Af.du Sud : la SABC crée la polémique
En Afrique du Sud, la décision de la SABC, le groupe audiovisuel public, de ne plus diffuser des images de manifestations violentes crée la polémique.

Crédit photo, bbc
La semaine dernière, le groupe a annoncé qu'il ne va plus diffuser les images des manifestations violentes, lorsque des individus cassent, brûlent ou détruisent des biens publics.
Celles-ci sont fréquentes dans les townships à travers le pays.
Mais pour beaucoup, cette forme censure n'est pas acceptable, a deux mois des élections municipales.
Et maintenant la Cosatu, la grande centrale syndicale alliée de l'ANC au pouvoir a demandé au groupe audiovisuel de revenir sur sa décision.
Pour la puissante centrale syndicale, la Cosatu, la décision de la SABC de ne plus diffuser les images de manifestants détruisant des bâtiments ou des biens publics, est condescende, car selon la porte de la COSATU, elle suppose que les Sud-Africains sont assez bêtes et influençables pour simplement reproduire ce qu'ils voient a la télé.
La centrale syndicale a donc demande au groupe audiovisuel public de revenir sur son choix, car "la lutte contre l'apartheid visait aussi à lutter contre la censure et pour la liberté de la presse".
Toutefois, la SABC continue de défendre sa position et affirme que continuer à montrer ces images risque d'encourager d'autres communautés à faire de même.
Et Faith Muthambi, la ministre des communications, a réagi hier assurant que cette décision a été prise pour la cohésion sociale, et non pas pour censurer les medias publics.
Début mai, des manifestants dans la province du Limpopo avaient détruit une vingtaine d'écoles pour protester contre un redécoupage électoral de municipalités.
Mais la décision de la SABC intervient à deux mois des élections municipales.
Et l'opposition espère profiter d'un climat politique et économique plombé pour marquer des points contre l'ANC, le parti au pouvoir.
Le principal parti d'opposition, l'Alliance démocratique a dit étudier la possibilité de saisir la justice, accusant la SABC de devenir « un portail de propagande » pour l'ANC.
Le forum national des éditeurs et plusieurs organisations de défense de la liberté d'expression ont aussi fustige cette forme de censure.












