Assassinat de Laurent Désiré Kabila: libération du Colonel Kapend et d'une vingtaine de détenus

Laurent désiré Kabila a été assassiné en 2001

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A Kinshasa, en République démocratique du Congo, une vingtaine de prisonniers viennent d'être libérés de la prison de Makala.

Ils avaient été condamnés, il y a 20 ans par une cours militaire pour l'assassinat de l'ancien président Laurent Desiré Kabila. Parmi eux, le Colonel Eddy Kapend, aide de camp du défunt président.

Il y a eu des scènes de joie et de liesse à la prison de Makala où des membres des familles de prisonniers attendaient leurs proches, emprisonnés depuis 20 ans.

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Depuis près de 20 ans, des organisations des Droits de l'Homme avaient beaucoup critiqué leur condamnation estimant qu'elles avaient été faites dans la précipitation.

Malgré les plaintes et les requêtes des membres des familles, ils avaient été maintenus en prison jusqu'à ce vendredi 8 janvier, jour de leur libération.

Contexte politique

L'alliance entre Kabila et Tshisekedi s'est fissurée

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Leur mise en liberté intervient quelques semaines après que le président Tshisekedi a mis fin à sa coalition avec le parti de M. Kabila - qui détenait la majorité au Parlement - dans un contexte de tension croissante.

Bien qu'il s'agisse du premier transfert pacifique du pouvoir dans le pays en près de 60 ans, beaucoup ont contesté les résultats des dernières élections présidentielle. Nombreux soupçonnaient fortement le nouveau président d'avoir conclu un accord en coulisses avec Joseph Kabila, qui conserve encore une influence considérable dans le pays.

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Gaius Kowene de BBC Afrique souligne que cette libération est une manière pour le président Félix Tshisekedi de montrer que c'est lui qui décide dans le contexte politique actuel.

"Beaucoup en RDC considéraient que c'était une affaire personnelle pour le président Kabila dont le père avait été tué par les personnes condamnées. En les libérant, le président Tshisekedi montre que c'est lui qui tient les rênes du pouvoir dans le pays", analyse M. Kowene.

Bien que M. Kabila ait été abattu par son garde du corps, deux de ses proches collaborateurs, le colonel Eddy Kapend et Georges Leta, ont été accusés d'être impliqués dans cet assassinat.

Muzima Cesaire, un ancien analyste à l'agence nationale de renseignement, qui était aussi condamné à mort et a été libéré aujourd'hui.

"C'est une grande joie pour moi, c'est une résurrection étant donné que je me considérais comme quelqu'un qui était déjà mort", dit-il.

Il témoigne que l'intervention de sa famille lui a permis de conserver sa santé mentale.

"J'essayais de faire de l'exercice chaque matin, ça m'a aidé", explique-t-il.

Sa femme, Anne Marie Namwanyi, l'a soutenu toutes ces années.

"Nous sommes en famille, avec les amis, les frères, les sœurs, les cousins, les cousines tout le monde est là, nous sommes vraiment très heureux. Je suis émue, je suis heureuse", déclare-t-elle.

Le colonel Eddy Kapend nie avoir commandité le meurtre du président Kabila

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Le président Félix Tshisekedi a commué leur peine de mort en peine d'emprisonnement en juin dernier.

Joseph Kabila a pris le pouvoir après la mort de son père en 2001 et a dirigé la RD Congo pendant 18 ans avant que M. Tshisekedi ne remporte l'élection en décembre 2018.

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Le colonel Kapend était le bras droit de Laurent Kabila. Il a été reconnu coupable d'avoir été le cerveau de l'assassinat, avec plusieurs autres membres de l'équipe de sécurité de l'ancien président, dont le chef des services de renseignement de l'époque, Georges Leta. Les deux hommes ont toutefois nié toute participation au complot.