Incendie au Bénin : l’histoire du garçon de cinq ans qui a miraculeusement survécu

Crédit photo, Photo by YANICK FOLLY/AFP via Getty Images
- Author, Valorien Noubissi
- Role, BBC Afrique
Un garçon de cinq ans est sorti indemne de l’incendie qui a eu lieu le 23 septembre dernier dans un entrepôt de stockage d'essence situé à Sèmè-Kraké, et qui a fait 34 morts et 20 blessés.
Léocadie Bossou, résidente à Cotonou, se rappelle avec exactitude du moment où elle a appris l'incendie.
« C’est une connaissance à ma tante qui m’a contactée me demandant de l’appeler pour me rassurer qu’elle soit joignable car un incendie vient de se déclencher où elle travaille » nous confie-t-elle. Avant d’ajouter, « effectivement elle était hors réseau et c’est à ce moment que j’ai décidé d’aller sur le lieu du drame. »
Léocadie a perdu sa tante dans les feux. Mais dans l'impossibilité d'identifier les corps, la famille attend toujours pour faire le deuil.
Cependant, au milieu de cette tragédie, elle peut tout de même se réjouir d’avoir retrouvé le jeune Lionnel (nom d’emprunt), fils de la tante disparue. Il a été retrouvé sous un corps brûlé.
En effet, une fois arrivée sur le lieu de l'incendie pour s'enquérir du sort de sa tante, Léocadie découvre qu'elle ne fait pas partie des 20 blessés recensés.
Toutefois, on lui annonce qu'un garçon de cinq ans a été retrouvé vivant : « Et l’enfant en question, était celui de ma tante, bien vivant » se réjouit Léocadie.
Comment a-t-il pu survivre aux flammes ? Léocadie parle d’un miracle.
« Il est sorti indemne du feu, pas blessé, ses vêtements intacts. On a eu du mal à croire qu’il était dans cet incendie. Nous pensons que sa maman l’aurait protégé au moment du drame », raconte -t-elle.
Elle nous fait savoir que le garçon au moment où nous publions cet article, a du mal à manger.
Le corps de la tante en question, d’une quarantaine d’années, n’a toujours pas été identifié.
Un bilan lourd
L’incendie de Sèmé-Kraké, a fait près de 34 morts et près de 20 blessés dont 12 dans un état critique selon les autorités. Ce samedi 23 septembre, certains témoins ont affirmé avoir entendu des détonations aux environs de 10H heure locale avant le début du feu.
Une enquête a été ouverte pour connaître l’origine des flammes et dégager les responsabilités comme l’a fait savoir le procureur, près le tribunal de Porto Novo.
Pour l’heure, on sait tout de même que le feu est survenu dans un entrepôt de 1 000 mètres carrés. Ce serait le plus grand entrepôt d’essence de contre bande de cette ville située à 40 kilomètres de Cotonou.

Crédit photo, Photo by YANICK FOLLY/AFP via Getty Images
Sémé-Kraké, ville frontalière, est reconnue pour être la porte d’entrée de tous les trafics et échanges commerciaux vers le Nigeria voisin.
Le commerce de l’essence de contrebande par exemple y est très répandu. Selon les chiffres du gouvernement béninois, 57.000 acteurs évoluent dans ce secteur.
Appelé « kpayo » elle est revendue même le long des routes et coûte souvent trois fois moins cher que celle vendue légalement dans les stations-services. Les conditions de conservation de cette essence de contrebande sont précaires.
Une activité à risque
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Une activité qui n’est pas sans conséquence et qui apporte souvent son lot de malheurs. En 2005 par exemple, deux personnes décédaient dans un incendie à Dantokpa.
La même année, sept personnes avaient été blessés suite à l’explosion d’un entrepôt d’essence de contrebande de la ville de Parakou.
On pourrait aussi évoquer cet incendie qui avait ravagé toute une famille dans une banlieue de Cotonou, après qu’un bidon d’essence transporté par un trafiquant s’est détaché et est tombé sur le capot de la voiture qui suivait.
Cependant, le drame du samedi 23 septembre 2023 reste le plus meurtrier.
Conscient de la dangerosité de ce commerce, le gouvernement béninois a mis sur pied une politique de reconversion des vendeurs de cette essence. Il s’agit de l’installation des mini stations à Cotonou et un peu partout au Bénin pour commercialiser « l’essence de contrebande dans des conditions optimales. »
Ces projets sont inscrits dans le programme dénommé ARCH (Assurance pour le Renforcement du Capital Humain).
Il est aussi question de réinsertion des acteurs de ce commerce. Selon le ministère béninois de l’économie et des finances, 5000 trafiquants ont été formés aux métiers du textile.












