Le Mozambique va enquêter sur l'assassinat d'une femme par des hommes en tenue militaire

Crédit photo, Twitter/ @ZenaidaMachado
Les autorités du Mozambique ont promis d'enquêter sur une vidéo montrant des personnes en uniforme de l'armée qui battent et tuent une femme nue dans la province de Cabo Delgado, une région riche en gaz.
Le ministère de la Défense a qualifié les images d'"horribles" et a promis de "vérifier leur authenticité".
Les groupes de défense des droits de l'homme ont également condamné ce meurtre.
Le Mozambique lutte depuis trois ans contre un groupe militant islamiste dans le nord du pays.
Son armée a été accusée de violations des droits de l'homme alors qu'elle tente de réprimer l'insurrection. Le gouvernement nie ces accusations.
Que contient la vidéo ?

Crédit photo, AFP
Le clip de deux minutes a été partagé par plusieurs groupes de défense des droits de l'homme lundi.
Dans la vidéo, un groupe d'hommes en uniforme militaire entourent une femme, l'un d'eux la frappe à la tête et au corps avec un bâton plusieurs fois avant que d'autres ne tirent.
On peut les entendre dire en portugais "tuez-la sur le bord de la route", rapporte l'agence de presse Reuters.
On peut également entendre les hommes crier "vous êtes d'al-Shabab", rapporte l'agence de presse AFP, en référence au groupe djihadiste qui a mené une insurrection contre le gouvernement depuis 2017.

"Les FDS [Forces de défense et de sécurité] réitèrent qu'elles ne sont pas d'accord avec tout acte barbare qui justifie la violation des droits de l'homme", a déclaré l'armée mozambicaine dans un communiqué.
Zenaida Machado, du groupe new-yorkais Human Rights Watch, a appelé à une enquête, affirmant que de tels actes, s'ils sont commis par des soldats, sèment la méfiance au sein de la population et renforcent le récit des insurgés.

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"C'est le pire cas de trahison", dit-elle ajoutant que les personnes effrayées ne devraient pas fuir les insurgés pour se retrouver en danger face à ceux qui sont censés les protéger.
Qui sont les insurgés ?
Le groupe - connu localement sous le nom d'al-Shabab, ou la jeunesse - a un programme islamiste, mais il s'appuie sur des décennies de frustrations locales concernant le chômage, les élections truquées, la corruption et la violence.
Les militants, qui ont prêté allégeance au groupe État islamique, ont lancé une série d'attaques contre des villages et des villes de la région au cours des trois dernières années, tuant plus de 1 500 personnes et en déplaçant au moins 250 000, selon l'agence de presse Reuters.
Cependant, l'opération de l'armée dans la région pour combattre les insurgés, qui ont temporairement pris le contrôle du port de Mocimboa da Praia dans la région, en août, a été liée à des allégations de violations des droits de l'homme.

Crédit photo, AFP
La semaine dernière, Amnesty International a déclaré qu'elle avait analysé et vérifié des vidéos montrant des tentatives de décapitation, des actes de torture et autres mauvais traitements de prisonniers, le démembrement de prétendus combattants de l'opposition et d'éventuelles exécutions extrajudiciaires.
Mais le gouvernement a nié ces allégations en disant que les insurgés sont connus pour "se faire passer pour des soldats".
Cabo Delgado, abrite l'un des plus grands projets de gaz naturel liquéfié d'Afrique.
Exxon Mobil est un investisseur majeur dans le développement de projets de gaz naturel d'une valeur de 60 milliards de dollars au large des côtes de la région.












