Légende image, Le C25 promet de barrer la route à Macky Sall.
Le rejet de 25 dossiers de candidature des opposants conduit à un mouvement de contestation.
L'opposition sénégalaise riposte après le rejet par le Conseil constitutionnel d'une vingtaine de dossiers de ses candidats déclarés.
Le collectif des 25 candidats de l'opposition, le C25, a appelé lundi le peuple sénégalais à considérer Macky Sall comme un candidat éliminé de l'élection présidentielle du 24 février 2019.
Cinq candidats retenus pour la présidentielle au Sénégal :
BIO
El Hadji Issa Sall, 63 ans, est un ingénieur en informatique formé au Sénégal et aux Etats-Unis.
Il est l'un des premiers Sénégalais à obtenir un doctorat en informatique (Université George Washington, 1995).
M. Sall dirige actuellement l'Université du Sahel, un établissement privé d'enseignement supérieur créé en 1998 à Dakar.
Il a travaillé pour de nombreuses sociétés nationales sénégalaises (électricité, télécoms) et américaines, dont la Digital Equipment Corporation (Massachusetts).
El Hadji Issa Sall est auteur de plusieurs publications sur les systèmes informatiques et le rôle des technologies de l'information et de la communication dans le renforcement de la démocratie.
Sur le plan politique, il a été premier vice-président du Conseil régional de Fatick (1996-2001) et coordonnateur national du Parti de l'unité et du rassemblement, créé en 1998.
M. Sall est élu député depuis 2017.
Il pratique le karaté et le taekwondo.
Il est investi candidat par le PUR.
BIO
Idrissa Seck, 59 ans, a été Premier ministre et maire de Thiès (ouest).
Il dirige actuellement le conseil général de Thiès.
Après les violences postélectorales de 1988, M. Seck interrompt sa carrière politique pour se consacrer à ses études à l'Université de Princeton (États-Unis).
Considéré comme le dauphin du président Wade, il est mis en cause pour la gestion des "chantiers de Thiès", un ensemble d'infrastructures que l'Etat a construites dans sa ville vers 2004-2006.
Idrissa Seck est arrêté le 23 juillet 2005 et passe six mois et demi en prison pour "détournement de fonds publics" et "corruption" présumés.
Libéré, il crée "Rewmi" (le pays ou l'Etat en wolof), un parti politique, et affronte Abdoulaye Wade à l'élection présidentielle de 2007.
Il arrive deuxième avec 14,86% des voix, derrière Wade (55,90%).
n 2012, M. Seck s'appuie sur les dispositions de la Constitution pour dénoncer et juger irrecevable la candidature de Wade aux élections.
Il est éliminé au premier tour, n'obtenant que 7 %.
Il dirige "Rewmi".
BIO
Macky Sall, 57 ans, est un ingénieur en géologie formé au Sénégal et en France.
Il a dirigé le ministère des Mines et de l'Énergie (de mai 2001 à novembre 2002), avant d'être élu député et vice-président de l'Assemblée nationale (de juin 2001 à novembre 2002).
M. Sall a été ministre de l'Intérieur (2003-2004).
Membre du Parti démocratique sénégalais (PDS), le parti d'Abdoulaye Wade, il est nommé Premier ministre pendant trois ans (avril-juin 2007), avant de revenir à l'Assemblée nationale en tant que président de l'institution parlementaire.
Renvoyé de l'Assemblée nationale en novembre 2008, par la majorité PDS dont il faisait partie, il rejoint l'opposition et est élu président de la République en 2012, battant Wade au 2e tour.
Il est investi par la coalition Benno Bokk Yaakaar (BBY), dirigée par son parti, l'Alliance pour la République (APR).
BIO
Madické Niang, 65 ans, est né à Saint-Louis (nord).
Il est avocat et homme politique. Ministre de la Justice dans plusieurs gouvernements, il a également dirigé le ministère des Affaires étrangères (octobre 2009-avril 2012).
M. Niang a fait des études de droit à l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Sénégal) et à Abidjan (Côte d'Ivoire).
Proche d'Abdoulaye Wade, il a assuré sa défense dans une affaire d'assassinat, lorsque Babacar Sèye, le chef de la Cour suprême du Sénégal, a été tué en 1993.
