Le coup d'Etat en Guinée-Bissau suscite des doutes quant à sa légitimité

Le général Horta N'Tam (au centre), de l'armée de Guinée-Bissau, s'entretient avec des officiers lors de sa cérémonie d'investiture en tant que chef de la transition et commandant du Haut Commandement à Bissau, le 27 novembre 2025.

Crédit photo, AFP via Getty Images

Légende image, L'armée de Guinée-Bissau a nommé jeudi un général à la tête du pays pour un an, au lendemain de sa prise de pouvoir et de l'arrestation du président de cette nation ouest-africaine régulièrement touchée par les coups d'État.

L'ancien président nigérian Goodluck Jonathan et le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko ont exprimé des doutes quant à la légitimité du coup d'État qui a renversé le président de la Guinée-Bissau, Umaro Sissoco Embaló.

Cela intervient alors que l'armée bissau-guinéenne a insisté sur le fait qu'elle avait déjoué un complot visant à déstabiliser ce pays déjà politiquement fragile.

S'adressant aux journalistes dans la capitale nigériane, Abuja, M. Jonathan qui dirigeait une mission d'observation électorale du Forum des Anciens d'Afrique de l'Ouest en Guinée-Bissau, a déclaré que l'incident « n'était pas un coup d'État ».

Il l'a décrit comme un « coup d'État cérémoniel », remettant en question les événements ayant précédé l'annonce, mercredi, d'une prise de pouvoir par l'armée.

Il s'est notamment interrogé sur les raisons pour lesquelles le président Embaló avait été le premier à annoncer sa propre destitution, relevant un contraste frappant avec la manière dont d'autres dirigeants de la région ont été renversés lors de récents coups d'État.

« Ce qui s'est passé en Guinée-Bissau est assez troublant pour quelqu'un comme moi qui croit en la démocratie », a ajouté l'ancien président, qui a été évacué de Bissau.

Pendant ce temps, le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a déclaré aux parlementaires vendredi que « ce qui s'est passé en Guinée-Bissau était une combine ».

Comme l'ancien dirigeant nigérian, il a également exigé la poursuite du processus électoral et la proclamation des résultats de l'élection présidentielle.

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Les déclarations des deux hommes s'ajoutent aux affirmations de l'opposition selon lesquelles le coup d'État aurait été mis en scène, même si aucune preuve concrète n'a pour l'instant été fournie pour étayer ces accusations.

M. Embaló n'a pas commenté ces nouvelles allégations, mais il avait auparavant confirmé à la chaine France 24 : « J'ai été renversé ».

Vendredi, le président de la transition en Guinée-Bissau a nommé le ministre des Finances, Ilídio Vieira Té, au poste de Premier ministre.

Sa nomination est intervenue après la libération de son ancien chef, Embaló, qui a été immédiatement transporté par avion vers le Sénégal à bord d'un appareil affrété.

Par ailleurs, l'Union africaine a suspendu la Guinée-Bissau vendredi à la suite de cette prise de pouvoir militaire anticonstitutionnelle, rapporte l'AFP. Le bloc ouest-africain, la CEDEAO, a pris une mesure similaire, tout en exhortant les militaires à regagner les casernes.

La Guinée-Bissau est un pays d'Afrique de l'Ouest régulièrement confronté aux coups d'État et fragilisé par le trafic de drogue. La perturbation du processus électoral et le renversement du président font craindre une aggravation des risques pesant sur la stabilité de l'ensemble de la sous-région.