Claude Pivi : qui était cet officier condamné à vie, et mort en détention en Guinée ?

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- Author, Mamadou Faye
- Role, BBC News Afrique
- Reporting from, Sénégal
Le colonel Claude Pivi, condamné pour crimes contre l'humanité à la suite du massacre perpétré en 2009 dans un stade de Conakry, est décédé, ont annoncé mardi les autorités guinéennes.
Né en 1960 à Nzérékoré, Claude Pivi est un officier militaire guinéen. Membre du Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD), il a été ministre chargé de la sécurité présidentielle sous le magistère de Moussa Dadis Camara.
Que sait-on des circonstances de sa mort ?
Claude Pivi est décédé mardi en détention dans un hôpital de Conakry des suites de complications liées au diabète, a indiqué le parquet.
Selon le communiqué du parquet général, il souffrait de diabète chronique et d'hypertension artérielle.
Hospitalisé après une non-observance de son traitement, Claude Pivi aurait souffert d'une hypoglycémie sévère qui avait nécessité son évacuation d'urgence, le 4 janvier 2026, à l'hôpital militaire du Camp Almamy Samory Touré.
Après deux jours de soins intensifs, selon les autorités judiciaires, il est décédé ce mardi des suites d'un coma hypoglycémique diagnostiqué par le médecin traitant. Une autopsie a été recommandée par le parquet général.
Pourquoi était-il en prison ?
Après la répression des militants de l'opposition le 28 septembre 2009 à Conakry, Claude Pivi a été inculpé par les juges d'instruction chargés de l'affaire le jeudi 27 juin 2013, à la suite de l'instruction ouverte par la justice guinéenne.
En avril 2023, le procès se poursuit devant le tribunal criminel de Dixinn délocalisé à la Cour d'appel de Conakry avec les témoignages de beaucoup de victimes.
Après son évasion de la prison centrale de Conakry, orchestrée par un commando dirigé par Verny, un de ses fils, la junte dirigée par Mamadi Doumbouya avait promis en novembre 2023, une récompense de 54 000 euros pour la capture de Claude Pivi.
Le 31 juillet 2024, l'ancien officier Claude Pivi a été reconnu coupable de "crimes contre l'humanité" et condamné par contumace à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d'une période de sûreté de 25 ans de prison.
Un mandat d'arrêt international a été lancé contre lui par le gouvernement guinéen.
Il sera arrêté par la police à la frontière avec le Libéria dans la soirée du 17 septembre 2024, puis envoyé à Monrovia avant d'être extradé par un vol spécial vers Conakry dans la nuit du 17 au 18 septembre 2024.
Arrivé au pays, il a été détenu à la prison civile de Coyah.
Son parcours dans l'armée guinéenne
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Claude Pivi était un ancien colonel de l'armée guinéenne, et ministre chargé de la sécurité sous le régime du Capitaine Moussa Dadis Camara.
Après une carrière sportive dans le karaté durant laquelle il a disputé les Championnats d'Afrique dans les années 1980, Claude Pivi a intégré l'Armée guinéenne en 1985, et a enseigné le karaté à plusieurs militaires dont Aboubacar Sidiki Diakité, dit Toumba.
Devenu Sergent-chef du bataillon autonome des troupes aéroportées, sous la présidence du Général Lansana Conté, c'est en mai 2008 qu'il s'est révélé au grand public en tant que porte-parole des soldats lors d'une mutinerie.
Nommé ministre par décret présidentiel au lendemain de la formation du gouvernement de Kabiné Komara le 31 décembre 2008, il est promu au grade de Capitaine en avril 2009.
Après la répression de manifestants de l'opposition le 28 septembre 2009 au stade de Conakry, il figure en vingtième position sur la liste de personnalités guinéennes soumises à interdiction d'entrée ou de passage en transit sur le territoire de l'Union européenne.
Avec l'ensemble des membres du Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD), il figure également sur la liste établie par l'Union africaine, les sanctionnant par un refus d'accorder de visas, des restrictions de voyager et le gel de leurs avoirs.
Son rôle dans l'affaire du 28 septembre 2009

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Des dizaines de milliers de personnes avaient manifesté à Conakry en septembre 2009 pour protester contre la junte de Camara, qui avait pris le pouvoir par un coup d'État l'année précédente.
Au moins 156 personnes ont été tuées par balles, à l'arme blanche, à la machette ou à la baïonnette lors du massacre du stade, selon une commission d'enquête internationale mandatée par l'ONU. Des centaines de personnes ont été blessées et au moins 109 femmes ont été violées, lors de ce qui est considéré comme l'une des pages les plus sombres de l'histoire guinéenne.
L'ancien président Moussa Dadis Camara s'était également évadé de prison lors du raid de 2023, mais a été repris le jour même.
Reconnu coupable de crimes contre l'humanité et condamné à 20 ans de prison, l'ancien président Dadis Camara a été gracié fin mars par Mamadi Doumbouya.
Doumbouya entame son premier mandat après avoir remporté l'élection présidentielle du mois de décembre 2025, à laquelle tous les principaux chefs de l'opposition étaient exclus. Il a dirigé la junte qui a pris le pouvoir lors d'un autre coup d'État en 2022.















