Coup d'Etat au Burkina Faso : qu'ont déclaré les soldats et quelles sont les réactions ?

Les gens dans les rues de Ouagadougou montrent leur soutien aux militaires après qu'ils aient déposé le président Kaboré.

Crédit photo, Reuters

Légende image, Les gens dans les rues de Ouagadougou montrent leur soutien aux militaires après qu'ils aient déposé le président Kaboré.

Les réactions se poursuivent au Burkina Faso et sur le plan international au lendemain du coup d'État.

La déclaration a été publiée au nom d'un groupe dont on n'avait jamais entendu parler auparavant, le Mouvement patriotique pour la sauvegarde et la restauration (MPSR).

Bien qu'elle ait été lue par un autre officier, la déclaration a été signée par le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, qui est considéré comme le chef du coup d'État et un commandant supérieur ayant des années d'expérience dans la lutte contre les militants islamistes.

Une capture d'écran d'une vidéo montre le capitaine Kader Ouedraogo s'exprimant sur la télévision d'État " RTB " à Ouagadougou, au Burkina Faso, le 24 janvier 2022.

Crédit photo, Anadolu Agency

Légende image, Une capture d'écran d'une vidéo montre le capitaine Kader Ouedraogo s'exprimant sur la télévision d'État " RTB " à Ouagadougou, au Burkina Faso, le 24 janvier 2022.

Ce qu'ont dit les soldats du MPSR

Selon le communiqué, M. Kaboré n'a pas réussi à unir la nation et à gérer efficacement la crise sécuritaire qui "menace les fondements mêmes de notre nation".

La déclaration indique que le parlement et le gouvernement ont été dissous, et que la constitution a été suspendue, mais promet un "retour à l'ordre constitutionnel" dans un "délai raisonnable".

Lire aussi :

Les militaires ont également annoncé la fermeture des frontières du Burkina Faso et l'instauration d'un couvre-feu de 21h à 5h sur toute l'étendue du territoire.

Le lieu où se trouve l'ancien président Kaboré n'est pas clair, mais l'officier a déclaré que toutes les personnes détenues se trouvaient dans un endroit sûr.

Pour les partisans du président déchu, il a survécu à une tentative d'assassinat.

Des manifestants réunis à Ouagadougou pour soutenir les militaires tiennent une photo du lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, chef de la mutinerie et du Mouvement patriotique pour la protection et la restauration (MPSR), le 25 octobre 2022.

Crédit photo, OLYMPIA DE MAISMONT

Légende image, Des manifestants réunis à Ouagadougou pour soutenir les militaires tiennent une photo du lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, chef de la mutinerie et du Mouvement patriotique pour la protection et la restauration (MPSR), le 25 octobre 2022.

Pas d'autre alternative envisageable, selon "Sauvons le Burkina"

Ibrahim Maiga, le président du mouvement "Sauvons le Burkina", a déclaré au micro de BBC Afrique qu'il n'y avait pas "d'autre alternative envisageable" après ce qu'il qualifie de "déviances répétées" du régime du président déchu Roch Kaboré.

"Il n'y avait aucune issue possible qui pouvait être différente de ce que nous avons vécu aujourd'hui. Ce que nous pouvons espérer : que le meilleur puisse en sortir. Pour que le meilleur puisse en sortir il va falloir que le gouvernement de transition ne se comporte pas de la même façon que le gouvernement qui vient de partir, ou encore pire. Et pour ça il va falloir qu'il donne des assurances au peuple burkinabè." ajoute-t-il.

Pour rappel, "Sauvons Le Burkina" est un mouvement de la société civile lancé en novembre. Il a conduit des manifestations contre l'insécurité et a appelé au départ du président Kabore.

Dans la rue, le soutien àux militaires semble dominer.

Une foule à Ouagadougou célèbre le coup d'État, le 25 janvier 2022.

Crédit photo, BBC

Légende image, Une foule à Ouagadougou célèbre le coup d'État, le 25 janvier 2022.

Manifestation de soutien à Ouagadougou

Plus de 1 000 personnes se sont rassemblées sur la place principale de la capitale pour célébrer le coup d'État de lundi, certaines brûlant le drapeau français tandis que d'autres dansaient au son de la musique, rapporte l'agence de presse Reuters.

L'incendie du drapeau français est le dernier signe en date de la frustration croissante suscitée par le rôle militaire de l'ancienne puissance coloniale dans la région.

La France a des troupes au Burkina Faso et dans plusieurs autres États de la région pour aider à combattre les islamistes militants qui font des ravages dans la région.

