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Crime de guerre au Liberia : Alieu Kosiah, ancien chef de guerre libérien comparaît devant un tribunal en Suisse
Alieu Kosiah, qui est accusé de crimes de guerre devant un tribunal suisse, est décrit comme le premier Libérien à être jugé pour des crimes commis pendant la guerre civile de 1989 à 2003 dans son pays.
Alieu Kosiah est accusé de meurtre, de recrutement d'enfants soldats et de viol.
Il a combattu le leader du Libéria, Charles Taylor, au cours d'une guerre civile rentrée dans les annales pour sa brutalité.
Alieu Kosiah s'est ensuite enfui en Suisse, où il a été arrêté en 2014, après l'apparition de preuves de sa participation présumée à des meurtres de civils, des violences sexuelles et des actes de cannibalisme.
M. Kosiah nie ces accusations.
C'est la première fois que des accusations de crimes de guerre sont jugées par un tribunal civil en Suisse.
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Analyse : Pourquoi les Libériens n'ont pas été jugés pour crimes de guerre après les guerres civiles ?
Jonathan Paye-Layleh - BBC Africa, Monrovia
En 2008, la commission de vérité érigée après la guerre a recommandé l'amnistie de quelques personnes liées aux violences parce qu'elles avaient avoué la vérité et exprimé des remords lorsqu'elles ont fait face à la commission.
Mais l'instance a recommandé des poursuites pénales pour des dizaines d'autres personnes. Cette recommandation n'a pas été suivie par les gouvernements successifs et il y a peu de volonté politique pour que cela se produise.
L'ancienne présidente Ellen Johnson Sirleaf ne pouvait pas et ne voulait pas parler de procès pour crimes de guerre parce qu'elle faisait partie de la cinquantaine de politiciens contre lesquels une recommandation d'interdire d'exercer une fonction publique avait été émise en raison de leur implication dans la guerre. Elle a nié tout acte répréhensible.
L'actuel président George Weah devait veiller à ce qu'il y ait des procès parce qu'il est considéré comme n'ayant pas joué de rôle dans la guerre, mais il affirme que les Libériens sont tous liés et il n'a montré aucun intérêt à instaurer un tribunal pour juger les crimes de guerre.
Certains anciens chefs de guerre occupent d'ailleurs des postes clés au sein du gouvernement.
Prince Johnson, sénateur du comté de Nimba depuis la première élection organisée après-guerre en 2005, fût le chef des rebelles qui avaient capturé et sauvagement assassiné le président Samuel Doe en septembre 1990.
Il est aujourd'hui un allié fidèle du président Weah.
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