Explosion de Beyrouth : des manifestants en colère descendent dans la rue

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Des milliers de Libanais, furieux contre leurs dirigeants, descendent à nouveau dans la rue, quatre jours après une énorme explosion qui a fait au moins 158 morts.
Certains manifestants se sont heurtés à la police qui a tiré des gaz lacrymogènes.
L'explosion de mardi au port a dévasté certaines parties de la ville et a ravivé une colère profonde contre ce que beaucoup considèrent comme une classe politique inepte et corrompue.
L'explosion a été causée par un énorme stock de nitrate d'ammonium qui avait été saisi sur un navire mais n'avait jamais été déplacé.
Le gouvernement a promis de trouver les responsables.
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Mais il existe un niveau de méfiance énorme au Liban, où un mouvement de protestation anti-gouvernemental a éclaté en octobre dernier, alimenté par une crise économique et la chute de la monnaie nationale.
Deux ministres qui avaient tenté de se rendre dans des quartiers très endommagés ces derniers jours ont été chassés.
"Après trois jours de nettoyage, d'enlèvement des décombres et avoir pansé nos blessures... il est temps de laisser exploser notre colère et de les punir", a déclaré Fares Halabi, un militant de 28 ans, à l'agence de presse AFP avant les manifestations de samedi.

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Une marche doit relier l'une des zones les plus dévastées près du port à la Place des Martyrs, le cœur du soulèvement anti-gouvernemental qui a débuté l'année dernière.
La police a tiré des gaz lacrymogènes sur les manifestants qui ont lancé des pierres pour tenter de forcer une barricade empêchant l'accès au bâtiment du Parlement.
En plus de montrer la colère de la ville, la marche est également destinée à se souvenir des victimes de l'explosion, qui a fait 6 000 blessés, selon la dernière mise à jour.
Environ 300 000 personnes sont sans abri.
Le président libanais Michel Aoun a rejeté les appels à une enquête internationale sur l'explosion. Il a déclaré que les autorités locales examineraient si elle a été déclenchée par une "ingérence extérieure" telle qu'une bombe.
En attendant, les dirigeants mondiaux doivent participer dimanche à une conférence virtuelle des donateurs organisée par le président français Emmanuel Macron.
M. Macron a été assailli dans les rues en accueillant des foules appelant à une intervention extérieure lors de sa visite à Beyrouth au début de la semaine au lendemain de l'explosion.
Le président américain Donald Trump fait partie des dirigeants mondiaux qui doivent participer au sommet virtuel des donateurs.
Vendredi, les agences de l'ONU ont mis en garde contre une crise humanitaire au Liban, y compris d'éventuelles pénuries alimentaires et une incapacité à poursuivre la lutte contre la pandémie de Covid-19.
De nombreux pays ont déjà offert leur aide, les États-Unis ayant annoncé vendredi qu'ils prévoyaient d'envoyer immédiatement 15 millions de dollars de nourriture et de médicaments.













