CAN 2023 : les 5 faits majeurs à retenir après la phase de groupes

Quart de finaliste de la dernière édition de la Coupe d’Afrique des Nations CAF, la Guinée Équatoriale est l’une des belles surprises du début de la CAN 2023.

Crédit photo, Getty Images

Légende image, Les joueurs du Nzalang Nacional célèbrent le 4e but contre la Cote d'Ivoire (22 janvier 2024).
    • Author, Ousmane Badiane
    • Role, Journaliste BBC Afrique

On connaît désormais l’identité des seize équipes qui disputeront les huitièmes de finales de la Coupe d’Afrique des Nations 2023 en Côte d’Ivoire, du 13 janvier au 11 février 2024.

La phase de groupes a donné lieu à des matchs passionnants, des retournements de situation spectaculaires et du suspense jusqu’à la dernière seconde de l’ultime journée.

Après deux semaines de compétition, BBC Afrique dresse un premier bilan des faits majeurs à retenir sur comme en dehors des terrains de jeu.

A lire aussi sur BBC Afrique :

Les 36 matchs de la phase de poules se sont achevés mercredi 24 janvier, et le moins que l’on puisse dire est que cette 34e édition de la CAN est l’une des plus spectaculaires de l’histoire de la compétition.

En effet, 89 buts ont été inscrits lors des 36 matchs de poules, ce qui correspond à une moyenne de près de 2,5 buts par match, soit 21 de plus qu'au même niveau de la compétition lors de la dernière édition de la CAN.

Il aura fallu attendre les derniers matchs de la phase de poules pour assister à des matchs sans but (3 matchs se sont soldés par un nul 0-0 : Namibie – Mali, Tunisie – Afrique du Sud et Tanzanie – RD Congo).

Le premier tour a été marqué par des éliminations de géants, une qualification miraculeuse du pays hôte, mais surtout par l’émergence des « petites » nations. Au moins trois équipes classées en dehors du top 10 africain sont assurées d’être présentes en quarts de finale.

Champion d'Afrique en titre, le Sénégal est la seule équipe à avoir gagné tous ses matchs de groupe. C’est aussi la première fois que le Sénégal fait un 3 sur 3 lors d'une phase de poules de CAN.

Ignorer Promotion WhatsApp et continuer la lecture
BBC Afrique est sur WhatsApp

Des informations vérifiées à portée de main

Cliquez ici et abonnez-vous !

Fin de Promotion WhatsApp

Babacar Ndaw Faye, journaliste sportif à BBC Afrique nous livre son analyse de ce premier tour de la CAN 2023 en Cote d'Ivoire.

Cette 34e édition de la CAN est partie pour battre tous les records en termes de buts. Quelles sont les raisons de cette efficacité et du spectacle produit par les différentes équipes ?

Babacar Ndaw Faye : " Cette CAN est partie sur des standards très élevés. Depuis que le tournoi est passé à 24 équipes, en 2019, on n’a jamais atteint 70 buts en phase de groupes. Là, on est à 89 buts. Il a fallu attendre la toute dernière journée pour avoir les premiers 0-0. Les raisons sont multiples. Il faut d’abord saluer la qualité des pelouses sur les différents stades. Cela facilite le travail aux équipes qui ont des arguments offensifs à faire valoir.

Il y a également le fait que la VAR, mieux maîtrisée par les arbitres, combinée à la Goal Line Technology (introduite pour la première fois en CAN), ont apporté une aide considérable à la gestion des matchs par les arbitres et permis d’amoindrir les erreurs. Le fait d’avoir une belle affluence également, cela aide. Beaucoup d’équipes ont pu se sentir à domicile parce que frontalier de la Côte d’Ivoire ou comptant sur une communauté très forte.

On a également de plus en plus d'équipes très cohérentes, basées sur des centres de formation (comme le Sénégal avec Génération foot) ou des clubs qui font du travail de qualité (comme l'Afrique du Sud avec les Mamelodi Sundowns), sur le long terme, des staffs qui ont de plus en plus de compétence et de temps pour avoir des résultats de qualité, même avec les équipes supposées petites. Enfin, la hype autour du tournoi a été très forte d’entrée, ça a contribué à créer un climat d’euphorie qui encourage le spectacle. "

Le Sénégal a effectué le carton plein en phase de groupe avec trois victoires en autant de journées.

