Un rappeur critique le Roi du Maroc et se retrouve en prison

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- Author, Par News
- Role, BBC Monitoring
Une chanson de rap jugée critique à l'égard du roi suscite le débat et une vive polémique au Maroc, alors que les auteurs de la chanson sont arrêtés.
Mohamed Mounir, connu sous le nom de Gnawi, a été arrêté au début du mois et son avocat déclare qu'il comparaîtra à nouveau le 25 novembre.
S'il est reconnu coupable, il risque jusqu'à deux ans de prison et une amende.
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Les autorités marocaines ont nié que l'arrestation du rappeur a été provoquée par la chanson, affirmant qu'elle était basée sur une vidéo YouTube précédente dans laquelle il insultait la police.
Mais l'arrestation a eu lieu deux jours après la parution de la chanson, ce qui a poussé le public à soupçonner un lien entre les deux.
Khadija Anani de l'Association marocaine des droits de l'homme pense que l'arrestation est "un acte de vengeance qui montre le déclin de la liberté d'expression" dans le pays.
Amnesty International qualifie l'arrestation de Gnawi d' "attaque scandaleuse contre la liberté d'expression " et demande qu'il soit libéré.
Vive le peuple !
L'un des aspects de la chanson Vive le peuple qui a attiré l'attention des médias est ce qu'Amnesty appelle une "référence désobligeante au roi ", en particulier le mot " n'ayyishish " - une réponse négativ à l'appel traditionnel de Vive le roi.

Crédit photo, Facebook/Gnawi
L'offense au roi est un délit pénal au Maroc et un sujet tabou en public.
Même les médias critiques à l'égard de la monarchie, comme le site Internet Lakome, déclarent que les paroles sont "dures" et "ont franchi plusieurs lignes rouges".
La chanson fait référence à l'agitation sociale depuis 2011, lorsque le pays a connu sa propre version du printemps arabe, ainsi qu'aux manifestations en Algérie voisine qui ont fait tomber le gouvernement plus tôt cette année.
Les textes mentionnent également "l'homme du Rif" et "l'homme libre derrière les barreaux", dans ce qui est largement considéré comme une référence aux manifestations dans le nord du Maroc et à leur leader Nasser Zefzafi, dont la condamnation à 20 ans de prison l'an dernier a suscité l'émoi au plan international.
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"Un impact unique"
La vidéo a recueilli plus de 13 millions de vues sur YouTube, ce qui se rapproche du nombre de personnes qui ont voté lors des dernières élections dans le pays.
"Nous sommes face à une chanson politique comme le Maroc n'en a jamais connu en termes de clarté, de franchise, de force du message et de rapidité de diffusion", écrit le site Al Youm 24.
Depuis sa première diffusion sur les médias sociaux le 29 octobre, des milliers de personnes ont répondu à la chanson, principalement en remerciement.
"C'est ça, tout est dit dans cette vidéo ", a écrit une personne sur Facebook.

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Un autre a levé son pouce au message provocateur de la chanson face à "la méchanceté du régime répressif".
L'un des commentaires les plus forts met en garde les fonctionnaires qui vivent dans les palais que "la révolution des affamés va les brûler".
Un message posté au nom de Gnawi sur Facebook pour dire qu'il est en bonne santé a reçu un énorme soutien - sous la forme d'émojis tristes et de cœur, des partages et des commentaires demandant la libération du rappeur.
Le Maroc a adopté une série de nouvelles lois régissant les médias et la liberté d'expression en 2016, mais les autorités sont toujours accusées de réprimer les journalistes , les bloggeurs et les citoyens qui critiquent le roi, la religion ou l'État.












