Une femme qui s'est imposée dans un secteur d'hommes au Sénégal

Marie Diouf, dans son marais salant
Légende image, Surnommée la Reine du sel de Fatick, Marie est une pionnière dans l’exploitation du sel. Première femme a intégré la filière, elle y travaille depuis deux décennies.
    • Author, Raissa Okoi et Oumou Kalsoum Ba
    • Role, Journaliste, BBC Afrique

Marie Diouf a commencé par être ramasseuse de sel, aujourd'hui, elle est l'une des rares Sénégalaises qui règnent sur le secteur dans le pays. La production de sel est rentable mais il est particulièrement difficile de travailler dans ce secteur. Il est donc très rare d’y voir des femmes se hisser à la tête d’unités de production.

" Il faut être une femme qui se respecte soi-même, qui négocie avec ses employés, et qui paie aussi ses employés", conseil de celle qui a été surnommée La reine de sel de Factick, une ville située à l'ouest du Sénégal.

Marie Diouf est une pionnière dans l’exploitation du sel. Première femme a intégré la filière, elle y travaille depuis deux décennies.

Dame de fer, elle a su entrer dans le cercle restreint de la saliculture au Sénégal. La saliculture, un domaine d’activité jusqu’à ici dominé par les hommes.

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Début difficile

'' A mes début, j’étais ramasseuse de sel. Il s’agit d’une femme que les hommes emploient dans leurs marais salants. Le salaire journalier est estimé à 2000 f CFA. Une ramasseuse de sel a la possibilité d’avoir son propre tas de sel. Un tout petit qu’elle peut vendre entre 10 000 et 15 000 f CFA'', explique-t-elle.

Ambitieuse, serial entrepreneur, Marie Diouf a très vite compris que les femmes avaient leur place dans cette filière qui regorge de potentialités.

" Après avoir travaillé pendant un long moment, je me suis demandé pourquoi les hommes ont accaparé l’exploitation du sel ? Et pourquoi pas les femmes aussi ? J’ai décidé de me lancer dans la transformation de sel. Pour avoir un bon budget de départ, j’ai vendu mes petits ruminants. De plus, j'ai contracté un prêt bancaire pour acheter mes parcelles destinées à l’exploitation", raconte Marie Diouf.

Marais salant
Légende image, Le Sénégal est classé par invest for job comme le plus grand producteur de sel d'Afrique de l'Ouest.

La consécration

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« Ce n'est pas le chemin qui est difficile, c'est le difficile qui est le chemin », Marie Diouf s’est approprié cet adage.

Grâce à son activité, elle contribue modestement à la lutte contre le chômage dans sa région en créant des emplois.

"Je suis propriétaire de deux hectares de terres. J’estime que c’est insuffisant. Je veux plus ! La preuve, je loue 3 hectares afin d’augmenter ma production. Au début j’étais seule, en ce moment j’ai recruté 30 personnes. »

 L’exploitation du sel est tributaire des aléas climatiques.

'' La campagne peut démarrer en septembre, en octobre, novembre ou décembre tout dépend. Dans un premier temps on érige une digue. Puis on procède au décapage, c'est-à- dire on enlève tout le sable. ''

'' Il est nécessaire d’avoir une conduite d’eau. Pour cela il faut une moto pompe.

Enfin la cristallisation, c’est la récolte de sel. La fin de la campagne de culture du sel dépend de l’hivernage. S’il commence à pleuvoir, on arrête. ''

 Réformer la filière sel, une nécessité

Selon invest for job, le Sénégal a une production de plus de 450.000 tonnes par an. Des performances qui classent ce pays de l’Afrique de l’Ouest comme plus grand producteur de sel d'Afrique de l'Ouest.

Une grande partie de cette production provient de plus de 15.000 petits producteurs artisanaux qui fabriquent du sel non raffiné. Voilà pourquoi il est important pour Marie Diouf de mieux structurer le secteur.

''Il est important de faire des réformes pour booster la filière sel ; notamment créer de richesses et de la valeur ajoutée. Sans cela nous ne pourrons pas homologuer les prix comme c’est le cas pour le sucre, l’oignon ou encore de l’arachide. ''

 Marie à une production minimale journalière de 10 tonnes de sel. Elle le conditionne dans des sachets de 500 grammes et des sacs de 25 kilogrammes.

Conseils pour les femmes saliculteurs

Marie Diouf dans son marais salant
Légende image, Marie Diouf encourage les femmes, toujours minoritaires, à se lancer dans l’exploitation du sel. 

Pour Marie Diouf, Reine du sel, n’est pas la saliculteurs qui veut ! Néanmoins, elle encourage les femmes, toujours minoritaires, à se lancer dans l’exploitation du sel.

Seulement il faut avoir certaines qualités :

  • Se lever tôt
  • S’armer de beaucoup de courage
  • Être une femme vertueuse
  • Être un bon manager, c'est-à-dire être un bon manager, payer à temps ses employés et surtout avoir une bonne communication avec ses employés.