Crédit photo, Getty Images

Légende image, Le Sénégal a effectué le carton plein en phase de groupe avec trois victoires en autant de journées.

1. L'étonnante réussite de la Guinée Equatoriale et du Cap Vert

Quart de finaliste de la dernière édition de la Coupe d’Afrique des Nations CAN, la Guinée-Équatoriale est l’une des belles surprises du début de la CAN 2023.

Actuellement, 88e nation au classement FIFA, le Nzalang Nacional a déjoué tous les pronostics en réussissant à décrocher la première place du Groupe A devant les deux favoris du groupe, le Nigeria, la Côte d’Ivoire pays organisateur et la Guinée-Bissau.

La Guinée Équatoriale a tenu en échec le Nigéria, trois fois sacré en CAN (1-1) avant de surclasser la Guinée-Bissau (4-2) et d’infliger une humiliation historique au pays hôte (4-0), validant ainsi sa place pour les huitièmes de finale.

Pour saluer la belle performance du Nzalang Nacional, le président équato-guinéen Teodoro Obiang Nguema a décidé d’offrir une prime exceptionnelle d’un million d’euros aux joueurs et au staff avant de déclarer la date du mardi 23 janvier 2024, jour férié national.

Emmené par son emblématique capitaine Emilio Nsue, le Nzalang affiche ses ambitions de la plus belle des manières et veut écrire la plus belle page de son histoire footballistique.

L’Equato-guinéen Emilio Nsue termine la phase de groupes avec 5 buts. C’est le deuxième joueur à réaliser une telle performance à cette étape de la compétition depuis l’Ivoirien Laurent Pokou (7 buts en 1970)

Crédit photo, Getty Images

Légende image, L’Equato-guinéen Emilio Nsue termine la phase de groupes avec 5 buts. C’est le deuxième joueur à réaliser une telle performance à cette étape de la compétition depuis l’Ivoirien Laurent Pokou (7 buts en 1970).

L'autre équipe qui a fait sensation lors de cette phase de groupes, c'est le Cap-Vert, 73e au classement FIFA, qui termine en tête du Groupe B devant l'Egypte, qui détient le record de victoires sur le continent avec 7 titres, le Mozambique et le Ghana.

Les «Requins Bleus» qui étaient considérés par de nombreux observateurs comme un outsider sérieux dans le groupe B, ont déjoué tous les pronostics.

Après ses deux premières participations consécutives en 2013 et 2015, puis lors de la précédente édition en 2022, le Cap-Vert a confirmé sa constante progression en atteignant pour la seconde fois d'affilée les huitièmes de finale de la CAN. Ils étaient tombés devant le Sénégal (0-2) au même niveau de la compétition.

En huitièmes de finale, le Cap-Vert sera opposé à la surprenante Mauritanie, 105e au classement FIFA, qui a validé sa place au tour suivant grâce à sa victoire historique (1-0) sur l'Algérie.

Comment expliquer les réussites des « petites équipes » comme le Cap Vert et la Guinée Equatoriale ?

Babacar Ndaw Faye : "C’est la réussite d’une régularité dont ces deux équipes ont fait preuve ces dernières années. La Guinée Equatoriale est, depuis 2015, l’un des outsiders les plus performants à la CAN. L'équipe a fait souffrir beaucoup de grandes nations sur les éditions précédentes, avec une 4e place quand même en 2015 et une élimination par le pays organisateur en 2022. Ils ont un style de jeu basé sur la formation espagnole avec des leaders comme Emilio Nsue et Ivan Salvador qui ont une très grande culture foot, ils savent jouer et savent être vicieux au besoin.

Le Cap-Vert est dans la dynamique de l’excellent travail qui est fait dans la zone UFOA/A qui est la plus représentée dans la CAN et dans cette phase à élimination directe. Certains ont présenté le Ghana favori face au Cap-Vert en poules, mais c’était méconnaître les réalités du moment parce que le Cap-Vert, avant de venir en Côte d’Ivoire, a tenu en échec le Maroc et battu le Burkina Faso. Pendant ce temps, le Ghana enchaînait les contre-performances. Le Cap Vert dispose également de joueurs qui ont une certaine expérience du haut niveau, avec une moyenne d’âge de près de 30 ans. Mais plus globalement, le constat est réel que beaucoup d’équipes qu’on considérait comme petites sont devenues décomplexées et abordent le tournoi différemment."

