Rapport sur le trafic de drogues

Des sachets de drogues synthétiques, "spice", brûlés par des jeunes soutenant Poutine.
Légende image, Des sachets de drogues synthétiques, "spice", brûlés par des jeunes soutenant Poutine.

L'Afrique semble gagner en importance en tant qu'itinéraire de trafic maritime, selon l'ONUDC, l'Office des Nations unies contre la drogue et la criminalité, dans un rapport mondial annuel sur les drogues, présenté mercredi à Vienne en Autriche, dans le cadre de la journée internationale de lutte contre les drogues.

De plus en plus d'itinéraires passent par le continent pour alimenter les marchés de consommation:

Une route part du sud de l'Afghanistan pour aller d'abord dans les ports en Iran ou au Pakistan, rejoindre l'Afrique de l'Est ou de l'Ouest et enfin alimenter les marchés.

Le défi des nouvelles substances psychoactives

L'Office des Nations unies contre la drogue et la criminalité (ONUDC) s'inquiète de la hausse des "nouvelles substances psychoactives" (NSP) de près de 50% en deux ans et demi, alors que la consommation globale de drogues traditionnelles s'est stabilisée.

"Ce sont aujourd'hui les nouvelles substances psychoactives qui posent des défis", a prévenu l'ONUDC.

"Vendues comme +euphorisants légaux+ et +drogues de synthèse+, les NSP prolifèrent à un rythme sans précédent et posent des défis de santé publique inédits", a ajouté l'organisation.

Entre fin 2009 et mi-2012, leur nombre est passé de 166 à 251, dépassant pour la première fois le nombre de substances placées sous contrôle international (234), a estimé l'ONUDC.

Potentiellement bien plus dangereuses que les drogues traditionnelles, les NSP peuvent induire en erreur les jeunes consommateurs, avec des noms comme "épice", "miaou-miaou" ou encore "sels de bains", "en leur faisant croire qu'ils s'adonnent à un plaisir quasi sans risque", expliquent les rapporteurs.

Leurs effets néfastes et leur potentiel d'addiction restent pour le moment peu connus, alors que les criminels ont profité de la faiblesse de l'application de la loi pour se créer sur un marché très lucratif, souligne l'ONUDC.

L'organisation a lancé un outil d'information et de mise en garde, pour surveiller ces substances et prendre les mesures nécessaires.

La consommation des NSP est en hausse dans l'Union européenne (5% des jeunes de 18 à 24 ans en ont déjà consommé), alors que ces dix dernières années, la consommation de cannabis était en baisse et celle des autres drogues restait stable.

Aux Etats-Unis, les NSP sont les drogues les plus consommées parmi les étudiants et elles sont également présentes en Asie et en Afrique.

Au niveau mondial, le cannabis reste la drogue illégale la plus consommée, avec 180 millions de consommateurs selon les dernières estimations dont dispose l'ONUDC.

Cela correspond à 3,9% de la population âgée de 15 à 64 ans.

Plus de 60% des pays visés par le rapport 2013 de l'ONUDC ont indiqué que "l'usage détourné de sédatifs et de tranquillisants" faisait partie des trois types de substances les plus fréquemment consommées.

Enfin, l'Afghanistan reste le premier producteur d'opium (74% de la production mondiale illégale d'opium en 2012.