L’ANC : un destin singulier

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Noir, vert et jaune : les couleurs de l’ANC n’ont pas changé depuis un siècle et ils sont aujourd’hui plus d’un million de membres à les arborer.
Des membres fiers de leur histoire. Destinée étonnante que ce mouvement de libération qui, pour vaincre le régime de l’apartheid avait finalement choisi la lutte armée.
Le parti est alors interdit et en 1964, son leader, un certain Nelson Mandela est condamné à la prison à vie.
Winnie son épouse se fait le porte-parole du parti.
‘’Mon mari s’est battu pour la libération des Africains, pour que tous les groupes raciaux vivent en harmonie dans ce pays’’ disait-elle.
La lutte pour l’égalité raciale continue. Du massacre de Sharpeville en 1960 aux émeutes de Soweto en 1976, la pression nationale et internationale contraignent les autorités de Pretoria à négocier.
En 1990, la libération de Nelson Mandela entraine avec elle, la libération du pays tout entier.
Une transition pacifique est négociée et des élections organisées 4 ans plus tard.
Depuis, le Congrès national africain est devenu le premier parti du pays.
Madiba : une icône vivante
Pour Cyril Ramaphosa, négociateur clé de cette transition, la victoire de l’ANC, est surtout celle de Madiba.
“Nous devons tout grâce à Nelson Mandela. C’est lui qui nous a libérés. Bien sûr, on était avec lui, mais il était l’inspiration qui a permis à la lutte de continuer’’ a-t-il précisé.
L’ANC apprend alors à gouverner : 3 millions de maisons sont construites, mais les besoins sont toujours plus grands.
L’ANC est devenu un parti de gouvernement et dans les coulisses, la bataille pour le pouvoir bat son plein.
Après Nelson Mandela, Thabo Mbeki, Jacob zuma - les présidents se succèdent – mais la politique économique néolibérale profite toujours à une petite élite
L’ANC se fait déborder sur sa gauche par une ligue de la jeunesse impatiente. Son très populiste leader, Julius Malema, crie haut et fort que les transformations sont trop lentes. Il est finalement suspendu du parti.
Mais Malema ne baisse pas les bras. Il sait que les anciens devront répondre un jour à cette ligue de la jeunesse qui est leur principal outil de mobilisation.
L’ANC a 100 ans mais elle n’a jamais été aussi divisée. Les fêtes du centenaire vont redorer son blason et donner à ses membres le sentiment d’unité qu’ils avaient dans le passé.





