Le Cap-Vert termine en tête du groupe B avec 7 points, en ayant surclassé le Ghana et l’Egypte.

Crédit photo, Getty Images

Légende image, Le Cap-Vert termine en tête du groupe B avec 7 points, en ayant surclassé le Ghana et l’Egypte.

2. Des favoris à la peine

Le Ghana rentre à la maison sans la moindre victoire.

Crédit photo, Getty Images

Légende image, Le Ghana rentre à la maison sans la moindre victoire.

La Côte d'Ivoire, pays hôte, risquait de quitter prématurément sa propre fête, rejoignant ainsi d'autres poids lourds du continent dans sa chute.

Grâce à la victoire 1-0 du Maroc contre la Zambie, les Éléphants reviennent de loin en décrochant in extremis leur qualification pour les huitièmes de finale d'un tournoi qui a connu des rebondissements inattendus, avec plusieurs géants qui passent à la trappe.

Algérie :

Pour la seconde édition consécutive, les Fennecs ont été éliminés de la Coupe d’Afrique des Nations dès la phase de groupes, à l'issue de leur défaite (0-1) mardi 23 janvier face à la Mauritanie, 105e au classement FIFA.

Comme en 2022, l'Algérie termine à la dernière place de son groupe (Groupe D), avec deux matchs nuls et une défaite. Pire, les Fennecs n'ont remporté aucun de leurs six derniers matchs à la CAN, une première dans l’histoire du football algérien.

Cette nouvelle déconvenue pour les champions d’Afrique 2019 aura eu raison du sélectionneur Djamel Belmadi, 46 ans, sur le banc des Fennecs depuis août 2018. Il a été licencié par sa fédération à l'issue de l'élimination sans gloire des "Verts".

Ghana :

Tout comme l'Algérie, le Ghana a connu un échec cuisant lors de cette CAN 2023 en se faisant éliminer au premier tour après 3 matchs sans victoire (deux matchs nuls et une défaite).

Le Ghana, quadruple vainqueur de la CAN est l’une des grosses déceptions du tournoi, éliminé du Groupe B avec seulement deux points après avoir concédé le match nul contre le Mozambique dans les arrêts de jeu alors qu’il menait par deux buts d’écart.

Tunisie :

Autre grande nation du football africain en difficulté, la Tunisie, champion d'Afrique en 2004 à domicile et l'un des favoris, a été éliminée dès le premier tour de la compétition.

Les "Aigles de Carthage" quittent la compétition par la petite porte avec seulement deux points au compteur et un seul but inscrit.

Comment expliquer les difficultés rencontrées par certaines grandes nations ?

Babacar Ndaw Faye : " Il peut y avoir plusieurs éléments d’explication. Généralement, les supposées grandes équipes se préparent pour aller loin dans la compétition et donc démarrer en diesel pour monter en régime. Du coup, quand elles affrontent des équipes qui ne se projettent pas sur la durée mais se préparent pour réaliser un exploit d’entrée de tournoi, physiquement le répondant fait douter les gros. Ensuite, il y a certaines grandes équipes qui dorment sur leurs lauriers comme le Ghana qui se reposent sur leur histoire alors que sur la réalité actuelle, ont beaucoup de problèmes structurels. Le Ghana par exemple n’a gagné qu’un seul des 10 derniers matchs de Can qu’il a disputés (4 défaites, 5 nuls et une victoire).

Les équipes du Nord ont souvent des soucis sur des éditions organisées en Afrique subsaharienne et on les a vues beaucoup souffrir sur les matchs disputés à 14 heures, avec un taux d'humidité qui dépassait les 60 %. Malgré tout, l’Egypte, est passée par un trou de souris, se basant sur sa légendaire culture de la gagne, ce que la Tunisie et l’Algérie n’ont su faire.

