Saleh al-Arouri, un chef du Hamas : sa mort "ne restera pas impunie", déclare le Hezbollah

Hasan Nasrallah a précédemment déclaré que tout meurtre au Liban constituerait une ligne rouge.

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Légende image, Hasan Nasrallah a précédemment déclaré que tout meurtre au Liban constituerait une ligne rouge.
    • Author, Par Kathryn Armstrong
    • Role, BBC News

Hasan Nasrallah, le chef du Hezbollah, affirme que l'assassinat du puissant chef adjoint du Hamas "ne restera pas impuni".

Saleh al-Arouri est mort dans une attaque de drone à Beyrouth, mardi 2 janvier. Israël n'a pas confirmé qu'il en était responsable.

M. Nasrallah a qualifié la mort de M. Arouri de "crime majeur et dangereux sur lequel nous ne pouvons rester silencieux".

Il a ajouté que si Israël menait une guerre contre le Liban, "il n'y aurait ni limite, ni règle" pour la réponse du Hezbollah.

"Nous n'avons pas peur de la guerre", a déclaré M. Nasrallah dans une allocution télévisée.

"Ceux qui pensent à entrer en guerre avec nous le regretteront. Une guerre contre nous coûtera très cher", a-t-il prévenu.

Hasan Nasrallah a précédemment déclaré que tout meurtre au Liban constituerait une ligne rouge.

Le Hezbollah, tout comme son allié le Hamas, est considéré comme une organisation terroriste par Israël, le Royaume-Uni et d'autres pays. Il constitue la plus grande force politique et militaire du Liban et compte des ministres au sein du gouvernement libanais.

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L'attentat qui a coûté la vie à M. Arouri était le premier à Beyrouth après des mois d'échanges de tirs entre le Hezbollah, soutenu par l'Iran, et Israël, en réponse à la guerre à Gaza. Ces échanges de tirs ont été largement limités à la frontière sud du Liban.

Les forces de défense israéliennes (FDI) ont déclaré mercredi qu'elles "défendaient leurs frontières" contre des missiles lancés depuis le Liban.

Cette déclaration a été faite après que l'armée israélienne a augmenté le nombre de ses batteries de défense aérienne près de la frontière.

M. Arouri était un personnage clé des Brigades Izzedine al-Qassam, la branche armée du Hamas, et un proche allié d'Ismail Haniyeh, le chef du Hamas. Il se trouvait au Liban et servait de lien entre son groupe et le Hezbollah.

Il était connu pour figurer sur la liste des cibles d'Israël et le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, s'était précédemment engagé à éliminer les dirigeants du Hamas, où qu'ils se trouvent.

Saleh al-Arouri figurait également sur une liste noire américaine, sa tête étant mise à prix pour un montant de 3,9 millions d'euros (environ 2 milliards 336 millions 773 mille francs CFA) depuis 2018.

Miri Eisin, un colonel à la retraite des forces de défense israéliennes (FDI), a déclaré à la BBC que le député du Hamas "vivait au cœur de la Dahiya, au cœur de la zone du Hezbollah à Beyrouth" et qu'il était le "lien direct entre le Hamas et le Hezbollah".

Il ajoute que bien qu'il se sente mal pour le peuple libanais face au risque d'un conflit généralisé avec Israël, il était important de s'occuper des "agents terroristes".

Saleh al-Arouri (à gauche) a organisé des attentats en Cisjordanie occupée.

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Légende image, Saleh al-Arouri (à gauche) a organisé des attentats en Cisjordanie occupée.

Les États-Unis ont déclaré qu'ils restaient extrêmement préoccupés par le risque de voir le conflit à Gaza s'étendre à l'ensemble de la région après la mort de M. Arouri - une crainte partagée par le ministre libanais des Affaires étrangères. Ce dernier a déclaré que le gouvernement de son pays avait appelé le Hezbollah à ne pas exercer de représailles.

"Nous sommes très inquiets, les Libanais ne veulent pas être entraînés, même le Hezbollah ne veut pas être entraîné dans une guerre régionale", a dit Abdallah Bou Habib à la BBC.

Le porte-parole du département d'État américain, Matthew Miller, a déclaré mercredi que Washington n'avait pas été prévenu à l'avance de la frappe à Beyrouth qui a tué M. Arouri.

La force de maintien de la paix des Nations unies au Liban dit également être très inquiète d'une éventuelle escalade de la violence.

Un porte-parole de la Force intérimaire des Nations unies au Liban a exhorté toutes les parties à faire preuve de retenue, affirmant qu'un conflit plus large aurait des conséquences dévastatrices tant pour Israël que pour le Liban.

L'Iran a condamné l'assassinat de M. Arouri, le ministre iranien des Affaires étrangères critiquant Israël pour ses "opérations terroristes lâches", dans un message publié sur X (ex-Twitter).

Le Hamas aurait déclaré aux médiateurs égyptiens et qataris qu'il suspendait les pourparlers sur la libération éventuelle d'autres otages israéliens en réponse à l'assassinat de M. Arouri.

Des médias arabes ont également rapporté qu'une visite prévue d'une délégation israélienne dans la capitale égyptienne avait été reportée.

Pendant ce temps, les combats se poursuivent à Gaza. L'ONU a déclaré que cinq personnes ont été tuées dans une attaque contre le bâtiment du Croissant-Rouge palestinien dans la ville méridionale de Khan Younès, mardi 2 janvier, alors qu'Israël exhortait la population à évacuer.

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Un bébé de cinq jours figure parmi les morts, selon une porte-parole du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies.

"C'était un espace où vivaient des bébés", a déclaré Gemma Connell.

"Vous pouvez voir le sang sur le sol. Le monde devrait être absolument horrifié. Le monde devrait être absolument scandalisé", a-t-elle ajouté.

Des tracts ont été largués à Khan Younès, avertissant les habitants de quitter certaines zones désignées comme "zone de combat" par les FDI.

Le message indique qu'il s'agit d'un "avertissement urgent" d'évacuer plusieurs pâtés de maisons dans de nombreux quartiers.

Le ministère de la Santé de Gaza, dirigé par le Hamas, affirme que plus de 22 000 personnes ont été tuées dans le territoire depuis qu'Israël a entamé sa campagne de représailles.

Au moins 1 200 personnes ont été tuées lorsque le Hamas a attaqué Israël le 7 octobre et environ 240 autres ont été prises en otage.

Quelque 105 otages ont ensuite été libérés lors d'un cessez-le-feu de six jours à la fin du mois de novembre.