Tous contre les violences sexuelles

Angelina Jolie, envoyée spéciale des Nations Unies au sommet global sur les violences sexuelles en zones de conflit.

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Légende image, Angelina Jolie, envoyée spéciale des Nations Unies au sommet global sur les violences sexuelles en zones de conflit.

Des milliers de personnes sont invitées à participer à un sommet contre les violences sexuelles, le plus grand rassemblement du monde sur la question, co-parrainé par le chef de la diplomatie britannique William Hague et l'envoyée spéciale de l'ONU Angelina Jolie.

Parmi les délégués à Londres, figurent plusieurs dizaines de personnes originaires de l’est de la RDC où le problème des violences sexuelles a pris des proportions dramatiques.

"Mon enfant de 8 ans a été violé par un voisin, les populations l’ont surpris et l’ont emmené à la police mais il a payé pour se libérer et quand il a su que nous étions ici à Goma, il a recommencé à nous menacer", a témoigné une congolaise qui pense que pour éradiquer les violences sexuelles en RDC, il faut poursuivre les auteurs.

"Si tous les auteurs sont poursuivis dit-elle, ça règle le problème parce que quelqu’un viole aujourd’hui et demain il mange avec sa victime."

"Moi j’avais 12 ans quand j’ai été violé", en témoigne une autre, ajoutant que pour mettre fin aux violences sexuelles, il faut augmenter la sensibilisation des hommes à travers la radio.

Bien qu’elles soient considérées comme des crimes de guerre, les violences sexuelles continuent en toute impunité selon la plupart des victimes qui ont souffert du viol, de tortures sexuelles et d'autres formes de violence dans les zones de conflit.

De la République démocratique du Congo au Soudan du Sud, plusieurs victimes peuvent témoigner des horreurs qu'elles ont subies.

"Je trouve que le thème est très fort, il est très touchant mais en 2 jours pour plus de 3000 personnes, j’ai comme l’impression qu’on ne va pas atteindre les objectifs parce que c’est sûr qu’on n’aura pas le temps de discuter", a regretté Prisca Bwihangane, une avocate a l'american Bar association.

Ce mardi, débutent 4 jours de discussions intenses entre des ministres, des activistes des droits des femmes, des ONG et des particuliers à Londres qui veulent mettre fin au fléau.

"Je pense que le véritable problème que nous avons est de savoir comment transformer les résolutions des Nations Unies en solutions", a plaidé Zainab Hawa Bangura, Représentant spécial de l'ONU pour les violences sexuelle dans les conflits.

Elle a soutenu que "des actions doivent être entreprises sur le terrain dans les pays où les violences sexuelles ont été perpétrées et que les victimes ne doivent rien payer à l’Etat qui doit établir les besoins et poser des actes concrets."

En Côte d’ivoire où une crise postélectorale a engendré des milliers de morts, plusieurs centaines de femmes ont également été violées ou ont subi des violences sexuelles.

Dans la région de Daloa où une soixantaine de victimes ont été recensées, les procédures judiciaires suivent leur cours mais à un rythme relativement lent selon les proches des victimes.

"Il faut comprendre qu’il y’a eu l’enquête judiciaire en même temps que la commission vérité dialogue et réconciliation qui prenait en compte toute les victimes de la crise postélectorale et donc avec des relents politiques et ça traîne", a précisé Ouattara Ben Yaya, magistrat et responsable à Daloa du mouvement ivoirien des droits de l’Homme.

Il a également expliqué qu’en Côte d’ivoire, les viols font l’objet de crimes qui doivent être jugés devant des cours d’assises.