Entre 100 et 200 mutins auraient participé à la tentative de putsch au Bénin, selon le gouvernement.

Crédit photo, AFP via Getty Images
- Author, Rachida HOUSSOU
- Role, BBC Afrique
- Reporting from, Cotonou
Le chef des mutins est toujours en fuite. « À l'heure actuelle, je ne sais pas où il se trouve », a déclaré le porte-parole du gouvernement, Wilfrid Léandre Houngbédji, lors de sa conférence de presse ce mercredi à Cotonou. Quatorze personnes ont été interpellées depuis le 7 décembre, et les enquêtes se poursuivent pour retrouver les autres mis en cause ainsi que leur leader.
Selon le gouvernement, la mutinerie a été menée par un groupe, estimé entre 100 et 200 militaires, conduits par le commandant des forces spéciales de la Garde nationale, le lieutenant-colonel Pascal Tigri.
« Les combats ont été rudes, violents. Nous avons perdu un agent et enregistré un blessé grave », rapporte le secrétaire général adjoint du gouvernement.
Les mutins, eux, se seraient repliés en emportant leurs blessés et les corps de leurs morts.
A qui profiterait le crime ?

À ce stade, « aucune hypothèse n'est exclue », mais le gouvernement affirme ne soupçonner personne. Interrogé sur de possibles soutiens extérieurs, Wilfred Léandre Houngbédji rappelle que de nombreuses fake news ont circulé sur les réseaux sociaux pour « déstabiliser le pays ».
« Nous avons vu, sur les réseaux sociaux, d'où sont venus les renforts aux mutins, en matière de désinformation. Nous savons d'où cela vient. Pour autant, nous ne soupçonnons personne, à cette étape-ci, d'avoir instigué ce coup en instrumentalisant les militaires » insiste-t-il en ajoutant que les enquêtes permettront de situer les responsabilités.
Des justifications "fallacieuses", selon le gouvernement
Dans leur déclaration diffusée à la télévision nationale, les mutins ont affirmé avoir agi en raison, entre autres, de la « dégradation continue de la situation sécuritaire au Nord ».
Des arguments rejetés par le porte-parole du gouvernement, qui les qualifie de « fallacieux ». Il relève que le Bénin a renforcé ses capacités de défense ces dernières années. Ironie du sort, souligne-t-il, une partie de l'équipement acquis pour lutter contre le terrorisme a été détournée pour perpétrer la tentative de putsch.
Sur l'argument politique avancé par les mutins, Wilfred Léandre Houngbédji est catégorique, le militaire n'a pas vocation à arbitrer la vie politique.
Interrogé sur les enseignements à tirer, le porte-parole se veut lucide : « On peut déjouer cent tentatives de coup d'État, mais il peut y en avoir une, deux ou trois qui parviennent à se déclencher. »
Il se réjouit de la riposte de l'armée béninoise. Les forces béninoises ont été au cœur de la riposte.
Wilfrid Léandre Houngbédji insiste sur un point : l'armée béninoise a mené une bonne partie des opérations. Les forces étrangères, ne sont intervenues qu'en appui, « pour finaliser le travail », précise-t-il.