Pour la Côte d’Ivoire, l’équipe donne l’impression d’avoir été submergée par un trop plein de pression sur le 3e match, après avoir pourtant bien négocié le match d’ouverture. Il sera difficile d’analyser leur dernière contre-performance d’un point de vue football parce que ce qui s’est passé sort de l’ordinaire. C’est un groupe qui s’est effondré émotionnellement.

- Surprise : La Namibie. Dans une poule où il y avait quand même l’Afrique du Sud, le Mali et la Tunisie, la Namibie a réussi à finir avec un seul point de moins que le leader, autant de points que le 2e. C’est une équipe solide, qui a réussi deux cleansheets face à la Tunisie et au Mali, avec un bloc très dense qui travaille derrière Peter Shalulile, un des meilleurs joueurs évoluant sur le continent africain en club.

- Déception : L’Algérie. Vainqueur de l’édition 2019, elle s’est effondrée en 2022. On l’attendait cette année pour rectifier le tir, en espérant qu’elle avait tiré les enseignements de l’échec au Cameroun. On constate malheureusement les mêmes difficultés, en pire. Un entraîneur qui est dépassé par les événements, qui a créé beaucoup de conflits autour de l’équipe et qui s’est cramponné à garder certains cadres en très mauvaise forme mais à qui il semblait devoir une certaine loyauté parce qu’ils lui ont fait gagner en 2019.

- Confirmation : Le Sénégal et le Maroc. Le champion d’Afrique en titre et l’équipe qui a fait la meilleure performance africaine en Coupe du monde étaient naturellement les équipes les plus attendues. Elles ont tenu leur rang, sans forcer leur talent et dans des groupes où il y avait des adversaires respectables. Le Sénégal a fait très fort avec un carton plein, une défense très solide, une animation offensive très performante. Le Maroc ne s’est pas compliqué la tâche. Avec un bloc défensif performant, elle a été la seule équipe de l’Afrique du Nord à se qualifier sans le moindre souci. A deux joueurs près, le onze est resté le même que celui de la coupe du monde avec un côté droit très fort Hakimi - Ziyech. Les deux favoris ont de quoi tenir leur rang."

Comme en 2022, l'Algérie est éliminée dès la phase de groupes.

Crédit photo, Getty Images

Légende image, Comme en 2022, l'Algérie est éliminée dès la phase de groupes.

3. Des tickets vendus, mais des stades non remplis

L'image a fait le tour du monde. En pleine retransmission du match Nigéria - Guinée-Equatoriale, au lendemain du match d'ouverture de la 34e édition de la CAN, l'écran du stade affiche : Attendance 8 500.

8 500 spectateurs seulement ont assisté à cette deuxième rencontre du Groupe A, celui du pays organisateur.

La veille, seules 36 858 personnes ont assisté à la cérémonie et au match d’ouverture au stade Alassane Dramane Ouattara d’Ebimpé.

Pourtant, le stade construit pour les besoins de la compétition a une capacité maximale de 60.000 places.

Que s'est-il passé ?

Avant le début de la CAN 2023 en Côte d'Ivoire, des informations faisaient état de matchs de la phase de groupes à guichets fermés, ce qui signifie que les matchs devaient se jouer devant des stades pleins.

Malheureusement, les premières journées de compétition ont laissé voir des matches disputés devant des tribunes souvent clairsemées, dans des stades à moitié pleins ou presque vides.

Les premières informations laissent croire que certaines personnes auraient acheté les billets des matchs pour les revendre à des prix exorbitants. Résultat : beaucoup de spectateurs n'ont pu accéder aux différents lieux de compétition faute de billet.

La question a fait polémique notamment sur les réseaux sociaux. Beaucoup de gens se sont plaints de l'indisponibilité des billets d'entrée alors que la plupart sont venus parfois de très loin pour assister à la CAN.

Dans un communiqué, la Confédération africaine de football (CAF) a reconnu quelques dysfonctionnements tout en indiquant que le problème serait résolu.

"Même s'il y a eu quelques problèmes d'impression le premier jour de la CAN en raison d'achats groupés de billets physiques de dernière minute, le système de billetterie a depuis été adapté pour répondre à de telles demandes", a indiqué l'instance faîtière du football continental.

