Au moins 70 personnes tuées dans l'attaque menée mardi par des militants djihadistes à Bamako

Crédit photo, Getty Images
- Author, Ousmane Badiane
- Role, Digital Journalist BBC Afrique
L'on est un peu plus situé sur les événements qui se sont passés mardi dans la capitale malienne, Bamako.
Alors que les autorités hésitaient à communiquer officiellement sur le nombre de victimes de l'attaque des militants djihadistes contre une école de Gendarmerie à Bamako, l'AFP a révélé le bilan de l'incident.
Selon cette agence de presse qui cite des sources sécuritaires, plus de 70 personnes sont tuées dans cette attaque et environ 200 autres sont blessées. Les autorités maliennes ont déjà affirmé avoir perdu plusieurs élèves gendarmes.
Le groupe armé qui a revendiqué cette attaque parle pour sa part de centaines de morts ainsi que de 10 morts dans leurs rangs.
Elles ont annoncé un programme pour offrir un soutien psychologique aux élèves gendarmes, au personnel et aux familles des victimes de l'attaque de mardi.
Depuis mardi, des questions se posent sur la stratégie de sécurité de l'armée malienne. Puisque la capitale Bamako est généralement épargnée par les attaques des militants djihadistes.
Le président de la Transition, Assimi Goita d'ailleurs affirmé que les djihadistes ont été affaiblis. L'attaque de mardi remet en cause cette affirmation et inquiète de nombreux Maliens.
Egalement préoccupée, la Communauté Economique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) a condamné l'attaque. Elle se dit inquiète quant à l'impact de tels incidents sur la paix et la sécurité dans l'ensemble de la région ouest-africaine.

Crédit photo, AFP
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Des hommes armés ont attaqué mardi une école de formation militaire à Bamako, la capitale du Mali, lors d'un assaut matinal au cours duquel de nombreux quartiers de la ville ont été ciblés, ont indiqué les autorités.
« Tôt ce matin, un groupe de terroristes a tenté de s'infiltrer dans l'école de la police militaire de Faladie », a déclaré l'armée sur les réseaux sociaux.
Le ministère de la sécurité a parlé d'« attaques terroristes » contre des « points sensibles de la capitale », dont l'école de police militaire.
Les autorités militaires maliennes utilisent généralement le terme « terroristes » pour désigner les djihadistes et les séparatistes du nord du pays.
Des opérations de recherche sont en cours, a indiqué l'armée, qui a appelé la population à rester calme et à éviter la zone.
Aucune victime n'a été signalée. Deux membres des forces de sécurité ont toutefois déclaré à l'AFP avoir été blessés dans l'attaque.
« C’est vers 4h du matin que les détonations nous ont réveillés, on entendait les échanges de tirs, des détonations très fortes à plus de 5 km de la zone de l’attaque. C’est le camp de gendarmerie qui abrite une école qui a été attaqué en plus d’un poste au niveau de l’aéroport Sénou, on a eu des fumées dégager dans le ciel et puis on a entendu de fortes détonations dans toute la ville », selon Adama Junior.
L'armée malienne a déclaré mardi que la situation était « sous contrôle » après ce qu'elle a appelé une tentative d'infiltration déjouée par des « terroristes » dans une base de la police militaire dans la capitale, Bamako, où les attaques sont rares.
L'armée a déclaré que les assaillants avaient frappé une école de gendarmerie près de l'aéroport de la ville, mais que la situation était désormais « sous contrôle ».
L'école fait partie des "points sensibles" "cibles par des attaques terroristes" à l'aube, a indiqué le ministère de la Sécurité.
L'attaque à Bamako revendiquée par le JNIM
Le groupe djihadiste Jama'at Nusrat al-Islam wal Muslimin (JNIM ou GSIM en français), alliance jihadiste affiliée à Al-Qaïda, a revendiqué l'attaque d'une école de formation militaire à Bamako, dans un message relayé via ses canaux de communication.
"Une opération spéciale visant l'aéroport militaire et le centre d'entraînement des gendarmes maliens au centre de la capitale malienne (Bamako) ce matin (mardi) à l'aube, causant d'énormes pertes humaines et matérielles et la destruction de plusieurs avions militaires", a revendiqué le GSIM.

Crédit photo, Reuters
L'armée malienne a indiqué que les militaires maliens avaient déjoué les tentatives d'infiltration des « terroristes » dans l'école de gendarmerie de Faladié.
Le JNIM est considéré comme l'un des groupes militants les plus actifs du Sahel, connu pour ses attaques au Mali, au Burkina Faso et au Niger.
Le ministère de la Sécurité a assuré aux habitants qu'ils pouvaient poursuivre leurs activités normalement après l'attaque. En revanche, les membres du personnel des Nations Unies au Mali ont reçu le message suivant : « Des coups de feu ont été entendus dans certains quartiers de Bamako. Tout le personnel de l'ONU doit limiter ses déplacements jusqu'à nouvel ordre ».
« En tant que citoyen, c’est préoccupant de savoir qu’on peut mener des attaques au cœur de Bamako parce que qui connait Faladié sait que c’est le centre-ville de la capitale, c’est une zone à forte population donc c’est vraiment inquiétant au niveau sécuritaire, ça nous inquiète de savoir qu’on peut être attaqué jusqu’à Bamako. C’est même surprenant parce que tout le monde s’est réveillé ce matin en se posant des questions, oui c’est vraiment inquiétant », déclare Adama, un habitant de Bamako joint par BBC Afrique.
Des vidéos publiées plus tôt sur les réseaux sociaux montraient d'épais nuages de fumée noire s'élevant d'une partie de la ville.
Alors que les coups de feu retentissaient, les personnes se rendant à la mosquée pour les prières du matin ont dû faire demi-tour, a rapporté l'agence de presse Reuters.
L'aéroport international Modibo Keita de Bamako a été fermé suite à l'attaque.
Le Mali est en proie à une crise multidimensionnelle depuis 2012. Le pays est confronté à la menace jihadiste et a été le théâtre de deux putschs, en août 2020 et mai 2021. Il est depuis gouverné par une junte dirigée par le colonel Assimi Goïta.














