Sommet de l'Union africaine : les dirigeants se plaignent de la "vague de coups d'État"

Crédit photo, Getty Images
Les dirigeants africains se sont plaints d'une "vague" de coups d'État, après cinq prises de pouvoir militaires l'année dernière.
Le nombre de coups d'État en Afrique avait diminué, avec la généralisation des élections et des transferts de pouvoir pacifiques.
Deux des pays où l'armée a pris le pouvoir récemment - le Burkina Faso et le Mali - ont eu du mal à contenir les insurrections islamistes.
La semaine dernière, une tentative de coup d'État a eu lieu en Guinée-Bissau, que le président a imputée aux gangs de trafiquants de drogue.
A surtout lire sur BBC Afrique :
Le pays se trouve sur un point de transit majeur entre les pays producteurs de cocaïne d'Amérique latine et les marchés d'Europe.
La semaine dernière, le président ghanéen Nana Akufo-Addo a signalé que le coup d'État au Mali avait été "contagieux", encourageant les officiers militaires de ses voisins ouest-africains, la Guinée et le Burkina Faso, à faire de même.
Alors que les coups d'État en Afrique de l'Ouest ont été salués par de nombreuses personnes dans ces pays, la prise de pouvoir par les militaires au Soudan en octobre 2021 a donné lieu à de nombreuses manifestations de rue exigeant le retour d'un régime civil.
Ces manifestations ont été accueillies par une force impitoyable, et des dizaines de manifestants ont été tués.
Tous les dirigeants présents au sommet de l'Union africaine qui s'est tenu ce week-end dans la capitale éthiopienne, Addis-Abeba, ont "condamné sans équivoque... la vague de changements anticonstitutionnels de gouvernement", indique le président du Conseil de paix et de sécurité de l'UA, Bankole Adeoye, ajoutant que les gouvernements militaires ne seraient pas tolérés.
À la suite de prises de pouvoir militaires, le Burkina Faso, la Guinée, le Mali et le Soudan ont tous été suspendus de l'UA. M. Adeoye précise que c'est la première fois qu'une telle mesure est prise à l'encontre d'autant de pays sur une période de 12 mois.
Toutefois, certains accusent l'UA de faire deux poids deux mesures en ne suspendant pas le Tchad, voisin du Soudan, après que l'armée est intervenue lorsque le président Idriss Déby a été tué au cours d'une bataille avec les rebelles en avril dernier.
Son fils, Mahamat, a été désigné comme le nouveau dirigeant du pays par un conseil militaire.
De nombreux pays africains ont connu des coups d'État dans les années qui ont suivi l'indépendance, dans les années 1960 et 1970, mais on observe un net recul depuis les années 1990.
Les deux premières décennies de ce siècle ont vu huit prises de pouvoir militaires chacune, mais il y en a déjà eu six depuis 2020.


Kalkidan Yibeltal, de la BBC, dans la capitale éthiopienne, Addis-Abeba, où se déroule le sommet, explique que l'UA a été critiquée pour ne pas en faire assez pour résoudre les crises sécuritaires du continent, notamment en Éthiopie, où une guerre civile a fait des milliers de morts et conduit des centaines de milliers de personnes au bord de la famine.
M. Adeoye rejette cette affirmation et affirme que l'UA s'est engagée dès le premier jour et qu'elle travaille d'arrache-pied à la médiation d'un cessez-le-feu.
Entre-temps, l'UA a reporté un débat sur l'accréditation d'Israël auprès de cet organisme panafricain de 55 membres.
Le statut d'observateur lui a été accordé l'année dernière, une décision qui a suscité la colère de plusieurs pays, dont l'Algérie et l'Afrique du Sud.
De nombreux autres pays et organisations, dont l'Autorité palestinienne et la Chine, ont déjà le statut d'observateur, ce qui signifie qu'ils ne peuvent pas voter les résolutions.














