Sauver les rhinocéros

L'Afrique du Sud et le Mozambique ont signé jeudi un protocole d'accord pour sauver les rhinocéros victimes de braconnage et préserver la biodiversité.
La ministre sud-africaine de l'environnement et le ministre mozambicain du tourisme se sont rencontrés au célèbre parc Kruger, là où sont tués la plupart des pachydermes, alors que le rythme du massacre des rhinocéros s'est encore accéléré en Afrique du Sud.
Depuis le début de l'année, 277 rhinocéros ont été tués en Afrique du Sud, dont 166 dans le seul parc Kruger malgré le déploiement de l'armée. Après des mois de négociations, l'Afrique du Sud et le Mozambique se sont mis d'accord pour intensifier la lutte contre le braconnage.
Le célèbre parc Kruger s'étend des deux côtés de la frontière entre les deux pays. L'harmonisation de la législation est donc clé pour tenter d'arrêter ceux qui déciment la population de pachydermes. Désormais, les rangers sud-africains à l'intérieur du parc auront le droit de poursuivre les braconniers lorsqu'ils passent la frontière.
Auparavant, ces derniers pouvaient facilement fuir au Mozambique avec des cornes de rhinocéros, sans être inquiétés. Le braconnage n'était jusqu'à présent pas considéré comme un délit au Mozambique. Maputo était donc sommé d'agir depuis plusieurs années par de nombreux défenseurs de l'environnement.
La semaine passée, le parlement mozambicain a adopté un projet de loi pour durcir les sanctions contre les braconniers. Ceux pris sur le fait risqueront, selon le projet, douze ans de prison et 90.000 dollars d'amende, tandis que le transport illégal d'espèces protégées sera puni d'amendes pouvant aller jusqu'à 88.000 dollars.
Au Mozambique, les éléphants du nord sont décimés par les braconniers, et les rhinocéros ont déjà disparu du pays. Maintenant avec un durcissement de la législation et ce nouveau protocole, les voisins sud-africains espèrent pouvoir arrêter le massacre des rhinocéros.
Ces animaux sont très recherches par les chasseurs illégaux car leurs cornes sont vendues à prix d’or en Asie pour leurs soi-disant vertus médicinales et aphrodisiaques. Selon des estimations du gouvernement sud-africain, la population de rhinocéros du pays commencera à décliner vers 2016 si le rythme actuel du braconnage se poursuit.
L'Afrique du Sud abrite 70 à 80 % de la population mondiale de rhinocéros, avec près de 20 000 spécimens dans ses parcs.












