Incendie de Maradi : 28 corps ont été enterrés dans le principal cimetière de Maradi
Les enterrements des écoliers ont été conclus - faits selon les rites islamiques. Certains de ceux qui ont assisté aux funérailles ont déclaré à la BBC que vingt-huit (28) corps ont été enterrés dans le principal cimetière de Maradi. Chaque corps était enveloppé dans des vêtements aux couleurs du drapeau national du Niger, à savoir l'orange, le blanc et le vert. Chaque corps a été enterré dans une tombe individuelle - et non collective.

Crédit photo, AFP
Mardi matin, des parents désemparés se sont rassemblés à l'hôpital régional principal de la ville de Maradi, où les corps de leurs enfants avaient été déposés avant d'être emmenés pour être enterrés.
Trois jours de deuil ont déjà commencé. Les victimes étaient âgées de trois à huit ans - certaines ont été brûlées au point d'être méconnaissables.
Les causes de l'incendie de l'école maternelle et primaire au toit de chaume ne sont pas encore claires. Mais le Niger a connu des incendies similaires dans plusieurs écoles cette année, tuant des dizaines d'enfants, notamment dans la capitale Niamey.
Le gouvernement a été critiqué pour ne pas avoir fait assez pour assurer la sécurité des enfants dans les écoles après les incidents précédents.
Il a désormais interdit d'enseigner aux élèves dans des salles de classe faites de pailles et de bois, appelées abris provisoires. Mais il n'a pas encore annoncé de plans pour des salles de classe alternatives.
Le Niger souffre d'un manque chronique d'infrastructures éducatives et présente des taux d'analphabétisme et de pauvreté parmi les plus élevés au monde.
Ce nouvel incendie est la deuxième catastrophe survenue dans ce pays d'Afrique occidentale en à peine 24 heures. Plus tôt dans la journée de dimanche, une mine d'or s'est effondrée dans la même région, tuant plus de trente mineurs. De nombreux autres sont toujours bloqués sous terre. Les autorités ont ordonné la fermeture immédiate du site minier afin de permettre une réglementation et des mesures de sécurité appropriées.
Le témoignage d'un parent d'élève
Raliou Hamed-Assaleh de BBC Afrique s'est entretenu avec un parent dont la fille fréquente cette école. Voici son témoignage :
"J'étais là-bas à moins dix, j'attendais que les élèves sortent de la classe. Ca restait deux minutes, d'autres même ont commencé à sortir de la classe donc on est là en train d'attendre leur sortie. On a vu le feu vers les classes en paillotes là. Donc on a tenté de secourir les autres élèves, la classe où se trouvait ma fille donc on a secouru d'autres. Après, le feu nous a pourchassés donc on est obligé de les laisser, on ne peut rien faire. Il y a trois classes en paillotte. Celle du milieu, là où se trouvait moi ma propre fille, c'est là où le feu a commencé. Juste il y a un mur là derrière, donc c'est de là que le feu a commencé.
Présentement moi je n'ai pas vu ma fille et parmi même les corps calcinés on n'a pas pu reconnaître son corps. Jusqu'à présent, là où je vous parle, je n'ai pas vu ma fille et puis on a fouillé même les corps calcinés là on n'a pas pu reconnaître la fille.
Ils ne sont pas reconnaissables."

Un autre témoin contacté par BBC Afrique. Abdou Dan Neito, acteur de la société civile à Maradi, s'est rendu sur le lieu de l'incendie.
Il explique à la BBC que ce sont des classes en paillote qui ont pris feu piégeant certains élèves qui n'ont pas pu se sauver.
"C'est une école qui se trouve derrière le stade national. Elle s'appelle école AFN, un jardin d'enfants et école primaire en même temps. Ce sont les classes en paillote qui ont pris feu", souligne M. Neito.
"J'ai vu 9 corps et il y a des blessés qui on été transportés au CHR de Maradi. C'est un incendie qui a dégénéré et qui a brulé toutes les classes qui sont aux alentours", dit-il à BBC Afrique.
Lire aussi :
La BBC a tenté à joindre les autorités locales pour avoir leurs réactions.












