Pourquoi la mort d'un manifestant suscite la colère au Kenya

Crédit photo, AFP
- Author, Wycliffe Muia
- Role, BBC News, Nairobi

Crédit photo, Rex Kanyike Masai/Instagram
Sa mère, Gillian Munyao, a déclaré aux journalistes que son fils s'était joint aux manifestations après le travail et qu'il échappait aux gaz lacrymogènes lorsqu'il a été abattu dans le centre-ville.
"La seule erreur de Rex a été de défendre les droits de tous, nous voulons que justice soit rendue à notre enfant", a ajouté Mme Munyao.
Son père, Chrispin Odawa, a déclaré qu'il s'agissait d'un "enfant très calme, paisible et obéissant".
M. Masai a été transporté à l'hôpital Bliss, sur l'avenue Moi de Nairobi, où son décès a été constaté, ont indiqué des responsables de l'établissement.
"Il a reçu une balle dans la partie supérieure de la cuisse. Il semble qu'il se soit vidé de son sang avant d'être amené dans notre établissement", a déclaré un médecin au site d'information kenyan Nation.

Crédit photo, EPA
Les Kényans se sont rendus sur les réseaux sociaux pour pleurer et demander justice pour le jeune homme.
"Nous allons imprimer des affiches avec le visage et le nom de Rex dans tout Nairobi, en le qualifiant de héros. Nous prendrons également en charge les frais d'enterrement", a indiqué Hanifa Farsafi, qui serait l'un des organisateurs des manifestations, sur X, anciennement Twitter.
"Mon cœur est absolument brisé... mais ce n'était pas en vain", a-t-elle ajouté.
L'Autorité indépendante de surveillance de la police (Ipoa) a déclaré qu'elle avait ouvert une enquête sur la fusillade.
La coalition d'opposition Azimio la Umoja One Kenya a qualifié cette fusillade d'"événement tragique aux conséquences considérables" et a appelé le chef de la police Japhet Koome à démissionner.

Crédit photo, AFP
Des informations vérifiées à portée de main
Cliquez ici et abonnez-vous !
Fin de Promotion WhatsApp
Au total, 39 personnes ont été blessées lors des manifestations de jeudi, dont huit dans un état critique, selon la Croix-Rouge kényane.
Les blessés les plus graves ont été évacués vers le Kenyatta National Hospital, le plus grand hôpital de référence du pays, pour y être soignés.
Mardi, un policier a perdu ses deux bras après qu'une grenade lacrymogène a explosé avant qu'il ne la lance.
Il faisait partie des centaines de policiers déployés pour contenir les manifestations à Nairobi.
Amnesty International a affirmé que certains policiers avaient utilisé des armes à feu et a déclaré que plus de 100 personnes avaient été arrêtées jeudi.
"Il y a confirmation de tirs réels vérifiés par la présence de cartouches usagées", a déclaré l'organisation de défense des droits de l'homme.
Les victimes ont subi des blessures allant de "lésions des tissus mous à l'inhalation de gaz lacrymogènes", a ajouté l'organisation.
Faith Odhiambo, présidente de la Law Society of Kenya (LSK), a condamné la "brutalité" de la police et l'arrestation "illégale" des manifestants.

Crédit photo, AFP
Les services de police n'ont pas encore commenté ces accusations.
Mais dans une déclaration antérieure, le chef de la police avait indiqué que les manifestants ne seraient pas autorisés à accéder aux infrastructures gouvernementales essentielles ou à perturber les travaux parlementaires.
Malgré les manifestations, le projet de loi controversé a été adopté par une majorité de députés lors de sa deuxième lecture jeudi.
Il va maintenant passer à l'étape suivante, au cours de laquelle une commission examinera les amendements, et le vote final est attendu mardi prochain.
Les manifestants souhaitent que les députés rejettent l'ensemble du projet de loi.
Le gouvernement a souvent défendu les mesures fiscales comme étant nécessaires pour réduire la dette nationale du pays qui s'élève à près de 80 milliards de dollars (49 083 francs CFA).