De nombreux supporters ont également eu des difficultés pour acheter les tickets en ligne, à cause de soucis de connexion provoquant ainsi des perturbations dans les systèmes de paiements en ligne.

L'absence de supporters en tribunes a poussé les organisateurs à prendre plusieurs mesures pour remplir davantage les stades.

Le Comité d'Organisation de la CAN (COCAN) et la CAF ont ainsi décidé le renforcement des ventes physiques avec la mise en place de 51 points de vente sur tout le territoire ivoirien.

Par ailleurs l'Etat ivoirien, par la voie du Premier ministre Robert Beugré Mambé, par ailleurs ministre des Sports et du Cadre de Vie, s'était engagé à trouver des solutions dans les 48 h qui ont suivi le match d'ouverture Côte d'Ivoire - Guinée-Bissau, le 13 janvier.

«La billetterie est l'affaire de la CAF. Mais nous avons remarqué que, lors des premiers matchs, beaucoup de problèmes ont été posés. Nous prenons le problème en main et vous verrez les résultats dans les 48 heures», a dit le Premier ministre Robert Beugré Mambé.

Si sur le terrain la CAN 2023 connaît un véritable succès, on ne peut pas en dire autant par rapport à l’affluence dans les stades. A qui la responsabilité, CAF ou COCAN ?

Babacar Ndaw Faye : " Les responsabilités sont partagées. Le souci aura été les premiers matchs où une bonne partie des tickets étaient entre les mains des revendeurs qui avaient du mal à accéder dans le périmètre du stade. Les organisateurs aussi semblent avoir un souci à gérer le flux des spectateurs avec beaucoup de points de contrôle qui ont retardé l’accès aux tribunes. Cela a fait que les matchs ont souvent démarré avec des sièges vides, mais à partir de la 30e minute, ils étaient occupés.

Les matchs programmés à 14h aussi sous une très forte chaleur n’ont pas aidé. La preuve, les matchs joués à 20h ont tous eu une plus grande affluence. En comparaison aux éditions précédentes, il semble pourtant qu’on ait un meilleur taux de remplissage des stades sur les différents matchs, surtout ceux qui ne concernent pas le pays organisateur. Heureusement que pour la suite de la compétition, il n’y aura plus de match à cette heure (14h).

La Côte d’Ivoire montre qu’il est un grand pays de football et de passionnés, où dans toutes les régions, même quand le pays hôte ne jouait pas, le public local se déplaçait en masse, sans compter la forte représentation de beaucoup de pays qui comptent des communautés importantes sur place. Cela augure d’une suite de tournoi encore plus attractif même en tribunes, d’autant qu’on a quand même de très belles affiches."

SAN PEDRO, COTE D'IVOIRE - 21 JANVIER : Ayoub El Kaabi (L) du Maroc participe au match de football du Groupe F de la Coupe d'Afrique des Nations (CAN) 2023 entre le Maroc et la République démocratique du Congo au stade Laurent Pokou à San Pedro, Côte d'Ivoire, le 21 janvier 2024. (Photo par Stringer/Anadolu via Getty Images)

Crédit photo, Getty Images

Légende image, L'absence de supporters en tribunes a poussé les organisateurs à prendre plusieurs mesures pour remplir davantage les stades.

4. Un premier tour fatal à 6 sélectionneurs

Entre démission et limogeage, la dernière journée des phases de poules aura été de tout repos pour certains sélectionneurs. Six d'entre eux ont été contraints de quitter leur poste après la phase de groupes ou à la suite de l'élimination de leur équipe à la CAN 2023.

Il s’agit de Tom Sainfiet sélectionneur de la Gambie, de Chris Hughton du Ghana, de Jean-Louis Gasset en Côte d’Ivoire, du sélectionneur algérien Djamel Belmadi vainqueur de la CAN en 2019, de Jalel Kadri, entraineur de la Tunisie et Adel Amrouche coach de la Tanzanie, démis de ses fonctions après avoir écopé d'une suspension de huit matches de la part de la Confédération africaine de football (CAF). Cette suspension fait suite à des propos d’Amrouche à l'encontre de la Fédération royale marocaine de football, après leur rencontre dans le Groupe F lors de cette CAN 2023.

