CAN 2022 : "Nous sommes fiers de notre exploit, mais la qualification ne suffit pas, nous voulons aller de l'avant" - Said Bakari milieu des Comores

Saîd Bakari, lors de l'entretien à distance avec la BBC

Crédit photo, Capture d'écran/BBC

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Saïd Bakari, le jeune milieu de terrain des Comores qui fait ses débuts avec son pays en Coupe d'Afrique des nations explique dans une interview accordée à BBC qu'ils ne sont pas à cette compétition pour faire de la figuration.

Né le 22 septembre 1994 à La Courneuve en France, le joueur comorien Saïd Bakari qui a été testé positif avant le premier match de son pays à la CAN, face au Gabon, surfe encore sur la vague de l'exploit d'une première qualification à la CAN.

"En fait, on ne se rend pas compte. C'est presque énorme pour nous, c'est notre première grande compétition. Donc on ne réalise pas grand-chose", explique-t-il.

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Mais la pression monte d'un cran. les Comores, une toute petite équipe, devront faire face au Gabon, une équipe expérimentée.

Saïd Bakari songe à l'état d'esprit avec lequel ils vont entamer cette première sortie continentale.

"On pense à comment ça va être pour le premier match, comment ça va être sur le terrain. Pour l'instant, on continue à réfléchir. Nous essayons de penser sur la manière dont nous allons en profiter. Nous sommes fiers, mais nous voulons jouer le plus vite possible", dit-il.

Un pari gagné

Pour le milieu de terrain comorien, entendre l'hymne national de son pays pour un premier match à la Coupe d'Afrique des nations est tout simplement un rêve.

"Je pense que c'est fou parce que si je vois comment c'était après le dernier match de qualification, les gens ne croyaient pas à ce que nous avions accompli", se rappelle-t-il.

Ce parcours a suscité beaucoup d'espoir dans l'archipel des Comores, mobilisant tout une nation qui attendait ce jour derrière son équipe.

"Ils sont confiants, mais nous voulions atteindre la compétition, mais quand vous l'obtenez, vous réalisez que c'est réel. Nous l'obtenons en fait".

En réalité, ils n'ont pas peur du Ghana ou des grandes équipes de la compétition et veulent aller de l'avant.

"Mais je pense qu'ils veulent juste voir notre équipe jouer contre ce genre de grands pays. Nous sommes fiers de ce que nous avons accompli, mais la qualification n'est pas suffisante, nous voulons aller de l'avant".

Une préparation difficile

Des supporters comoriens lors d'un match de qualification à la CAN 2019, contre le Maroc à Casablanca

Crédit photo, Getty Images

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Comme toutes les autres sélections, les Comores ont eu une préparation difficile à cause de la pandémie du Covid-19 avec ses restrictions sur les voyages et les nombreuses mesures sanitaires édictées pour diminuer les contaminations.

Saïd Bakari a lui-même été testé positif avant le match, le Gabon est aussi durement touché.

"Maintenant, c'est un peu difficile mais à cause de la situation que nous connaissons, avec Covid et tout le reste, notre journée se déroule comme suit : nous restons à l'hôtel, nous devons aller à l'entraînement et nous rentrons", confie-il.

"Nous devons nous protéger parce que la situation est un peu difficile. Mais nous savions tout cela et nous nous sommes préparés avant de venir ici. Nous essayons donc d'être intelligents et forts dans cette situation", poursuit-il.

Cette situation n'est pas sans susciter de l'inquiétude et de l'anxiété dans l'équipe.

"Nous essayons de rester intelligents et de rester négatifs, vous savez. Mais on ne peut pas tout contrôler. Vous ne savez pas vraiment où se trouve le Covid, donc vous devez être malins", dit-il.

Saïd Bakari a aussi des regrets pour l'équipe adverse qui a eu des cas de Covid

"...Vous ne voulez pas que les autres joueurs obtiennent des résultats positifs. Vous voulez aussi que la compétition soit faite avec tous les meilleurs joueurs, donc nous en avons tous peur", reconnait-il.

Toutefois, il estime qu'il ne "faut pas trop y penser parce qu'ensuite, on est stressé et on ne se sent pas très bien, donc il faut essayer de se maintenir en forme".

"Et puis, il faut essayer de profiter au maximum de la compétition", soutient-il.

L'équipe des Comores, "une famille"

Les Comores, lors d'un match de qualification à la CAN 2019

Crédit photo, Getty Images

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Pour le milieu de terrain comorien, son équipe va montrer à la face du monde qu'ils ne jouent pas qu'au football.

Ils vont apprendre aux gens que leur équipe est avant tout une famille.

"Je pense que, tout d'abord, ils verront une équipe de frères, une équipe familiale qui travaille plus qu'une équipe mais plus comme une famille", explique-t-il.

"Et puis, je pense qu'ils verront des gens qui essaient de prendre du plaisir à jouer au football et qui sont heureux de jouer contre de grandes équipes", révèle-t-il.

"Ils verront aussi des gens qui ont envie d'aller le plus loin possible dans la compétition. Je pense que c'est une équipe technique mais une équipe avec du plaisir", poursuit-il.

Malgré cette grande ambition, Saïd Bakari signale qu'ils ont beaucoup de respect pour leurs adversaires.

"Nous savons ce que nous pouvons faire mais nous avons du respect pour les autres équipes car nous sommes nouveaux dans la compétition. Mais nous ne venons pas comme une nouvelle équipe, nous venons comme une équipe comme les autres équipes. Nous croyons en notre équipe, nous avons confiance en notre football et nous allons jouer comme toutes les autres équipes".

Le premier match contre le Ghana est un match très important.

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Légende vidéo, Comment la petite nation insulaire a réussi à se qualifier pour la CAN 2022

"Je pense que c'est le match le plus important parce que le premier match peut faire peut-être 90% de votre qualification au prochain tour parce que maintenant, avec le meilleur troisième du classement, vous pouvez aussi aller au prochain tour".

"Mais oui, je pense que nous ne pouvons pas parler du Gabon, comme d'une petite équipe, car ils savent que la compétition n'est pas la première ni la deuxième pour eux. Donc c'est aussi une grande équipe, tout est bon, je pense que nous devons juste jouer comme ça", reconnait-il.

Pour lui, ce match est capital pour la marche vers la qualification au second tour.

"C'est sûr que c'est un match très important, parce que cela peut rendre plus facile pour le reste de la phase de groupe. Si vous pouvez prendre les points dans ce match, je pense que ce sera l'une des meilleures façons d'aller au prochain niveau".