Mais la présence de ces troupes s'est avérée controversée, comme l'explique l'analyste Paul Melly dans un récent article de la BBC.

À Ouagadougou, certains membres de la foule ont également critiqué l'organisme régional ouest-africain, la Cedeao, qui a adopté une ligne dure contre les coups d'État.

"La Cedeao ne se soucie pas de nous, et la communauté internationale ne veut que condamner", a déclaré à Reuters un manifestant, Armel Ouedraogo.

Un coup d'État ne peut pas être une solution, selon la CGTB

La Confédération générale des travailleurs du Burkina (CGT-B) semble se démarquer des manifestations de soutien au coup d'Etat.

Son Secrétaire général adjoint Norbert Ouangre soulève une question de principe de son organisation qui est de condamner les coups d'Etat : "Il y a une position de principe au sein de la CGT-B qui est de condamner les coups d'état. On peut même dire qu'au niveau de l'UAS le même principe prévaut parce que dans notre récente déclaration concernant le Mali, nous avons dit que notre déclaration n'allait pas dans le sens de soutenir la junte au Mali, ni un coup d'Etat en général. Ce qui signifie bien que, en général on est même hostile aux coups d'Etat parce que nous ne voyons pas en quoi ils peuvent être la solution aux problèmes que vit un pays."

Cependant, il annonce des concertations à venir pour dégager une position par rapport à la situation actuelle :

"Pour ce qui est arrivé chez nous, avant-hier et hier, pour nous il s'agit de se concerter à différents niveaux notamment à celui de l'UAS pour dégager une position commune sur la question. Nous avons un cadre unitaire et pour nous il est important que nous puissions nous concerter et puis essayer d'analyser la situation si cela permet d'aboutir à une déclaration qui va situer les militants et l'opinion en général, on va aller dans ce sens-là."

Condamnation au niveau international

Lundi déjà, avant la déclaration du MPSR, l'Union africaine et la Cedeao avaient condamné ce qui était alors qualifié de tentative de coup d'État.

Ignorer X publication, 1
Autoriser le contenu de X?

This article contains content provided by X. We ask for your permission before anything is loaded, as they may be using cookies and other technologies. You may want to read the X cookie policy and privacy policy before accepting. To view this content choose 'accept and continue'.

Attention: le contenu externe peut contenir des messages publicitaires

Fin de X publication, 1

Ce mardi, l'institution sous-régionale a réagi publiquement suite à la déclaration de la junte.

Dans son communiqué, la Cedeao déclare que la démission du Président Kaboré a été "obtenue sous la menace, l'intimidation et la pression des militaires après deux jours de mutinerie."

Elle réitère sa condamnation ferme "de ce coup de force des militaires" et annonce un sommet extraordinaire sur le Burkina.

Pour rappel, le bloc regional a suspendu le Mali et la Guinée et leur a imposé des sanctions après que les militaires de ces deux pays ont pris le pouvoir.

Le président français Emmanuel Macron a condamné le coup d'État et a déclaré que le président déchu Roch Kaboré était en bonne santé et n'était pas menacé.

Il a ajouté que la situation au Burkina Faso semble calme, un jour après la prise du pouvoir par les militaires.

Le Secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, a appelé les putschistes à déposer les armes.

Le chef de l'ONU a déclaré que la prise de pouvoir militaire faisait partie d'une "épidémie de coups d'État dans le monde et dans cette région."

Ignorer X publication, 2
Autoriser le contenu de X?

This article contains content provided by X. We ask for your permission before anything is loaded, as they may be using cookies and other technologies. You may want to read the X cookie policy and privacy policy before accepting. To view this content choose 'accept and continue'.

Attention: le contenu externe peut contenir des messages publicitaires

Fin de X publication, 2

Dans une déclaration, le département d'État américain a également exprimé sa profonde inquiétude concernant la dissolution du gouvernement, la suspension de la constitution et la détention des dirigeants du gouvernement.

Ignorer X publication, 3
Autoriser le contenu de X?

This article contains content provided by X. We ask for your permission before anything is loaded, as they may be using cookies and other technologies. You may want to read the X cookie policy and privacy policy before accepting. To view this content choose 'accept and continue'.

Attention: le contenu externe peut contenir des messages publicitaires

Fin de X publication, 3

Le Haut Représentant de l'Union européenne, Josep Borrell, a déclaré que l'UE était "très préoccupée par l'évolution de la situation au Burkina Faso."