Assimi Goita: un an après le coup d'État, des Maliens s’interrogent

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Un an après le coup d'État qui a renversé le président Ibrahim Boubacar Keita le 18 août 2020, les Maliens s'interrogent et scrutent les actions des militaires qui exercent le pouvoir.
En mai 2021, à l'issue d'un autre coup d'état, le colonel Assimi Goïta s'est imposé comme président de transition.
Sur le plan social, économique et sécuritaire, les avancées sont lentes et la victoire des Taliban en Afghanistan suscitent chez certains Maliens de fortes réactions.
BBC Afrique s'est entretenu avec plusieurs analystes et experts sur leur lecture de l'année écoulée et la manière dont ils entrevoient l'avenir du Mali.
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Amadou Goita - président du parti Socialiste ( PS Yelen Kura) Ancien Ministre

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"Sur le plan sécuritaire, les terroristes contrôlent les villages, les arrondissements.Nous avons aujourd'hui des villages sous embargo des terroristes".
"Sur le plan économique, la vie chère on n'en parle même plus."
"Sur le plan social, la grève des enseignants continue. Aujourd'hui, nous sommes au regret de constater qu'un an après, rien n'a été fait."
"Malheureusement aujourd'hui, nous sommes au point de départ.Tous les Maliens s'inquiètent.On se pose la question : 'à quoi a servi tout ça ?' Nous avons toujours dit qu'un coup d'état ne peut jamais être une solution pour un pays démocratique".
L'avenir ?
"L'avenir du Mali est de créer un cadre inclusif, de rassembler les Maliens et qu'on se retrouve autour de la table … pour aller à l'organisation des élections".
"Nous souhaitons que l'inclusivité soit le leitmotiv de la transition. Il y a eu un gouvernement qui a été formé, composé que de ceux qui ont pris la rue et ceux qui ont pris les armes. Il y a d'autres Maliens qui regardent. Et tous les Maliens souhaitent être associés à la gestion du pays pour qu'on puisse fédérer nos énergies et sortir de cette crise".
Mohamed Touré - Enseignant chercheur

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"Le règles de gouvernance démocratique opérantes, l'acte fondamental de la Constitution du Mali, les lois de gouvernance, la loi électorale, la loi qui organise la Cour constitutionnelle, ces actes-là ont montré leurs limites.
"Je pense qu'après le coup d'état du 18 aout 2020,il fallait commencer à refonder l'Etat du Mali en élaborant une nouvelle Constitution. Malheureusement cela n'a pas été fait".
"On aurait dû engager le débat public, aller à la concertation, aller à la rencontre des Maliens et leur demander : 'que veulent les Maliens ?' afin de l'inscrire dans la nouvelle Constitution. Les choses se seraient bien passées ainsi et on aurait une bonne Constitution qui allait régler les nouvelles échéances électorales. Mais jusqu'à présent malheureusement, les débats continuent".
L'avenir ?
"Je suis de la doctrine positiviste comme on dit la 'positive attitude'. Je pense que les nations qui se sont hissées au rang des nations les plus développées, les plus stables au monde, sont passées par là."
"Jusqu'en 1789 en France les choses n'étaient pas aussi stabilisées qu'aujourd'hui. La France par exemple, un pays modèle ici en Afrique pour son économie, est passée par des terreurs constitutionnels dont 'la terreur de la terreur' dans les années 1780.Aujourd'hui la France est une stabilité".
"Je pense que le processus de formation des nations est un processus d'agrégation. Aujourd'hui le pays connait des difficultés, le pays est en crise mais si les Maliens arrivent à mesurer la gravité de la chose, on peut arriver à faire bouger les lignes. Si on ne reste pas imperméable aux conseils et à l'éducation du tribunal du temps, on va saisir la période actuelle pour jeter les nouvelles bases tant rêvées et tant cherchées. Je pense que l'avenir est rose après tout ça".
Nouhoum Sarr - président du parti Front Africain pour le Développement (FAD)

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"Aujourd'hui, il faut regarder l'avenir. La transition ne sera pas jugée comparativement à un régime déchu mais elle sera jugée en fonction des objectifs et des missions qu'elle aura réalisées".
" Il y a une nécessité absolue de redéfinir l'orientation parce que de mon point de vue la transition actuelle - différente de toutes les transitions qu'on a connues - doit avoir comme mission de récupérer le territoire national, recouvrir l'intégrité du territoire national et assurer, conformément aux règles de l'art, le fonctionnement courant de l'état : des élections libres et transparentes, lutte contre la corruption, amélioration du plateau technique, organisation des infrastructures".
"Mais le premier axe est de récupérer le territoire national. Et pour le faire, il y a des actions diplomatiques à mener, des actions économiques, des actions militaires à mener et un processus de dialogue intra et intercommunautaires qu'il faut engager. C'est une combinaison de l'ensemble de ces actions qui va nous permettre de récupérer notre territoire".
L'avenir ?
"Les nations dans leur parcours historique connaissent souvent des moments de difficultés, des moments de bégaiements, d'incertitude, de doute et nous sommes aujourd'hui en train de nager entre le doute et l'espoir mais j'ai confiance en l'avenir. Je crois au génie de notre peuple et de notre pays, je crois que jusqu'à présent, nous disposons de ressors nécessaire pour pouvoir rebondir. Mais cela doit résulter d'un effort collectif".