Après avoir frôlé l'élimination dès la phase de poules, la Fédération ivoirienne de football (FIF) a décidé de se séparer du sélectionneur français Jean-Louis Gasset et de son adjoint Ghislain Printant pour " résultats insuffisants ".

Jean-Louis Gasset est remplacé par l’ancien international ivoirien Emerse Fae, "en attendant l’ouverture d’une procédure de recrutement du nouveau Sélectionneur-Entraîneur", peut-on lire dans le communiqué publié mercredi 24 janvier par la FIF.

La Côte d'Ivoire a terminé la phase de poules avec trois points dans le groupe A après avoir également perdu 1-0 contre le Nigeria après une victoire 2-0 contre la Guinée-Bissau lors de son match d'ouverture.

5. La VAR saluée par tous sauf l'Algérie et la Tunisie

Que l’on soit un adepte de la VAR, l’arbitrage vidéo dans le football ou pas, il faut bien admettre que son introduction à la CAN a permis d'améliorer sensiblement le niveau de l'arbitrage africain.

Les polémiques liées à l'arbitrage sont de moins en moins fréquentes.

Pour cette édition de la CAN en Côte d'Ivoire, les décisions des arbitres semblent trouver l'approbation quasi-générale du public et des acteurs à un degré moindre.

S'il est vrai que les polémiques liées à l'arbitrage se font rares jusqu'ici, il n'en demeure pas moins que certaines décisions dans certaines situations ont été jugées litigieuses par les parties concernées.

À l'issue de son match nul (2-2) face au Burkina Faso, comptant pour la 2e journée de la CAN 2023, La Fédération algérienne de football (FAF) a saisi, la Confédération africaine de football (CAF) pour protester contre les arbitres en charge de la VAR.

“La VAR n'a pas branché. L'ensemble des situations litigieuses ont été transmises au secrétaire général de la Confédération africaine (CAF) Véron Monsengo-Omba qui s'est montré étonné“, a estimé Walid Sadi, le président de la Fédération algérienne de football (FAF).

Dans un communiqué publié sur son site, la Fédération algérienne de football « regrette « les imperfections constatées » et dit aussi qu'elle « ne comprend pas pourquoi la Commission d'arbitrage de la CAF désigne le même arbitre de la VAR que lors du premier match (contre l'Angola) », ce qui « suscite des questions légitimes sur l'inopportunité d'une telle désignation ».

À la suite de l’Algérie, c'est au tour de la Tunisie de déposer un recours contre l’arbitrage après son match face au Mali (1-1).

La fédération tunisienne estime avoir été lésée dans ce match et a donc déposé une réclamation auprès de la CAF. «Ce dimanche, la Fédération Tunisienne de Football a déposé une plainte officielle auprès de la Confédération Africaine de Football, en raison de la prestation de l’arbitre et des arbitres du VAR, ainsi que du directeur du match, lors du match qui a opposé notre équipe nationale à son homologue l’équipe malienne. La FTF a souligné la nécessité de prendre toutes les mesures nécessaires pour éviter de telles erreurs à l’avenir et garantir les droits de notre équipe pour le reste du tournoi», peut-on lire dans le communiqué de la fédération tunisienne.

Même si ces différentes réclamations n'ont aucune chance d'aboutir, elles ont le mérite de poser le débat sur l'utilisation de la VAR et son influence dans les résultats des rencontres.

Comment jugez-vous le niveau global de l’arbitrage dans cette CAN ? La VAR a-t-elle bien joué son rôle selon vous ?

Babacar Ndaw Faye : " Je l’ai évoqué tantôt. Pour une fois, on a 36 matchs sans décision arbitrale contestée. Cela dénote d’une meilleure maîtrise de l’outil de l’assistance à l’arbitrage. Toutes les décisions potentiellement litigieuses ont pu être corrigées si la première option de l’arbitre était erronée. Il faut s’en féliciter. Le niveau global de l’arbitrage africain évolue, à son rythme, la technologie aidant. Il n’y a pas que la VAR, mais la Goal Line Technologie également introduite cette année aide. Il y a eu certains faits de jeu qui auraient pu passer incognito par le passé parce qu’il n’y avait pas de Var. Même si ça joue parfois sur les émotions. "