M. Niang a été élu député en juillet 2017 pour un mandat de cinq ans.
Il dirige la coalition "Madické2019".
BIO
Ousmane Sonko, 44 ans, est fonctionnaire.
Né en Casamance (sud), il a fait ses études supérieures à l'Université Gaston-Berger de Saint-Louis (nord), où il a obtenu une maîtrise en droit public (1999).
M. Sonko est ensuite entré à l'Ecole nationale d'administration, dont il sort avec un diplôme d'inspecteur des impôts et domaines.
Il crée quelques années plus tard le Syndicat des agents des impôts et domaines, qu'il dirige de 2005 à 2012.
Il entame ensuite une vive protestation contre le gouvernement de Macky Sall, lui reprochant moult malversations financières et fiscales.
Macky Sall le renvoie en août 2016 de la fonction publique à cause des révélations qu'il fait sur plusieurs dossiers économiques et financiers de l'Etat.
Président des Patriotes du Sénégal pour le travail, l'éthique et la fraternité (Pastef), créé en 2014, il est élu député en juillet 2017.
L'ascension exponentielle du leader des Pastef s'internationalise avec les visites qu'il rend aux Sénégalais vivant à l'étranger.
Il est investi par son parti.
Cette sortie survient au lendemain de la publication de la liste définitive des candidats par le Conseil constitutionnel. Et selon cette liste, seuls quatre opposants feront face au président sortant.
Il s'agit d'Idrissa Seck du parti Rewmi, Ousmane Sonko, de la formation Pastef, El Hadji Issa Sall, candidat du PUR, et de Me Madické Niang, investi par la coalition "Madické 2019".
Pour l'opposition, il n'y a qu'une seule explication au rejet d'autant de dossiers de candidature. "Il est maintenant clair pour l'opinion nationale et internationale que Mack Sall s'entête à mettre en route son plan de réélection au premier tour au lieu d'organiser une élection libre et transparente", soutient Boubacar Camara, candidat de FIPPU et membre du collectif C25.
Lors de la mobilisation lundi, c'est l'opposant Malick Gackou, en qualité de modérateur, qui a pris la parole pour annoncer "une grande révolution".
Un mouvement qui s'étendra sur toute l'étendue du territoire national pour empêcher l'organisation de l'élection présidentielle par le ministre de l'Intérieur Aly Ngouille Ndiaye et barrer la route à Macky Sall qui, selon le C25, veut confisquer les suffrages des Sénégalais.
A presque deux semaines de l'ouverture officielle de la campagne électorale, l'opposition sénégalaise a tenu à afficher son unité.
Les leaders du collectif des 25 candidats, C25, ou leurs représentants ont parlé d'une seule voix en clamant qu'ils vont faire face au pouvoir. Selon eux, le président sortant les oblige à la confrontation.
"Le président Macky Sall nous y invite et nous allons y répondre. Et ça ne se déroulera pas seulement à Dakar, mais dans tout le Sénégal", martèle Pape Diop, membre du C25 et candidat déclaré, dont le dossier a été rejeté par le Conseil constitutionnel.
"Nous allons sillonner le pays pour installer des comités de résistance dans les quartiers, dans les villages… partout au Sénégal pour faire face à Macky Sall", soutient-il.
Le C25 déclare considérer que le président sortant Macky Sall est éliminé de l'élection présidentielle de février prochain. Il demande au peuple d'en faire de même.
Selon ce collectif, Macky Sall a ourdi un plan de réélection pour un second mandat sans organiser une élection libre et transparente.
L'opposition estime que le contexte politique sénégalais est marqué par des provocations du pouvoir, qui se matérialisent par "des arrestations arbitraires de ses militants, la répression féroce des démocrates et des combattants de la démocratie".
Le C25 rejette donc "les résultats du contrôle des parrainage et les décisions du Conseil constitutionnel et promet une lutte sans concession pour défendre les acquis démocratiques" du Sénégal, conclut Boubacar Camara.
Légende audio, "Exclusion de Karim Wade et Khalifa Sall… une décision contraire aurait été une surprise".