI. Ne se limitant pas au Burkina Faso, elle utilisait ses réseaux pour collecter, à partir de notre pays, les mêmes types d'informations sur le Mali'', a poursuivi le ministre de la sécurité du Burkina Faso.
Pour les autorités burkinabé, ''INSO est une ONG étrangère, dirigée par des étrangers, qui collectait et fournissait des informations sécuritaires sensibles pouvant être préjudiciables à la sécurité nationale et aux intérêts du Burkina Faso, à des puissances étrangères''.
Réponses de l'ONG INSO

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''Les accusations portées par le Ministre de la Sécurité sont extrêmement préoccupantes'' a estimé l'ONG INSO.
Dans une déclaration publiée sur son site, INSO ''rejette catégoriquement les accusations'' portées contre elle par les autorités burkinabé.
''INSO est une organisation humanitaire à but non lucratif respectée et respectueuse des principes humanitaires, chargée de suivre et d'informer sur les tendances en matière de sécurité dans plus de vingt pays à travers le monde'' écrit-elle, '' associer notre travail de renforcement de la sécurité des humanitaires à des activités de renseignement est non seulement faux, mais ne fera qu'accroître les risques pour les travailleurs humanitaires''.
L'ONG qui reconnait collecter des informations précise que ces ''informations sont collectées, analysées et diffusées aux acteurs humanitaires exclusivement dans le but de protéger les humanitaires''.
Ces informations, selon elle, ne sont pas confidentielles et sont largement connues du public.
''INSO collecte et partage des informations uniquement pour aider les ONG et autres acteurs humanitaires à apporter une aide en toute sécurité aux personnes dans le besoin'' dit-elle.
''Il peut s'agir d'informations relatives aux risques d'affrontements armés, aux attaques récentes, aux risques de criminalité, etc. Ces informations sont essentielles, par exemple, pour éviter que les ONG ne soient prises entre deux feux et pour orienter leurs propres stratégies d'atténuation de ces risques et garantir le bon déroulement des activités humanitaires prévues, telles que les distributions'' fait remarquer l'ONG hollandaise.
Dans la déclaration publiée sur son site INSO précise que les ''autorités burkinabè étaient, et restent, pleinement informées de ses activités et de son mandat''.
''Au cours des trois derniers mois, nous avons pleinement coopéré à l'enquête en cours menée par les autorités burkinabè. À plusieurs reprises, nous avons également cherché à engager un dialogue direct avec le Ministre de la Sécurité et lui avons proposé de répondre à toute préoccupation qu'il pourrait avoir au sujet de nos activités'' tient à préciser INSO.














