France 24 : la chaîne réagit à sa suspension par le Burkina Faso

Ibrahim Traoré

Crédit photo, AFP

Les autorités burkinabè ont ordonné l'arrêt des émissions de France 24 à la suite d'un entretien avec le chef de la branche nord-africaine du groupe d'Al-Qaïda, Aqmi. La chaîne française déplore la décision.

Dans un communiqué disponible sur son site, le média français "conteste les accusations sans fondement" mises en avant par les autorités burkinabè pour justifier leur décision.

Au reproche du gouvernement burkinabè d'avoir accordé une interview au chef d'Al Qaeda au Maghreb islamique (Aqmi), France 24 rétorque qu'elle ne lui a pas accordé une interview directement, "prenant soin de relater ses propos sous la forme d'une chronique permettant la distanciation et la contextualisation nécessaires."

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Pour la chaîne française, cette chronique a permis "pour la première fois de confirmer que l'otage français Olivier Dubois, libéré depuis, était retenu par Aqmi."

Les reproches des autorités burkinabè à France 24

"France 24 n'est pas seulement le porte-parole de ces terroristes, mais pire, elle offre un espace de légitimation des actions terroristes et des discours de haine", a déclaré le ministre burkinabè de la Communication, Jean-Emmanuel Ouedraogo, dans un communiqué.

Il a indiqué que le gouvernement avait donc décidé "en toute responsabilité, et au nom de l'intérêt supérieur de la nation, de suspendre sine die la diffusion des programmes de France 24 sur le territoire national".

France 24 s'est dite indignée "des propos outranciers et diffamatoires du gouvernement burkinabè" qui la dépeignent sous les traits "d'une agence de communication pour ces terroristes.''

La chaîne française a diffusé l'interview du chef d'Aqmi Yezid Mebarek au début du mois, après que la France a tué son prédécesseur lors d'un raid aérien.

Les relations entre le Burkina Faso et la France se sont détériorées depuis le coup d'État d'octobre dernier.

Le Burkina Faso a demandé et obtenu de la France le retrait de ses troupes de l'opération Sabre basées dans le pays en janvier dernier.