Mascarade : le masque vu par deux artistes plasticiens

Crédit photo, Céline Coyac Atindehou
"Port du masque obligatoire!". Depuis la pandémie du Covid, nous nous sommes habitués à suivre cette injonction, devenue le sésame pour entrer dans les espaces publics dans la majorité des pays dans le monde.
L'exposition collective est une référence à notre vie avec le Covid, le masque étant l'un des symboles marquants de cette période, objet de questionnements par exemple sur notre rapport à l'autre et sur les libertés.
Mais la fonction du masque va bien au-delà de la protection contre un virus.
Du bal masqué au rituel sacré, le masque peut revêtir plusieurs fonctions.
En Afrique, Il peut être objet ludique comme chez les Baoulés de Côte d'Ivoire avec les masques de réjouissance Mblo, utilisé dans les rites funéraires comme le masque tribal Inhuba Kabongo des Kuba de la RD Congo, ou représentation de divinités comme chez les Dogon au Mali.
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Alors de quel masque s'agit-il ici ?
"Les artistes sont le reflet d'une époque. Ils s'engagent, donc ils ont des choses à dire par rapport à cette époque. C'est l'occasion pour eux, et pour nous de leur donner l'occasion de s'exprimer à ce sujet", déclare Céline Coyac Atindehou, directrice de la boutique hôtel Maison rouge où se déroule l'exposition.
Parole aux artistes donc.
Marius Dansou est un sculpteur et artiste multimédia béninois reconnu pour son travail sur le fer et le bois.

Crédit photo, Céline Coyac Atindehou
"Pour Mascarade, je présente un masque qui parle de la vie et de la mort. Je vais présenter un masque qui sera à moitié visage, c'est-à-dire on aura vraiment un vrai visage d'une personne mais à moitié, et on aura la moitié d'un crâne humain. Et je parle de la vie et de la mort, parce que je mets un point d'interrogation en disant que l'être humain est arrivé à un point où on est plus loin de la mort, c'est-à-dire la vie ou la mort", confie l'artiste à la BBC.

Crédit photo, Céline Coyac Atindehou
Isabelle Bulczynski Dossa est une artiste peintre Franco-Béninoise qui vit au Burkina Faso.
Ses dernières œuvres sont des assemblages entre peinture et métal oxydé.
Elle explique son choix de travail sur le métallique par sa fascination pour le fer rongé par la rouille.
Elle utilise des antirouilles et des vernis pour arrêter ou accélérer le processus d'oxydation.

Crédit photo, Isabelle Bulczynski Dossa
Elle explique à la BBC son intention derrière l"oeuvre qu'elle propose : "pour l'exposition Mascarade, j'ai eu envie de présenter une œuvre qui s'appelle Masque contre masques".
L'œuvre montre divers personnages : hommes, femmes, animaux, génies qui portent le masque du faux sourire, grimaçant et forcé, témoignage de l'hypocrisie humaine.
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Selon elle, le message "s'adresse à nous tous".
"D'où vient le véritable danger, du masque, de la mascarade et de l'hypocrisie humaine ou du masque, des masques coronavirus ? La pandémie est utilisée dans la moitié des états démocratiques comme prétexte pour limiter les libertés de la presse et d'expression, l'usage excessif de la force, la surveillance redoublée", conclut-elle.














