Effondrement d'un pont en RDC : plus d'une trentaine de morts dans une mine à Kolwezi

Crédit photo, AFP via Getty Images
Plusieurs personnes ont trouvé la mort lors d'un éboulement d'une mine de cuivre dans le sud-est de la République démocratique du Congo, où des secouristes ont été déployés dimanche afin de trouver des survivants. En route vers le site, l'avion transportant la délégation du ministre des Mines s'est écrasé lundi, sans faire de victime.
Selon un rapport des responsables de la mine de Kalando, c'est l'effondrement d'un pont de fortune sous la pression des ouvriers travaillant dans la mine qui aurait causé le drame survenu samedi dernier.
Une panique serait à l'origine du drame qui, selon un bilan provisoire aurait fait 32 morts et de nombreux blessés, dont des cas graves, selon le gouvernement.
Le site de Kalando, situé à 42 kilomètres au sud-est de Kolwezi, est officiellement une zone d'exploitation semi-industrielle occupé par des artisans venus de toutes les contrées.
Rapportant des sources locales, Radio Okapi a signalé que le pont a été construit à la hâte par les mineurs pour traverser une large tranchée remplie d'eau et accéder au site privé.
L'infrastructure de fortune aurait cédé sous la pression d'une foule fuyant les tirs des gardes armés qui sécurisaient le site. Ce qui aurai créé la panique et poussé la foule à se réfugier sur le pont fragile.
"Paniqués, les mineurs se sont précipités vers la structure instable, provoquant son effondrement. Plusieurs victimes sont tombées dans la tranchée, plongeant le site dans le chaos et la confusion", a indiqué Radio Okapi.
Selon Roy Kaumba Mayonde, un responsable local, des mineurs non autorisés ont pénétré de force dans la mine de Kalando, dans le sud du pays, samedi, malgré l'interdiction d'accès au site.

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Selon l'agence minière gouvernementale, SAEMAPE, des militaires qui gardaient le site auraient alors ouvert le feu, provoquant l'effondrement du pont après que des mineurs paniqués se soient précipités dessus.
L'armée n'a pas réagi à ces allégations.
Mais les autorités ont indiqué qu'une enquête est en cours alors que la région est sous le choc.
Le bilan pourrait encore s'alourdir, disent-elles, les équipes techniques de la société responsable du site sont à pied d'œuvre pour établir les circonstances exactes du drame.
Déjà dimanche, la Direction provinciale de la mine a demandé la suspension des activités pour permettre un état des lieux approfondi et d'éventuelles recherches de victimes, l'interdiction de creuser des tranchées pour sécuriser les sites, en raison des risques écologiques et sécuritaires, mais également l'implication urgente des autorités nationales et provinciales, afin de garantir l'accès de ses techniciens dans un site contrôlé par des éléments armés.
Crash de l'avion du ministre des Mines
En partance pour Kolwezi afin de s'enquérir de la situation, un avion transportant une délégation du ministre congolais des Mines, Louis Watum Kabamba, s'est écrasé lundi à Kolwezi, chef-lieu de la province du Lualaba, dans le Sud-est de la République démocratique du Congo (RDC), sans faire de victime.
Dans une vidéo largement partagée sur les réseaux sociaux et visiblement filmée par un membre de l'équipe du gouvernement, l'on peut voir les passagers quitter en panique l'avion en feu écrasé sur le sol.
On entend des voix visiblement affectées, des passagers qui sautent de l'appareil déjà en feu, des mouvements autour du lieu du crash, etc.
L'appareil venait de Kinshasa, la capitale du pays.
"Toute la délégation du ministre Louis Watum Kabamba est sortie indemne avant que l'avion ne prenne feu", a-t-on appris, selon les indications dans la vidéo.
Contacté par la BBC, le porte-parole du gouvernement congolais, Patrick Muyaya, a indiqué sans donner le nombre exact de passagers à bord, que "tous les passagers sont sortis indemnes", qu'il n'y a pas eu de mort.
Selon Muyaya, "le train d'atterrissage n'est pas sorti". Le porte-parole du gouvernement congolais a également confirmé que le ministre des mines était dans l'avion au moment du crash.

Crédit photo, Ministère des Mines de RDC
De tels accidents sont fréquents en République démocratique du Congo (RDC), où environ 1,5 à 2 millions de personnes travaillent dans le secteur minier artisanal non réglementé, qui alimente la demande mondiale de cuivre, de cobalt et d'autres minéraux.
La République démocratique du Congo est le premier fournisseur mondial de cobalt, un métal essentiel aux secteurs de la défense et de l'aérospatiale, ainsi qu'aux batteries des véhicules électriques.
L'extraction du cobalt en République démocratique du Congo est entachée de graves problèmes liés au travail des enfants, aux violations des droits humains et à la corruption.
Reportage supplémentaire de Pamela Amunazo.

Crédit photo, Ministère des Mines de RDC
















