Un artiste tchadien transforme les déchets en art

Guidembaye Apollinaire entrain de chercher des objets dans une décharge
Légende image, Guidembaye Apollinaire entrain de chercher des objets dans une décharge.
    • Author, Juliet Chapalain et Dewa Aboubakar
    • Role, BBC

Guidembaye Apollinaire, connu sous le nom de Doff, qui signifie "fou" en wolof, utilise des matériaux non conventionnels tels que des toitures, des douilles de balles et des boîtes de conserve qu'il trouve dans la rue. À travers son œuvre, il souligne l'importance de la préservation de l'environnement et de notre écosystème.

L'artiste Apollinaire Guidembaye a un message.

Nous devons prendre soin de l'environnement.

Il déclare : "Si nous n'éveillons pas les consciences, quel genre de monde laisserons-nous à la prochaine génération ?"

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Travaillant à N'Djamena, la capitale du Tchad, il utilise les ordures et les déchets qu'il trouve dans la rue pour créer des œuvres d'art.

"À N'Djamena, la pollution est visible. On voit de la ferraille, des tongs, des bouteilles en plastique dans des mares d'eau.

"Je suis choqué, mais je crois au changement.

"Mon surnom est 'Doff', ce qui signifie 'fou' en wolof.

"Je suis fou parce que je ramasse tout ce qui me parle. Lors de mes promenades, si je vois un objet qui me parle, je le ramasse".

Il ajoute : "Pour moi, rien ne se perd, tout se récupère".

Une fois ses matériaux collectés, Apollinaire les ramène dans son atelier.

"Dans mon travail, vous trouverez beaucoup de matériaux assez inhabituels, comme le paxalu (toiture), les douilles de balles, les fils de fer, les boîtes de conserve, etc.

Un tableau réalisé par Apollinaire Guidembaye
Légende image, Un tableau réalisé par Apollinaire Guidembaye.

Ses œuvres sont vendues à des collectionneurs du monde entier.

Barbara Kokpavo, fondatrice et directrice de la galerie Soview, à Accra, au Ghana, estime qu'Apollinaire fait partie d'une nouvelle vague d'artistes activistes en Afrique.

"Je pense que les artistes du continent sont des dénonciateurs. Ils le sont vraiment, parce qu'ils parlent de questions importantes. Ils nous alertent sur la nécessité de faire quelque chose pour l'écologie".

Selon elle, l'œuvre d'Apollinaire a un attrait particulier pour les acheteurs, dans son pays d'origine, le Tchad, ainsi qu'à l'étranger.

Les Tchadiens achètent de l'art. Les jeunes achètent de l'art et s'intéressent à tout ce qui est matériel, parce que ce sont des sujets qui parlent aux jeunes.

"Nous parlons d'écologie. On parle d'écologie, on parle de matériaux recyclés, donc tout d'un coup, ce sont des matériaux qui parlent aux jeunes, qui interrogent les problèmes auxquels nous sommes confrontés en tant que jeunes, et je pense que c'est pour ça qu'on stimule de plus en plus une nouvelle classe de jeunes collectionneurs, parce qu'on leur propose quelque chose qui leur parle.

Barbara Kokpavo entrain d'échanger avec le jeune artiste
Légende image, Barbara Kokpavo entrain d'échanger avec le jeune artiste

Selon elle, l'art d'Apollinaire "fait écho à de nombreuses œuvres d'autres artistes jeunes et touchés par les problèmes écologiques ...". Les œuvres d'art que nous voyons devraient faire écho aux questions environnementales, à nos problèmes personnels de protection de la planète".

Apollinaire contribue aujourd'hui à la formation de la prochaine vague d'artistes à N'Djamena.

Il déclare : "Je pense que le rôle des artistes est très important. Aujourd'hui, j'essaie de transmettre mes techniques de recyclage à la jeune génération.

"Pour moi, c'est très important de transmettre cela à la jeune génération, pour qu'elle grandisse avec et qu'elle continue le combat que je mène.

Ce contenu a été créé grâce au financement de la Fondation Bill & Melinda Gate.