France: un journal satirique incendié

La police devant les locaux de Charlie Hebdo détruits par un incendie à Paris

Crédit photo, BBC World Service

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Le sinistre dans les bureaux de Charlie Hebdo s'est déclaré vers 01H00 du matin mercredi à la veille de la publication d'un numéro spécial, comportant entre autres, une caricature du prophète Mahomet en couverture.

La police a évoqué la piste d'une bombe incendiaire qui aurait été lancée sur la façade et qui a mis le feu au système informatique.

Le site internet du journal a aussi été piraté.

Sur la page d'accueil a été placée une photographie de la mosquée de La Mecque.

L'incendie criminel qui a détruit les locaux de journal satirique a suscité de vives condamnations.

Les partis politiques de droite comme de gauche ou encore le C.F.C.M., le Conseil français du culte musulman condamnent en substance, cet acte qui porte atteinte à la liberté de la presse selon eux.

Le Premier ministre François Fillon a fait part de son indignation et demandé que toute la lumière soit faite. Le numéro, distribué mercredi dans les kiosques, a été rebaptisé "charia" et le rédacteur-en-chef n'est autre que le prophète Mahomet.

Un choix fait selon l'équipe du journal pour tourner en dérision la victoire du parti islamique Ennahda en Tunisie et l"annonce que par le président du Conseil national de transition libyen que la charia, la loi islamique, serait la principale source du droit en Libye. Le directeur de la rédaction a annoncé pour sa part qu'il portera plainte.

Le journal, qui tire à 60 000 exemplaires, avait reçu des menaces ces derniers jours sur les réseaux sociaux Facebook et Twitter.

La Une de Charlie Hebdo cette semaine montre un prophète Mahomet hilare auquel le journal prête ces mots "100 coups de fouet si vous n'êtes pas mort de rire ».

L'éditorial signé par Mahomet est titré "apéro halal".

Charlie Hebdo avait été poursuivi en justice en 2006 par des organisations islamiques à la suite de reprises de caricatures de Mahomet parues dans la presse danoise.

La justice française avait donné gain de cause au journal un an plus tard.

L'hebdomadaire est connu en France pour ses articles et dessins irrévérencieux.